«C’était pareil comme dans le Titanic» - Serge Beauchemin | Le Sac de chips
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«C’était pareil comme dans le Titanic» - Serge Beauchemin

Le «dragon» Serge Beauchemin, dont la croisière en mer australe a tourné au cauchemar à la mi-novembre, se dit encore ébranlé par le sauvetage aussi «fantastique» que «bouleversant» qu’il a vécu avec sa conjointe et deux couples d’amis.


«C’est sûr qu’on a beaucoup d’émotions... [...] Y a comme un sentiment de pas avoir le droit d’avoir été bouleversé. En tout cas, c’est assez fort chez ma chérie, pis ce l’est un peu chez moi aussi», a-t-il confié à l’animateur Stéphane Gasse, sur les ondes de BLVD 102,1 lundi matin, appelé à raconter la mésaventure qu’il a vécue dans la nuit du 17 au 18 novembre dernier.

«Abandon ship, abandon ship!»

Partis avec deux couples d’amis pour une expédition de 16 jours en mer australe à bord du Boréal, Serge Beauchemin et celle qu’il appelle affectueusement sa «chérie» ont vu leur voyage prendre fin abruptement, moins de trois jours après le départ d’Ushuaia, sur la pointe sud de l’Argentine.

«On se fait réveiller à minuit et demi par un Code Bravo. On n’a aucune idée ce que c’est, se remémore l’homme d’affaires. Ma blonde se lève, va voir ce qui se passe et en ouvrant la porte, il y a de la boucane partout dans le corridor. On devine qu’il y a un incendie à bord. On s’habille chaudement et on met nos vestes de sécurité», a-t-il raconté en ondes.

Voici une vidéo qui donne une idée de l'ambiance dans le lifeboat. On voit ici, au fond de l'image, le Clyde, navire de...

Posté par Serge Beauchemin, Dragon sur vendredi 27 novembre 2015

«On a attendu techniquement environ quatre heures sur le pont du bateau. On recevait les consignes du capitaine qui nous disait qu’ils se battaient contre le feu. Au bout de quatre heures, le capitaine a dit: “par mesure de sécurité, pour la protection de tout le monde, je vais vous demander d’abandonner le navire”. Abandon ship, abandon, ship!», a alors ordonné le capitaine aux passagers du navire.

Un scénario qui donne froid dans le dos, alors que la température de l’eau y est glaciale. «C’est pas la mer des Caraïbes. L’eau c’est un synonyme de feu quasiment, parce que si tu tombes à l’eau là-bas, c’est entre deux et sept minutes pis c’est fini, tu tombes en hypothermie et tu meurs très rapidement», rappelle le «dragon».

«C’était pareil comme dans le Titanic»

Tenter de se sortir du bateau n’a pas été facile. «Le bateau se met à quiller, à verser d’un côté parce qu’il y avait trop d’eau dedans – ils avaient pompé beaucoup d’eau pour éteindre le feu - et ils ont jeté l’ancre aussi. [...] On sacre le camp par terre, mon chum tombe sur le cul, mon autre chum tombe sur le cul aussi... C’était pareil comme dans le Titanic», illustre-t-il.

Alors que les conjointes de ses deux amis ont pu être secourues par un hélicoptère, ces derniers, Serge Beauchemin et sa conjointe ont dû quitter le navire en prenant place dans un lifeboat, une embarcation de sauvetage motorisée..

«À la vie à la mort, mon amour»

«Quand c’est venu au tour de ma chérie – parce qu’ils disaient “les femmes d’abord” – ils ont dit : “non, non, y a pu de place, on s’en va dans les lifeboats. Alors on s’est regardés... C’est à ce moment-là qu’on s’est dit: “à la vie à la mort, mon amour”.»

C’est lorsqu’il est monté à bord de l’embarcation de sauvetage que Serge Beauchemin admet avoir vécu des secondes d’angoisse.

«Embarquer là-dedans pis décrocher ça du bateau, ça n’a pas été très sympathique, parce que le crochet en avant est resté accroché, pis on s’est mis à se faire frapper par les vagues sur le navire. Je vous avoue que c’est la seule fois où j’ai vraiment eu peur de mourir parce que si ça pétait... Heureusement, après 10 ou 15 secondes, le crochet a lâché et là on est tombé à l’eau, le bateau est parti», explique le rescapé.

«On a passé neuf heures là-dedans à se faire brasser», poursuit-il.

Le navire de guerre Clyde n’ayant pas été en mesure de les secourir, c’est finalement l’Austral de la compagnie du Ponant, un bateau similaire au leur, qui a pu les sortir de là.

Impressionné par l’équipage

L’homme d’affaires mentionne que le bateau qu’ils ont dû abandonner n’a pas été dévasté par les flammes.

«Il n’y avait pas de boucane quand on est sorti de là. On s’est même demandé pourquoi ils nous ont sortis de là, mais probablement que le capitaine avait vraiment peur d'un incendie plus majeur ou d'une explosion. Ils ont été capables d’éteindre le feu et même de remorquer le bateau au même port où ils nous ont tous emmenés pour la rescousse», précise le «dragon».

Ce dernier, qui dit avoir été «jeté par terre» par le courage des membres de l’équipage pendant toute la durée des opérations, retire quelques leçons de cette mésaventure, dont tout le monde est finalement sorti sain et sauf.

«J’ai jamais senti l’importance d’avoir de l’espoir dans la vie de façon si significative et sérieuse», a-t-il admis à Stéphane Gasse.

Bien que l’attente dans l'embarcation de sauvetage ait duré neuf heures «à se faire brasser dans des vagues de 3 à 5 mètres», «on n’a pas tellement senti ce temps d’attente là», affirme Serge Beauchemin.

«C’est particulièrement long, mais l’espoir fait que ça n’a pas été si pire que ça finalement!», conclut-il, soulignant de nouveau à quel point les membres de l’équipage ont été «courageux et exceptionnels».

Vous pouvez écouter l'entrevue accordée par Serge Beauchemin à BLVD 102,1 en cliquant ici.