Le disquaire le plus vieux tient le coup | Le Sac de chips
/harddrive

Le disquaire le plus vieux tient le coup

SHERBROOKE | Lorsque le disquaire Musique Cité a ouvert ses portes au centre-ville de Sherbrooke en 1958, les Beatles et les Rolling Stones n’existaient pas et Elvis Presley venait de lancer sa carrière. Le plus vieux disquaire indépendant du Québec fête ses 60 ans aujourd’hui.

Sans la passion et la détermination du propriétaire depuis 2015 Jean-François Ouimet et de Sylvain Lecours qui a été propriétaire entre 1992 et 2015, Musique Cité aurait fermé depuis longtemps.

« Le marché est fragile et c’est un combat de tous les jours pour demeurer ouvert », admet M. Ouimet.

Mais le petit disquaire du centre-ville de Sherbrooke connaît un second souffle dernièrement grâce au regain d’intérêt des gens pour les vinyles. Le chiffre d’affaires a doublé dans les derniers mois grâce aux 7000 vinyles qu’il y a sur les tablettes. Mais la situation demeure précaire.

Lorsqu’il a parlé à son entourage de son intention d’acheter le magasin dans lequel il y travaillait depuis 2007, ses amis lui ont suggéré de ne pas le faire. Le risque financier était trop élevé selon eux. « C’est la passion qui me drive et je ne fais pas ça pour l’argent », a dit M. Ouimet.

Sylvain Lecours, qui a été propriétaire entre 1992 et 2015, a travaillé extrêmement fort pour ne pas mettre la clé dans la porte. « Mes employés gagnaient plus d’argent que moi », se souvient-il.

Fragilisé par l’internet

Dans les dernières années, presque tous les disquaires de Sherbrooke ont fermé leurs portes en raison de la concurrence de la musique en continu sur internet. Musique Cité ne fait pas exception et est passé à deux doigts de la fermeture en 2010.

« La solution logique aurait été de fermer, mais je ne voulais pas le faire parce que je réalisais mon rêve de ti-cul, celui d’avoir mon magasin de musique », a dit M. Lecours, qui avait même fait une vente de fermeture avant de changer d’idée et de garder le magasin ouvert.

Normand Gaumond, 83 ans, est bien content de voir des jeunes se passionner pour le commerce qu’il a lancé en 1958 et qu’il a tenu à bout de bras pendant 34 ans. Il se souvient avoir ouvert le magasin parce que le seul disquaire de Sherbrooke à l’époque préférait embaucher des femmes parce que leurs salaires étaient moins élevés.

« Je me suis dit qu’il n’allait pas être le seul disquaire en ville », a répondu l’octogénaire lorsqu’on lui a demandé pourquoi avoir ouvert son magasin de disques.

Se tourner vers l’usagé

Pour assurer la survie du magasin, M. Lecours a diversifié son offre en incluant une section de disques usagés. Il a également changé le slogan de Musique Cité qui était « On vend que du neuf ».

Au cours des derniers mois, le propriétaire actuel, Jean-François Ouimet, a fait savoir qu’il a été en mesure de doubler le chiffre d’affaires du magasin dans lequel on retrouve environ 7000 vinyles. Il y a aussi des cassettes, des VHS et des CD.

« Les gens pensent qu’on roule sur l’or en raison du chiffre d’affaires qui a doublé, mais ça reste un marché délicat et fragile. Je ne compte pas mes heures de travail et tout peut s’écrouler du jour au lendemain », a mentionné le passionné de musique en terminant l’entrevue.

Le disque le plus dispendieux de Musique Cité s’élève à un peu moins de 400 $ et c’est celui d’Art Pepper Meets the Rhythm Section.