Une partie de hockey bien exotique à Montréal | Le Sac de chips
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Une partie de hockey bien exotique à Montréal

Un aréna de Montréal, les gradins sont remplis à craquer. Les partisans chantent et scandent le nom de leur équipe. Les enfants portent des maquillages aux couleurs de leur formation favorite. Les joueurs donnent tout ce qu’ils ont, affublés de leurs jerseys rouges, blancs et... verts?

Il y a quelques jours avait lieu une partie de hockey opposant des joueurs du Liban et d’Haïti, deux pays pas particulièrement reconnus pour leur passion du hockey, disons.

Joseph Constantin, co-fondateur et directeur du marketing de l’Association de hockey libanaise m’accueille à l’aréna Raymond-Bourque de Ville Saint-Laurent. Il m’indique tout de go que l’objectif de la partie de ce soir est d’amasser des fonds pour financer la participation de leur équipe à un tournoi d’hockey-balle à Prague le mois prochain.

Hélène Laurin

Ah? C’est donc une partie d’exhibition! Ok, ce sera relax.

Mais dès que je m’installe dans les gradins, je réalise que ce ne sera pas relax. Les partisans sont déjà en feu, un drapeau du Liban virevolte devant ma face et je sors rapidement mes bouchons d’oreilles.

Hélène Laurin

Le coach de l’équipe libanaise, Ralph Melki, a mis le paquet pour cette partie. En trois mois, il a dû monter une équipe de hockey complète, planifier les entraînements et établir une stratégie de jeu. 75 personnes se sont portées volontaires pour faire partie de l’équipe. Il a aussi fait un camp d’entrainement pour ne sélectionner que les meilleurs. Des joueurs d’origine libanaise du Québec mais aussi de partout au Canada composent la formation. L’entraineur prend la partie au sérieux. Il veut gagner.

Hélène Laurin

Dès les premiers moments, le ton est donné. Les Haïtiens, menés par Georges Laraque, sont très rapides, mais leur défensive est poreuse. Les Libanais enfilent un premier but après quelques minutes à peine. L’assistance est en délire.

Hélène Laurin

Je jase avec un partisan, qui fait aussi partie de l’équipe de hockey-balle qui ira à Prague. Il est étonné du calibre élevé du jeu et il est d’avis que l’équipe est prête pour la prochaine saison qui commencera à l’automne. En effet, ce soir, c’est la première fois que l’équipe libanaise de hockey sur glace joue et c’est un peu un test pour voir si elle peut supporter la compétition. C’est le cas à première vue.

Hélène Laurin

Les buts s’enchaînent. Je me demande si je peux sortir précipitamment si le plafond s’effrondre. Hélas, je ne comprends pas cette «sortie de secours».

Hélène Laurin

Les Libanos-Québécois aiment le hockey; ce n’est pas parce qu’ils - ou que leurs parents - sont nés en bordure de la Méditérranée que l’appel de la puck ne se fait pas sentir. Mais voyons la réalité en face: si les Libanos-Québécois sont hockey, le Liban l’est pas mal moins. L’Association libanaise de hockey a justement été mise sur pied pour développer le hockey - sous toutes ses formes - au pays du cèdre.

Grâce aux efforts de l’association, un programme scolaire de roller-hockey y existe depuis deux ans. L’équipe de hockey-balle souhaite s’imposer au niveau international. L’équipe de hockey sur glace fait ses débuts. Dans cinq ans, l’association espère avoir une équipe dans la ligue IIHF (International Ice Hockey Federation). Pour le moment, le moyen le plus simple de développer le hockey au Liban est d’être au Canada. D'ailleurs, si l'association libanaise de hockey est à Montréal, c'est que l'idée a germé dans la tête de fous de hockey d'ici. Les prochaines années promettent cependant plusieurs allers-retours entre Montréal et Beyrouth.

Hélène Laurin

Même si l’équipe libanaise n’est jamais prise au dépourvu dans le pointage, l’équipe haïtienne la talonne. Les buts se multiplient et les tensions grimpent. Quelques escarmouches éclatent durant les dernières minutes du match.

Mais tout est bien qui finit bien! Tous les joueurs se serrent la main et prennent des photos à la fin du match.

Le Liban a gagné 7 à 4. L’atmosphère est à la fête et les nombreuses familles quittent l’aréna le sourire aux lèvres.

Hélène Laurin

En quittant Ville Saint-Laurent, je pense à ce que j’écrirai. Une conclusion à saveur «c’est ça maintenant, le Québec: une bonne partie de hockey opposant le Liban et Haïti, et c’est vraiment beau» me semble un peu galvaudée et clichée.

Mais dans le climat actuel, où l’apport des nouveaux (et moins nouveaux) arrivants est quotidiennement remis en doute, c’est la seule conclusion qui me semble encore valable.

En quittant Ville Saint-Laurent, donc, je me dis que le Québec en 2017, c’est ça, c’est une bonne partie de hockey entre le Liban et Haïti. Et vous savez quoi? C’est absolument merveilleux.

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