Rockfest 2017: bouette, bière et gros rock sale | Le Sac de chips
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Rockfest 2017: bouette, bière et gros rock sale

La 12e édition du Rockfest de Montebello est finie. Déjà.

Dimanche. Les milliers de festivaliers démontaient leur tente et désertaient le village, qui redeviendra une bourgade sans histoire pour les prochains 361 jours.

Ces villégiateurs métal emporteront avec eux d’épiques souvenirs de concerts, des maux de tête carabinés, des images décadentes et floues d’humains intoxiqués, des oreilles qui bourdonnent comme un solo de Dave Lombardo et des traces de bouette sur leurs vêtements.

«Le vrai Garou»

Les vrais guerriers, ceux qui sont arrivés jeudi, vont certainement se rappeler la mémorable soirée de Saint-Jean-Baptiste.

Loco Locass, Bernard Adamus, Les Trois Accords, le monument Robert Charlebois sans oublier Jérémy Gabriel, venu exorciser sa rencontre avec le pape avec une dose de satanisme.

À 73 ans, le vrai Garou a balancé ses classiques, avec une fougue et un aplomb que jalouseraient des artistes ayant un demi-siècle de moins. Tout écartillé, The Frog Song, Les ailes d’un ange, Fu Man Chu et Lindbergh: Charlebois aura imprimé un moment magique dans la tête de ceux qui n’avaient pas encore eu le privilège de le voir à l’œuvre.

Bonne Saint-Jean groupe!

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Après Garou, les Cowboys Fringants s’amenaient pour clore les hostilités. Mais entre les deux, la pluie est venue un peu casser le party. Une pluie diluvienne qui trempait jusqu’aux os et qui a transformé le site en une gigantesque mer de boue. Pour des raisons de sécurité, les Cowboys ont dû patienter avant de grimper sur la scène, où ils ont finalement cassé la baraque et ramené le soleil dans nos cœurs. Aon! 

Le lendemain, le ciel était toujours menaçant et un crachin malcommode continuait d’agacer les gens.

«The Offspring était un peu... off»

Rien pour empêcher les inconditionnels de Pennywise, Killswitch Engage, Bullet For My Valentine ou Wu-Tang Clan de se masser devant une scène.

Les nostalgiques ont passé un beau moment en compagnie de Bad Religion, pendant lequel le professeur Graffin donnait au client ce qu’il demandait, c’est-à-dire American Jesus, Infected et 21st Century (Digital Boy).

Ceux qui ont déjà vu The Offspring en concert vous le diront: leur prestation de vendredi soir ne passera pas à l’histoire.

Un passage un peu désincarné, dénué d’artifices et d’interactions avec le public. Le groupe a livré l’intégralité de son album Ixnay On The Hombre pour souligner les vingt ans de sa parution.

Le Rockfest c'etais trop fouu 🤘🤘🤘 #rockfest #theoffspring #metal #rock

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Au moins, les gens ont pu beugler Come Out And Play et Self Esteem à la fin du set. Mais, n’ayons pas peur des (jeux de) mots, The Offspring était un peu... off.

Désolé pour ça.

«Avoir été "rammsteinizé"»

Ah oui, avant de passer à samedi, quelques mots sur la solide contribution de Rammstein au succès de l’édition 2017. Pour les imposteurs qui ne connaissaient du groupe que le tube Du hast (allô!), on parle ici d’un gros coup de cœur.

Le terme «avoir été "rammsteinizé"» aurait même été inventé.

Ça rentrait au poste et les effets pyrotechniques n’avaient rien à envier à ceux utilisés dans Rambo II, sans négliger une mise en scène à couper le souffle. Bref, ça valait la peine d’avoir les pieds figés dans la bouette qui se transformait à la longue en ciment pour témoigner de tout ça. Les nombreux souliers enlisés dans la boue et abandonnés sur le site en témoignaient. 

Reste samedi.

«Maudit air bête, tu la boiras tout seul ta bière, bon»

Le lever du corps commençait sérieusement à être pénible. On réalise alors à la dure comment devait se sentir un vétéran du Vietnam. L’alcool coulait quand même encore à flot sur la rue Notre-Dame et la file s’allongeait toujours devant le frigidaire à bière du dépanneur.

Au moins le soleil était de la partie et il cognait fort le snoreau.

Paraît que P.O.D c’était bon et il y avait Eagles Of Death Metal aussi.

Good Charlotte a attiré beaucoup de monde et le concert d’Exterio s’écoutait bien. Leur scène a même été le théâtre d’une demande en mariage, comme quoi l’amour triomphe toujours.

Les gens nés à la fin des années 70 attendaient impatiemment les vétérans Megadeth pendant l’heure du souper, sous une pluie battante.

Photo: Matt Dorion

Comme The Offspring, le groupe a préféré «puncher» sa carte que nous faire vivre un moment. Ce n’est pourtant pas les liens qui manquent entre la bande à Mustaine et le Québec.

Enfin, j’imagine qu’on invite le groupe pour jouer de la musique et pas pour nous faire brailler avec des émotions.

Et puis, on a quand même eu droit aux Holy Wars, Hangar 18, Symphony Of Destruction de même que Tornado Of Souls, Mechanix et la vieille Peace Sells.

Caché derrière sa crinière de lion, Mustaine avait l’air bête comme d’habitude. Il a quitté la scène rapidement, vêtu d’une robe de chambre à l’effigie de son groupe, refusant de s’arrêter pour saluer les quelques fans qui l’attendaient.

Maudit air bête, tu la boiras tout seul ta bière, bon.

Toute bonne chose à une fin et ce mandat est revenu à Alexisonfire, Queens Of The Stone Age et Iggy Pop.

«Une messe inoubliable»

Mais s’il fallait entendre un seul band hier (tout ça est très objectif évidemment) et bien c’était Grimskunk, des habitués qui offrent une messe inoubliable et un accès VIP à leur trip de gang contagieux.

Silverhead, Perestroïka, Le gouvernement songe, La vache: leur setlist finit toujours par se rassembler et c’est tant mieux de même.

Franz Schuller a toujours la groove, Joe Evil se tortille toujours comme un possédé et Vincent Peake est toujours fidèle au poste.

Mononc’Serge et Anonymus sont ensuite venus achever la foule, pendant qu’Iggy Pop chantait probablement en chest à l’autre extrémité du site.

«Ils ont l’air méchants, mais ils savent vivre»

Au moment d’envoyer ces lignes, il n’y a déjà presque plus personne. Des sacs à ordure s’empilent sur les pelouses du village, dernières traces de l’édition.

Hugo Meunier

Ils ont l’air méchants, mais ils savent vivre les festivaliers du Rockfest.

Fin du rapport, à l’année prochaine.

Il mouillasse encore dehors.

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