Un concert pour célébrer La Llorona | Le Sac de chips
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Un concert pour célébrer La Llorona

L’année 2017 a marqué le 20e anniversaire de La Llorona, album qui a non seulement lancé la carrière de son ­interprète, Lhasa de Sela, mais qui a aussi marqué le cœur et l’esprit de nombreux amateurs de musique du monde. 

Écoulé à plus de 500 000 exemplaires dans le monde, La Llorona, dont les chansons sont toutes ­interprétées en espagnol, est née de la rencontre entre Lhasa de Sela et le guitariste Yves ­Desrosiers, qui a agi à titre de compositeur et de réalisateur sur le projet.

Pas étonnant, donc, que la famille de la chanteuse, décédée des suites d’un cancer à l’âge de 37 ans, en janvier 2010, ait pensé au musicien pour assurer la direction artistique de ce spectacle, dont la mise en scène a été confiée à Émilie Laforest.

« J’ai relevé le défi. J’étais ­probablement plus prêt à le faire, puisque ça fait plus longtemps que ­Lhasa est partie. Je n’aurais pas pu avant », a expliqué Yves Desrosiers, lors d’une entrevue accordée au Journal.

« En même temps, ç’a été un exercice thérapeutique, a-t-il ajouté. J’ai quand même dû me plonger dans son œuvre pour monter ce spectacle. Lhasa, je l’entends tous les jours, depuis au moins deux ou trois mois. L’objectif, c’est de lui faire honneur. »

Deux continents

Lors de notre entretien avec Yves ­Desrosiers, ce dernier rentrait à peine de France. Le spectacle, intitulé La route chante – Les 20 ans de La Llorona, y a été présenté à la Philarmonie de Paris, dimanche dernier.

« Le show s’est vraiment bien déroulé. Ç’a été un beau moment, avec de belles surprises », a-t-il commenté.

À l’occasion de sa seule et unique représentation montréalaise, qui aura lieu au MTELUS, le 16 décembre prochain, le public pourra voir de nombreux artistes à l’œuvre, dont Amparo Sanchez, Ana Moura, Patrick Watson, Marie-Pierre Arthur, Betty Bonifassi, Fred Fortin et Plants and Animals. Si l’on en croit le musicien, des invités-surprises ­devraient également se joindre à eux.

« On a été chercher des artistes qui n’étaient pas nécessairement des autres hommages (NDLR Danse Lhasa Danse et La route chante, présenté au Rialto en 2012, notamment). Il y aura des artistes qui la connaissaient, sur le spectacle, mais qui n’étaient pas nécessairement des amis proches », a-t-il précisé.

« Quand ils sont sur scène, ils sont plus détachés, a-t-il poursuivi. Ça allège beaucoup les choses. Ces artistes peuvent s’approprier les chansons à leur façon (...) Ça nous permet de vivre autre chose, de ne pas vivre seulement le passé. »

Intégralité

C’est avec la présentation des ­chansons de La Llorona, qui sera jouée dans son intégralité, que le spectacle sera lancé.

Pour rendre ces morceaux, son ­directeur musical a fait appel aux complices qui ont travaillé avec lui sur le disque, à l’époque, et qui ont aussi eu la chance de tourner avec la chanteuse, dans les années qui ont suivi sa sortie.

Ce « petit noyau », composé de ­Mario Légaré (basse), Didier ­Dumoutier ­(accordéon) et François Lalonde ­(batterie), sera complété par Joe Grass (pedal steel) – un autre collaborateur de Lhasa – pour l’occasion.

« L’idée, comme c’est le 20e anniversaire, c’était que nous puissions refaire, sur scène, à peu près tous les ­arrangements du disque. C’est une chose qu’on ne pouvait pas faire, à l’époque, faute de moyens. J’ai donc ­engagé d’autres musiciens pour que nous puissions arriver à cela. Comme c’est un hommage, on se paye la traite. »

En deuxième partie, des invités viendront interpréter des pièces de leur choix, tirées des deux autres disques de Lhasa (The Living Road et Lhasa). Avis aux intéressés, le spectacle devrait durer au moins trois heures.

Réussite artistique

Lorsqu’on lui demande ce qu’il pense de La Llorona, 20 ans après sa création, Yves Desrosiers n’hésite pas à répondre qu’il s’agit d’une réussite artistique.

« Évidemment, c’est un de mes ­meilleurs coups », a-t-il ajouté.

« Ce disque-là, c’est deux personnes qui se sont rencontrées, un peu par hasard, et qui avaient quelque chose à exprimer, chacun de leur côté, avec leur bagage respectif (...) Les raisons qui nous habitaient étaient probablement similaires, mais ça, nous n’en avons ­jamais vraiment parlé. Avec le recul, je le vois comme une espèce d’explosion créative de deux personnes qui vivaient une urgence artistique ; elle dans le chant, moi dans la musique. »


Le spectacle La route chante – Les 20 ans de La Llorona sera ­présenté au MTELUS le 16 décembre, à ­compter de 20 h.