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Des témoignages touchants pour ces profs qui ont changé nos vies

Les meilleurs enseignants, ce sont ceux dont on se souvient toute sa vie.

Les bons enseignants ne nous apprennent pas seulement que deux et deux font quatre ou qu’un participe passé ne s’accorde pas avec avoir (à moins d’être placé devant le verbe): ils changent nos vies. Leur seule présence contribue à forger l’enfant ou l’ado que nous sommes et (surtout!) l’adulte et le citoyen que nous allons devenir.

En cette Semaine des enseignantes et des enseignants, l’équipe du JournaldeMontreal.com a voulu rendre hommage à certains de ces êtres indispensables qui ont changé nos vies.

Stéphanie Demers, École secondaire Hormisdas-Gamelin (Gatineau)

Tout au long de mon parcours scolaire, de la maternelle à l’université, j’ai eu la chance de croiser une pléiade de bons enseignants: Mme Anne, Mme Annick, M. Francoeur, Mme Giguère, Mme Bastien, Mme Clément, M. Paulin... et j’en passe.

Stéphanie Demers, mon enseignante d’anglais en deuxième secondaire, m’a toutefois influencé d’une manière bien particulière.

«Thank god», Stéphanie ne nous a pas fait mémoriser les verbes irréguliers.

Si elle nous a d’abord fait peur (elle utilisait de grands mots compliqués et refusait (!) de parler français dans nos cours d’anglais), Stéphanie nous a séduits les uns après les autres. Humaniste, intègre, dévouée, brillante, cultivée, passionnée, Stéphanie est une femme exceptionnelle, plus grande que nature (au sens figuré, pas au sens propre... parce que dans les faits, elle n’est pas très grande)!

«Thank god», Stéphanie ne nous a pas fait mémoriser les verbes irréguliers. Elle nous a plutôt appris l’anglais par l’histoire et la littérature (elle nous a fait lire Georges Orwell, Elie Wiesel). Mme Demers, qui a toujours cru en notre intelligence (même si nous étions ados et un peu cons), nous a ouvert les yeux sur le monde et nous a intéressés à la chose politique (ce n’est pas rien).

Elle a fait de nous des citoyens, pis des citoyens pas pire bilingues à part de ça!

Pour tout ça, merci Steph!

Jean-Philippe Daoust

Guy Choinière, École Louis-Hippolyte-Lafontaine (Montréal)

J’ai été plutôt choyé en termes de bons profs tout au long de mon parcours académique. J’ai eu la chance d’avoir des enseignants passionnés, à l’écoute et profondément dévoués, qui ont eu chacun à leur manière un impact considérable sur mon développement. Sans eux, je ne serais probablement pas la personne que je suis aujourd’hui.

C’était un homme profondément bon et qui inspirait naturellement le respect.

Un de ceux-là était Guy Choinière, mon enseignant de 5e année à l’école primaire Louis-Hippolyte-Lafontaine. C’était un homme profondément bon et qui inspirait naturellement le respect. Même à l’approche de la retraite, il partageait toujours son savoir avec le même bonheur et la même vivacité.

M. Choinière était aussi un excellent conteur. Je me souviens surtout de sa passion singulière pour les poissons tropicaux et le savon qui mousse. Des bribes de souvenirs bien anecdotiques, mais dont je me rappelle avec beaucoup d’affection.

Mikael Lebleu

Rollande Paquette, École Sainte-Marguerite (Laval-des-Rapides)

En revenant de l’école, après ma première journée de classe en 4e année, mon père me demande: «Pis? Comment qu’à s’appelle ta prof?»

Je réponds tout bonnement: «Rollande.»

Il me dit: «Rollande Paquette?»

Ça m’étonne qu’il sache le nom de famille de mon enseignante, alors je lui demande: «Comment t’as fait pour deviner?»

Je me souviens de la fois où j’ai pu m’acheter un congé de devoirs avec mes 20 dollars scolaires.

