Le droit à la déconnexion ne sert à rien | Le Sac de chips
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Le droit à la déconnexion ne sert à rien

Le droit à la déconnexion, soit la permission pour un salarié de ne pas utiliser les outils numériques liés à son travail pendant ses heures de repos, prend de l’ampleur.

Pas de courriels, pas de messages, pas de messagerie instantanée après avoir quitté le bureau.

Cette mesure semble intéressante à première vue, mais elle ressort plus d’une stratégie de relations publiques que d’une véritable amélioration pour la vie des travailleurs.

La déconnexion a ses raisons que le réseau ignore 

Le capitalisme actuel, celui d’un système mondialisé, constamment connecté et s’appuyant sur l’essor technologique continu, oblige les travailleurs à suivre son rythme.

Cette hyperconnectivité peut augmenter le stress des travailleurs et même atteindre à leur santé, jusqu’au burn-out.

La vie professionnelle empiète sur la vie privée et la musèle, l’empêchant de servir son véritable objectif, celui de nous laisser servir d’autres réalités que les mandats et les indicateurs de performance.

Se déconnecter de nos employeurs, de nos collègues et de nos clients est nécessaire pour nous reconnecter totalement à notre famille, à nos amis et aux autres valeurs importantes qui forment la conscience et le bienêtre.

La déconnexion appliquée

Certaines entreprises ont réalisé que l’accessibilité permanente pouvait provoquer de l’anxiété et de l’épuisement professionnel chez leurs employés.

En 2013, suite à une vague de suicides, la compagnie française Orange a notamment mis en place une charte de bonne pratique qui s’engage à accorder un équilibre à ses employés.

D’un point de vue législatif, la loi française reconnait le droit à la déconnexion et impose des négociations annuelles à ce sujet, mais cette disposition n’est pas coercitive.

Au Québec, Québec Solidaire a soumis un projet de loi prévoyant des amendes pour les entreprises qui ne respectent pas le droit à la déconnexion de leurs employés. «On a le droit de tirer la plogue» avait déclaré Gabriel Nadeau-Dubois.

L’arbre qui cache la forêt

En réalité, le droit à la déconnexion ne fait qu’effleurer la base du problème.

Car au-delà de l’ère numérique, c’est toute la philosophie du travail capitaliste actuelle qui crée les situations d’épuisement.

Dans beaucoup d’entreprises, les salariés sont perçus comme des ressources humaines, que l’on doit exploiter au plus pour en tirer la meilleure plus-value.

Ils ont une telle charge de travail qu’ils sont obligés de continuer après les heures de bureau. Les technologies ne sont qu’un outil dans ce système.

Avec les politiques de déconnexion, les travailleurs auraient le droit de se déconnecter, mais ils ne pourraient pas le faire.

C’est permis, mais ce n’est pas possible.

Alors, à quoi bon?

 

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