Philippe B fait son cinéma | Le Sac de chips
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Philippe B fait son cinéma

Philippe B - La grande nuit vidéo

★★★★

Photo courtoisie

 
Avant même le dévoilement du titre, l’engouement autour la ­parution avait des airs de suite de blockbuster américain: un héros attachant, une intrigue à ­déterminer et, surtout, des ­attentes incroyables.

Après Variations fantômes (2011) et Ornithologie, la nuit (2014) – qui auront consacré le bonhomme auprès du public, mais aussi auprès de ses contemporains – est-ce que Philippe B va revenir à son alchimie du folk et du classique pour La grande nuit vidéo ou teinter à nouveau ses chansons intimistes de cordes, de bois et de cuivres?

Philippe B étant Philippe B, la trame est évidemment alambiquée et la ­réponse, elle, proustienne.

Folk rock tragico-grec!?

Bien que plus près, musicalement ­parlant, de l’Ornithologie que des ­Fantômes, La grande nuit vidéo ­pourrait être, en fait, une tragédie grecque. Oui, oui.

Autoportrait (sans lunettes) a des airs de prologue introduisant notre héros, alors que la participation de la chanteuse et musicienne Laurence Lafond-Beaulne (de Milk & Bone), elle, pourrait jouer le rôle du chœur antique commentant les ­tribulations du protagoniste (son intervention sur Sortie Exit vient en tête). Philippe B va jusqu’à ­faire référence à la mythologie du terroir avec l’interlude ­instrumental Le monstre du Lac Témiscamingue!

Une autre réussite, mais...

Même sans cette interprétation de l’œuvre (mes excuses si je me fourre le doigt dans l’œil), La grande nuit vidéo demeure un bijou finement ciselé. Moins ­surprenante que les deux précédentes (comme c’est le cas avec les blockbusters, une certaine formule se dessine), cette nouvelle ­offrande surpasse les ­attentes en plus ­d’inquiéter les ­mélomanes.

Où peut bien aller Philippe B ensuite?


Artistes variés - Bon Cop Bad Cop 2

★★ ½

Photo courtoisie

D’un côté, on pourrait dénoncer ­l’incroyable manque de subtilité de la trame sonore menée par Anik Jean (Bad Boy est essentiellement une relecture de Lonely Boy des Black Keys), mais de l’autre, ça demeure la musique accompagnant un buddy cop movie à la québécoise.

Bref, on savait à quoi ­s’attendre!

Le plus étonnant, en fait, c’est que: 1, c’est satisfaisant et 2, on y découvre de nouvelles pièces de Bran Van 3000.

Un bémol toutefois: pour un disque lié à un film qui se targue d’être francophone, les chansons en français sont rares.


Feist - Pleasure

★★★

Photo courtoisie

Mes excuses pour le retard. J’aurais aimé vous dire que j’ai tardé à aborder le cinquième album de la musicienne et chanteuse, livré à la fin d’avril, parce que j’étais toujours soufflé par celui-ci, mais malheureusement non.

Six ans après Metals, Leslie Feist refait surface avec une parution minimaliste, brute, éthérée, mais aussi diablement errante. À mi-chemin entre l’esthé­tisme d’Angel Olsen et un jam ­longuet.

Bon, mais pas à la hauteur de l’artiste.


Lubik - Vivant

★★★

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Le quatuor rock a fait ses devoirs depuis la parution de son premier LP Jusqu’au boutte (2014).

Si le projet se faisait taquiner, au sujet de ses atomes crochus avec Galaxie, il ­revient à la charge avec un album toujours aussi rentre dedans, mais aux influences plus éclatées.

Sur One Shot Deal, partie 1, par exemple, le chanteur Alexandre Picard fait écho à la livraison énergique de ­Dédé Fortin. Sur Rester en vie, c’est les Dales ­Hawerchuk qui viennent en tête à titre de référence.

Bref, une écoute très plaisante.


Coup de coeur: Blondie - Pollinator

★★★ ½

Photo courtoisie

Pour leur 11e LP en ­carrière, Debbie Harry et ses blondinets ­reviennent aux sources et, incroyable, mais vrai, ce n’est pas dégueulasse!

Après le flirt électro un brin tendancieux de Ghosts Of Download (2014), le groupe culte renoue avec ses influences new wave et punk d’antan sans toutefois se ­vautrer dans une certaine nostalgie ou encore sur ses lauriers.

Pollinator n’est pas un grand album, certes, mais étonne tout de même. Plus de 40 ans après sa création, Blondie conserve son don pour la pop contagieuse.

«Fascinant!» ­comme dirait Charles Tisseyre.

 

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