L’authenticité d’abord | Le Sac de chips
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L’authenticité d’abord

Jean-Michel Blais a toujours fait les choses à sa façon. Après nous avoir présenté un magnifique album enregistré dans sa chambre à coucher, le pianiste est de retour avec Dans ma main, opus dont les compositions, à la fois sensibles et cinématographiques, flirtent avec l’électro minimaliste.

« J’ai l’impression que c’est un premier disque, a indiqué le musicien, en entrevue. L’autre (Il, paru en 2016), c’était comme une collection de photos, de souvenirs. J’avais la tête pleine, j’ai donc installé des micros et j’ai sorti tout ce qu’il y avait. Ç’a fait boule de neige, alors que je n’avais jamais eu cette intention-là. »

La pression, après avoir lancé un disque qui a fait de lui l’un des pianistes les plus en vogue de sa génération et qui lui a valu une mention de la part du magazine Time, qui a inclus Il dans son top 10 des meilleurs albums de 2016, est bel et bien présente.

« Je suis marqué par beaucoup de compositeurs classiques qui se renouvellent à chaque œuvre. Il y a beaucoup de contemporains, aussi, comme Radiohead. À chaque album, ils me surprennent. Je ne me compare pas à eux, mais j’aimerais me renouveler comme ça aussi. Je le fais d’abord et avant tout pour moi. »

Salle d’exposition

Comme ce fut le cas pour son premier disque, l’artiste ne s’est pas enfermé dans un studio « à mille dollars la journée » pour créer sa nouvelle offre, qu’il défendra sur scène à compter de la fin juin.

Ce dernier a plutôt accepté la proposition des Pianos Bolduc, qui l’ont invité à venir enregistrer ses compositions sur ses instruments, dans la salle d’exposition de leur boutique du boulevard Saint-Laurent, à Montréal.

« Ils m’ont dit : voici les clés, voici le code, tu viens quand tu veux, nous a relaté le musicien. Nous y sommes donc allés huit soirs de file. Chaque toune est jouée sur un piano différent. »

Improvisation

Pour chacune des dix pièces qui se retrouvent sur son disque, Jean-Michel Blais dit avoir essayé « 50 pianos ».

« Ça changeait tout le temps, parce qu’il y en avait qui partaient en location et il y en avait qui se vendaient. Parfois, j’arrivais et le piano que je voulais n’était plus là. Donc, j’étais vraiment dans l’impro, dans le spontané, dans le présent », a expliqué l’artiste, qui se plaît à fuir les ambiances aseptisées, en concert comme en studio.

« À la fin de la chanson Forteresse, on entend le bruit d’une serrure et c’était vraiment l’une des vendeuses qui quittait le magasin. Je me suis dit que l’album allait commencer au moment où la boutique ferme, à ce moment-là où ils ferment la lumière, a-t-il ajouté. L’album, pour moi, en est un très nocturne, qui commence justement au moment où l’on ferme la lumière, le soir, pour plonger vraiment en soi. C’est ce que j’ai voulu représenter. »


♦ L’album Dans ma main est présentement en vente. Toutes les dates de concert se trouvent à l’adresse jeanmichelblais.com.