Les anges gardiens du RockFest | Le Sac de chips
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Les anges gardiens du RockFest

Samuel Jetté applique fermement un sac de glace contre son genou. C’est son tout premier Rockfest et le jeune homme le vit intensément.

«Je faisais du bodysurfing avant de me retrouver par terre et des gens m’ont marché sur le corps», raconte le Gatinois, qui entend retourner s’exciter devant la scène dès qu’il aura soulagé ses ecchymoses. 

Photo: Christina Labelle

Comme Samuel, les patients défilent sans relâche à l’infirmerie de fortune patentée dans une tente près de la scène principale.

Intoxication, blessures de mosh pit, coups de chaleur : les équipes de soin traitent environ 500 cas (majeurs et mineurs), à chaque édition du festival. «On a une cinquantaine de bénévoles. Des étudiants en soins infirmiers, en techniques policières ou des travailleurs sociaux», souligne la caporale Joanie Dumontet, de Premiers soins Medtrakevac.

Photo: Christina Labelle

Sous un soleil de plomb samedi après-midi, la plupart des visiteurs de l’infirmerie avaient subi des coups de chaleur. «Ils ont peu dormi et n’ont pas bu assez d’eau. Il y a encore du monde qui pense que la bière réhydrate», déplore Jean-Philippe Brulotte, un étudiant en soins infirmiers.

En plus de la mer de boue qui s’étend sur le site, une gracieuseté des pluies diluviennes des derniers jours, les paramédicaux doivent apprendre à composer avec une foule compacte et éméchée. «Les gens collaborent, même saouls, et on peut sinon demander l’aide de la police pour l’extraction de patients», souligne Raphaël Desautels, un autre bénévole.

Photo: Christina Labelle

L’escouade des premiers soins a aussi à l’œil les surdoses, notamment au fentanyl, un opioïde plus puissant que l’héroïne qui fait actuellement des ravages dans les milieux de consommation au pays. «C’est compliqué de poser un diagnostic précis parce qu’on a pas tous les outils avec nous, mais on constate souvent des mélanges de plusieurs substances», note Raphaël Desautels.

Pendant une expédition avec une équipe de bénévoles, nous avons d’ailleurs assisté à une intervention auprès d’une jeune femme qui passait un très mauvais moment à cause d’une dose d’héroïne. «En plus de l’héroïne, elle dit avoir bu une douzaine de bières et fumé un juicy», explique Luigi Touchette, un futur policier.  

Ce dernier a tenté, en vain, de prendre soin de la jeune femme intoxiquée, qui semblait avoir perdu le contact avec le réel. Agressive, elle s’est brusquement éloignée en titubant comme une zombie sur le sol boueux. «On n’a pas le droit de forcer les gens à recevoir nos soins», se désole Jean-Philippe Brulotte, impuissant.

Dans quelques minutes, lui et son équipe retrouveront la jeune toxicomane à la sortie du site, à peine consciente et échouée sur un bout de gazon.

Photo: Christina Labelle

Des policiers de la Sûreté du Québec ont été dépêchés en renfort.

Quant aux paramédicaux, ils retourneront continuer leur ronde sur le site, offrant leur aide aux festivaliers dans le besoin, malgré le chaos ambiant, les milliers de décibels, la bouette et les excès de toutes sortes.

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