Il m’a tout simplement rétorqué qu’il n’avait pas deviné, qu’il avait juste dit le nom d’une de ses propres enseignantes à la petite école.

Et c’est comme ça qu’on s’est rendu compte que mon père et moi, on a eu la même prof au primaire. Lui, vers 1960, à St-Jérôme. Moi, en 1989, à Laval.

Allo Rollande! C’était très drôle de t’avoir comme enseignante. Je me souviens de la fois où j’ai pu m’acheter un congé de devoirs avec mes 20 dollars scolaires.

Je me souviens aussi de la fois où ma balle de tennis a malencontreusement percuté le dessus de ta tête, dans la classe, à cause de mon enthousiasme un peu trop débordant. En fait, je m’excuse pour ça. Ok bye!

Frédéric Guindon

Mireille Simoneau, École Auclair (Saint-Lazare)

Quand on pense à une Mireille, on pense à une petite madame délicate et discrète. Tout le contraire de Mireille Simoneau, ma professeure de 5e année du primaire.

Lorsque tu te présentais à l’école le matin, tu ne savais pas si tu allais avoir droit à une dictée ou à un spectacle. Dans le coin gauche, il y avait un piano. Dans le coin droit, une basse. Au plafond, des décorations qui mettaient un peu de vie dans cette classe beige d’une école construite au début des années 1970.

Merci pour le spectacle sous le thème de Grease.

C’était le principe même d’apprendre tout en s’amusant. Et j’en ai eu du plaisir à apprendre cette année-là!

Mireille était une professeure au cœur immense, passionnée par son métier. Jamais je ne l’oublierai.

Merci pour les solos de basse.

Merci pour le spectacle sous le thème de Grease.

Merci pour la chanson L’Or de la Musique.

Et merci de m’avoir soufflé les mots de la fable Le corbeau et le renard lors d’une présentation orale que je peinais à terminer.

Merci pour tout.

Vincent Duquette

Renault Gaudet, Collège Saint-Jean-Vianney (Montréal)

Sélectionner un professeur qui m’a influencé n’a vraiment pas été évident. Ils ont été nombreux à m’avoir marquée aux fils des ans, notamment lors de mon secondaire au Collège Saint-Jean-Vianney. Marthe Lacasse ou John Kelly (pour ne nommer que ceux-là) auraient tout aussi bien mérité cet hommage.

Avec lui, l’histoire n’avait rien d’ennuyant et le transfert des connaissances devenait une partie de plaisir.

Bien qu’à l’époque (il y a déjà près de 20 ans!) il ait été proche de la retraite, ce professeur d’histoire a su rendre des batailles de l’Antiquité vivantes et captiver durant des heures des classes entières de jeunes de deuxième secondaire qui, on ne s’en cache pas, n’en avaient rien à foutre de Jules César, de la guerre de Troie et de la Révolution française. Avec lui, l’histoire n’avait rien d’ennuyant et le transfert des connaissances devenait une partie de plaisir. Manquer un cours d’histoire devenait impensable!

Merci M. Gaudet de m’avoir inculqué ce goût d’apprendre et cette passion pour l’histoire qui ne m’a jamais quittée depuis. Car, après tout, l’histoire permet de «connaître le passé, comprendre le présent et d’envisager le futur»!

Marie Eve Courchesne

Guillaume Bélanger, École secondaire Veilleux (Saint-Joseph-de-Beauce)

Au secondaire, j’ai eu la chance de faire partie de la première cuvée de «Globe-Trotteur», un programme enrichi où l’apprentissage de l’anglais, l’espagnol et même de l’allemand faisait partie de notre quotidien. Ce nouveau programme interdisciplinaire prônait aussi l’ouverture sur le monde et la diversité culturelle. Aujourd’hui, je peux affirmer que Guillaume Bélanger, l’un des enseignants instigateurs du programme, a changé ma vie.

