L’anti-stratégie de Lydia Képinski | Le Sac de chips
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L’anti-stratégie de Lydia Képinski

Un an après avoir remporté la finale des Francouvertes, Lydia Képinski nous arrive avec un « album-surprise », Premier juin, qui n’avait pas été annoncé. Ce premier opus, fort bien réussi, comprend notamment des clins d’œil aux Mystérieuses cités d’or et à Diane Dufresne, avec une thématique pour le moins sombre sur la mort. Le Journal s’est entretenu avec l’artiste qui fêtera ses 25 ans... le premier juin.

Pourquoi avoir décidé de lancer l’album­­­ de façon surprise ?

« J’ai l’impression qu’à l’ère du numérique, il y a comme un amincissement du contenu que je trouve personnellement un peu dérangeant. On a tendance à sortir les choses au compte-gouttes, comme si les gens n’avaient qu’un maximum de 60 secondes de concentration. On avait donc envie de faire une espèce d’anti-stratégie avec ça, de faire les choses à l’envers. Je crois que les gens ont encore envie d’avoir quelque chose d’assez profond, ils ont encore envie de consommer de la culture avec de la viande. »

Le thème de la mort est assez apparent sur certaines chansons. Pour quelle raison ?

« C’est une époque de ma vie qui est derrière moi. Mais c’était assez sombre. Pour moi, ça fait juste partie de la personne que je suis. Il y a eu des épisodes dans ma vie où ça n’allait vraiment pas bien. J’ai ressenti le besoin d’en parler à ce moment-là. Il y a des chansons qui ont été écrites dans ce contexte. Je trouvais ça important de les sortir. »

Le spectacle-lancement de l’album­­­ aura lieu le 1er juin, le jour de tes 25 ans, au Centre PHI. Pourquoi ne pas avoir fait de lancement ce mois-ci ?

« J’aimais mieux attendre pour continuer de pratiquer les chansons, au lieu de les jouer rapidement sur scène sans trop les connaître. Ça va être rodé et bon. Aussi, je trouve ça le fun de faire le spectacle le soir de ma fête, car ces dernières années, depuis que je fais de la musique, j’essayais tellement souvent d’inviter mes amis à mes spectacles que lorsque ma fête arrivait, je n’avais plus la tête à ça. Mes deux derniers partys de fête ont été un peu plates. Là, j’ai envie de prendre ma revanche (rires). »

Pourquoi avoir décidé d’intituler ton album Premier juin ?

« La première raison, c’est vraiment par rapport à la date de ma fête. Mais aussi, je trouve ça intéressant parce que c’est mon premier album. Appeler ça Premier juin, je trouve ça quand même cool. C’est le début de l’été, il y a quelque chose de festif là-dedans, malgré le fait que l’album parle de choses profondes. »

Sur la première chanson de l’album, Les routes indolores, on retrouve un clin d’œil aux Cités d’or. N’es-tu pas un peu jeune pour avoir connu cette émission des années 1980 ?

« Tout le monde me dit ça ! Je suis aussi trop jeune pour avoir connu l’Antiquité grecque et je sais ce que c’est (rires) ! Mais quand j’étais jeune, ma mère avait loué les VHS et j’avais regardé toute la série. Ça m’avait marquée. Je trouvais ça intéressant de faire un parallèle avec les sacrifices que les Aztèques faisaient pour avoir des faveurs des dieux. »

La chanson Belmont comprend aussi un clin d’œil à Diane Dufresne. Est-elle une inspiration pour toi ?

« Sa chanson (Le parc Belmont) parlait de la folie. J’ai connu Diane Dufresne en écoutant Starmania. C’est une des œuvres qui m’ont le plus marquée dans ma vie. Ces chansons-là sont incroyables. C’est une artiste que j’admire beaucoup. »

Tu as gagné le concours des Francouvertes l’an dernier. As-tu senti une certaine pression en travaillant sur ce premier album ?

« Non, pas vraiment. De remporter les Francouvertes, je l’ai plus vu comme un honneur. Sylvie Courtemanche, qui est à la tête des Francouvertes, c’est un peu comme ma deuxième maman. On se parle très souvent. J’ai reçu 10 000 $ en remportant la finale et ça m’a permis de financer mon album. Ça m’a beaucoup aidée dans mon démarrage d’entreprise­­­. »


L’album de Lydia Képinski, Premier juin, est présentement sur le marché.