J’ai passé un moment magique à la cabane à sucre de Nathalie Simard | Le Sac de chips
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J’ai passé un moment magique à la cabane à sucre de Nathalie Simard

Ce ne sont surtout pas les ennuis financiers des derniers mois qui arrêteront Nathalie Simard et son conjoint Lévis Guay. Samedi, ils célèbraient en grande pompe l’ouverture de la 3e saison de leur cabane à sucre avec un souper concert champêtre sous le thème de l’amour. 

Et un party de Saint-Valentin agrémenté de bines et de petites saucisses dans le sirop est bien entendu le moment désigné pour... passer une romantique soirée père-fils.

Pierre Destrempes

17 h 30, j’arrive avec mon vieux à la pittoresque cabane Chez Nathalie située près de Shawinigan. On affiche pratiquement complet avec une centaine de convives sur place qui ont payé près de 50 $ pour vivre ce moment. Des couples âgés entre 40 à 60 ans pour la plupart sont venus en ski-doo tandis que d’autres ont parcouru des centaines de kilomètres pour entendre la voix et goûter au sirop de leur idole.

Autour de longues tables à manger, Nathalie est le sujet de toutes les conversations. Mon dernier souvenir de la chanteuse date de ma tendre enfance, mais en jasant avec mes voisins, j’ai droit à une mise à jour exhaustive. On évoque avec révérence ses débuts dans les années 80, on passe timidement sur ses périodes plus difficiles, on récite des passages marquants de son dernier livre.

Raymond raconte comment sa conjointe l’a sermonné quand elle l’a pogné à déplacer sa précieuse collection de souvenirs de Nathalie. 

Photo Amélie St-Yves

Dans cette enceinte boisée, la chanteuse de 47 ans fait figure de créature quasi divine. Bref, ils n’ont vraisemblablement pas tourné la page sur leur artiste chérie. 

Régis et buffet

ÉRIC BEAUPRÉ/AGENCE QMI - Mickael Destrempes

Accompagné d’une piste d’enregistrement, Régis, le frère de Nathalie, s’installe avec sa guitare sur une scène encastrée au fond de la salle comme une crèche de Noël grandeur nature. Il n’a peut-être pas de page Wikipédia comme sa petite sœur, mais ici, le costaud troubadour est quasiment aussi vénéré qu’elle.

Pendant qu’on se sert au buffet, il enchaine les succès country et folk rock. En bon routier, il livre une performance honnête, digne des traditionnels partys de cabane à sucre. Kaïn, Joe Dassin, Kenny Rogers, la foule jubile et tape des mains entre deux bouchées de tourtières.

Mickael Destrempes

En parlant de pâté de viande, ça manque de ketchup sur les tables. Mon paternel aurait bien noyé son morceau sous du «fait maison» et moi du Heinz, mais pas de chance.

Côté bouffe, avouons d’emblée qu’on n’est pas «Au pied de cochon». 

La soupe aux pois aurait mérité de prendre son temps dans la mijoteuse, comme l’amour dans le générique de «La Guerre des tuques».

Les petites saucisses dans le sirop sont quant à elles juteuses comme de délicieux canards qui sortent de la marre. (OK j’arrête, c’est promis !) Je repasse pour une deuxième portion.

Mickael Destrempes

Pour écraser le tout, les crêpes frites et le pudding chômeur font le boulot.

Régis achève sa prestation, la foule se lève et réclame un rappel. Toutefois, le maitre d’œuvre et conjoint de Nathalie l’informe qu’il doit quitter la scène.

Sur la véranda, une femme tranche sans appel «Moi, je trouve qu’il chante mieux que René».

NATHALIE, LA PRÉFÉRÉE DU VILLAGE 

Soudain, les chandeliers au plafond s’éteignent, les lumières de scène s’allument et trois musiciens s’installent. Je me disais justement que ces jeunes hommes ne fittaient pas trop dans le décor. 

Des clameurs quasi hystériques s’élèvent lorsque Nathalie arrive, comme si Nick Carter venait de débarquer au Carrefour Laval en 97.  

Toute vêtue de noire, elle amorce son set avec une ballade. Elle a l’air émue.

Entre les chansons, elle échange avec le public avec l’aisance d’une entertainer expérimentée qui connait et aime son public.

Mickael Destrempes

Elle évoque les épreuves difficiles des derniers mois, nous rassure que c’était une belle leçon de vie et qu’elle et son conjoint en sont sortis plus forts et amoureux. 

Il monte sur scène et elle lui offre en sérénade «On va s’aimer encore» de Vincent Vallières. Ma voisine essuie une larme et tous les couples de la salle s’entrelacent et se tiennent par la main.

Virilité oblige, mon père et moi gardons une petite gêne.

En plus d’occuper la scène avec aplomb et abandon, Nathalie s’attaque ensuite à des morceaux exigeants, en reprenant avec brio Melissa Etheridge et Marjo. «Aide moé, aide moé à me retrouver baby!».

Sur Faith de George Michael, elle se fait pétillante en se déhanchant avec des lunettes fumées.

Quand elle interprète «L’amour existe encore» et son tube «L’amour a pris son temps», accompagnée par l’ensemble du public, je remarque deux hommes à l’allure de bucheron qui peinent à retenir leurs pleurs.

Chose inhabituelle pour moi, toutes les têtes sont dirigées vers la scène et il n’y a aucun cellulaire à l’horizon. 

Elle conclut la première partie du spectacle avec «I Will Always Love You», en rendant imparfaitement, mais admirablement justice à feu Withney.

J’ai même un petit frisson. Difficile de rester insensible à cette ballade épique quand tu es un gars célibataire qui célèbre la Saint-Valentin avec son géniteur. 

UNE SOIRÉE SOMME TOUTE RÉUSSIE

J’avoue être agréablement étonné. Nathalie en a encore dedans.

Mickael Destrempes

Avant de retourner sur scène pour la deuxième partie, elle m’accorde un selfie et un brin de jasette. 

Je découvre une femme résiliente, épanouie, en possession de ses moyens et généreuse avec son public. 

Un peu plus tôt, elle a expliqué à la blague qu’elle préférait ne pas écrire ses paroles, «je suis trop gênée et des critiques, j’en ai assez eues dans ma vie». 

Nathalie, si tu pouvais apporter quelques ajustements au buffet en y mettant autant d’amour et d’énergie que tu donnes sur scène, tout devrait bien aller!

Mickael Destrempes

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