Artiste dans l’âme, c’est lui qui a alimenté ma soif de culture

Artiste dans l’âme, c’est lui qui a alimenté ma soif de culture. À cette époque, il a initié notre groupe de jeunes adolescents beaucerons aux théâtres du quartier Saint-Roch et de la rue Saint-Jean à Québec, au faux documentaire Zelig de Woody Allen et à la télésérie américaine Seinfeld, notamment...Des trucs plutôt extraordinaires pour des gamins qui ont grandi dans le fond d’un rang.

Je me souviens que plusieurs étudiants (dont moi) le surnommaient affectueusement «Guigui» (lorsqu’il avait le dos tourné) et avaient l’habitude de rire de ses projets un peu spéciaux. Près de 10 ans plus tard, ce sont justement ces projets très bande à part qui surgissent dans ma mémoire lorsque je repense à mon secondaire. Ces projets ont, sans contredit, forgé la personne que je suis devenue aujourd’hui.

Merci Guigui!

Marie-Renée Grondin

Francine Laramée, Polyvalente Antoine-Brossard (Brossard)

«S’il y a une chose qui me fait plaisir, c’est quand l’élève dépasse le maître! Surprenez-moi.» C’est avec cette phrase que Francine, ma prof de français, nous a accueilli lors du premier cours de secondaire 5. Elle était drôle, dynamique et très créative. Mais elle était surtout inspirante et maniait avec habileté l’autorité et l’égalité, nous répétant que l’on était capable de tout avec un peu de travail. Malgré notre petite tendance collective à la paresse, cette prof nous a poussé à dépasser nos limites.

Malgré notre petite tendance collective à la paresse, cette prof nous a poussé à dépasser nos limites.

Grâce à elle, mes trois amies et moi, on s’est démené comme des malades et on a réussi à rencontrer Pierre Falardeau, le temps d’une entrevue pour un travail de fin d’étape. On était tellement fières de notre coup qu’on avait gardé la surprise jusqu’à la fin. Je me rappelle encore son visage fier quand on a présenté notre vidéo-cassette (ouin, c’était en 2002) et qu’elle nous a enfin dit: «C’est fait, l’élève a vraiment dépassé le maître!»

Merci Francine.

Caroline G. Murphy

Eileen Dufour, École Sacré-Coeur (Edmundston)

Bien qu’elle ne m’ait jamais enseigné dans un contexte scolaire, Eileen Dufour m’a appris tout ce que je sais. Elle m’a montré la tolérance, l’amour, la compassion et m’a transmis son amour pour la musique et les films.

Au cours de ses 30 ans d’enseignement, elle a fait face à plusieurs défis, autant personnels que professionnels, mais a toujours pensé d’abord à ses élèves et les a toujours traités avec le plus grand respect. Elle les écoutait et leur parlait comme à des égaux.

Je pense aux milliers de professeurs qui travaillent actuellement dans des conditions moins qu’idéales, mais qui le font quand même, par amour.

Au cours des années, j’ai croisé beaucoup de ses anciens étudiants et chacun d'eux devient soudainement ému en parlant de ses souvenirs dans sa classe de 5e année.

Je pense souvent aux sacrifices et aux heures de travail supplémentaires que j’ai vu ma mère accomplir et ça me fait penser aux milliers de professeurs qui travaillent actuellement dans des conditions moins qu’idéales, mais qui le font quand même, par amour.

Je t’aime maman. Merci pour tout.

Philippe Melbourne Dufour

Marielle Chamberland, École secondaire de La Cité des jeunes (Vaudreuil-Dorion)

Marielle Chamberland était ma professeure d’art dramatique. Elle avait la douceur d’une mère, mais aussi la poigne de fer qu’il fallait pour te remettre à ta place et te dire les vraies affaires.

Un jour, elle nous a demandé de faire des solos. Chaque étudiant devait mettre en scène sa propre vie de manière artistique. Cet exercice tout simple est rapidement devenu une sorte de thérapie collective. Quand on est ados, tout est toujours plus compliqué et ça adonnait qu’en secondaire 5 les gens avaient peur de l’avenir, des responsabilités et de toute la patente. Bref, après avoir fait mon solo, je me souviens que Marielle était venue me voir et elle m’avait dit: «Ça va bien aller».

Grandir c’est pas si pire. Avoir des responsabilités c’est pas si plate.

Ben, Marielle, t’avais raison. Grandir c’est pas si pire. Avoir des responsabilités c’est pas si plate. Pis ne plus sortir avec le grand gêné qui me servait de chum en secondaire 5 c’est la meilleure chose qui me soit arrivée.

Merci d’avoir été là avec tes mots doux et ta poigne de fer. Tu nous as tous rendus un peu plus adultes.

Mélodie Lamoureux

Hélène Dallaire, École secondaire Macdonald-Cartier (Sudbury)

«Attention, concentration, action!» Ces mots me viennent à l’esprit quand je pense à Hélène Dallaire, mon enseignante d’art dramatique. La première fois que j’ai rencontré Hélène Dallaire, c’était dans le corridor de l’école, devant le salon des enseignants. Je voulais m’impliquer dans des activités parascolaires et elle s’occupait de la troupe de théâtre de l’école, Les Draveurs.

Elle a été comme une mère pour moi et m’a tout enseigné

Généreuse, elle m’a permis de joindre l’équipe de production. J’allais construire des décors et m’occuper des accessoires des comédiens. J’étais euphorique. Cette excitation des premiers instants ne m’a jamais quitté. Hélène m’a pris sous son aile et m’a permis de m’épanouir complètement, d’abord derrière la scène, puis devant les projecteurs.

Elle a été comme une mère pour moi et m’a tout enseigné, plus que ce qu’on apprend dans les livres. Nous passions des heures en répétition avec elle et il n’y a jamais eu un moment inintéressant. Nous avions la meilleure enseignante au monde.

C’est elle qui m’a donné cette passion pour le jeu, la comédie, le théâtre, l’improvisation, mais surtout, pour la créativité. C’est aussi elle qui m’a appris qu’il faut travailler fort pour arriver à ses fins.

Je lui dois tout en réalité. Merci pour tout, Hélène, tu m’as permis d’être l’homme que je suis aujourd’hui.

Jean-Maxime Bourgoin

Pierre Turgeon, Polyvalente l’Escale (Asbestos)

Quand j’étais en secondaire 5, ma polyvalente offrait un nouveau cours sur la politique internationale et l’histoire contemporaine.

Je ne me souviens plus du nom de ce cours expérimental, mais je n’oublierai jamais son prof, Pierre Turgeon (non, pas le joueur de hockey).

Dans ce cours, tout y passait: la chute du mur de Berlin, l’éclatement de l’URSS, l’échec de Meech. (Ça donne une idée de l’époque à laquelle j’ai fini mon secondaire...)

En classe, on s’asseyait en rond. Pas en rang.

Pierre, tu nous as transmis la curiosité intellectuelle nécessaire pour mieux comprendre ce qui passe ici et ailleurs dans le monde.

Pierre stimulait notre curiosité en nous faisant chercher toujours davantage sur nos sujets. Si on remettait nos travaux en retard, c’était de sa faute.

Et ça discutait fort en classe. Les esprits s’échauffaient. Pierre arrivait toujours à venir à bout de cette gang d’ados qui argumentaient à coups de sophismes douteux.

Pierre, tu nous as transmis la curiosité intellectuelle nécessaire pour mieux comprendre ce qui passe ici et ailleurs dans le monde. À lire les commentaires sur les médias sociaux, je me rends compte que tous n’ont pas eu la chance de suivre ton cours.

Qu’es-tu devenu, Pierre? Je veux pas te googler, je veux pas me taper toutes les pages sur ton homonyme hockeyeur... Es-tu sur Facebook?

Stéphane Plante


 

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