À 72 ans, Ginette Reno prend de nouveaux risques | Le Sac de chips
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À 72 ans, Ginette Reno prend de nouveaux risques

Sept ans après La musique en moi, la chanteuse culte et muse du Canadien de Montréal propose finalement un nouvel album.

Ginette Reno - À jamais

★★★ ½

Photo Simon Normand

Deux constats : 1, à 72 ans, on pardonnerait à Mme Reno de se mettre sur le pilote automatique pour enregistrer une nouvelle œuvre, mais 2, elle ne le fait pas et c’est tant mieux pour elle et ses admirateurs.

Constance et risques

Tout d’abord, l’évidence : Ginette Reno est toujours aussi en voix (ça s’entend, par exemple, sur Je n’ai pas vu passer le temps où elle multiplie les envolées).

Musicalement, Mme Reno demeure en terrain connu.

Les mélodies sont somptueuses... et tellement léchées que la richesse et la chaleur des instruments s’y perdent par moments, malheureusement. On salue, toutefois, les inspirations gospel de On ne fait que passer, pièce qui ouvre le bal.

Côté textes, l’artiste prend quand même quelques risques à souligner.

Pour La grosse – saviez-vous que c’est un de ses surnoms en France ? WTF, en effet ! –, la dame a littéralement commandé ses paroles à des auteurs en proposant moult pistes qu’elle avait couchées sur papier auparavant. En cette ère où la grossophobie est dénoncée, cet extrait hautement personnel est donc incroyablement d’actualité.

Pas de hit ? Pas de problème !

À défaut de compter sur une chanson ou deux à la Fais-moi la tendresse ou Ne m’en veux pas – donc, un tube qui jouera à la radio jusqu’à la fin des temps –, À jamais demeure un album agréable, voire surprenant, d’un bout à l’autre.

Oh, et aussi à souligner : le livret est riche en confessions de la principale intéressée !

Gilles Vigneault - Ma jeunesse

★★★ ½

Photo courtoisie

Décidément, c’est la semaine des monuments de la musique québécoise. Gilles Vigneault propose ici une relecture intimiste et captivante de ses succès. Dès les premiers instants de La danse à St-Dilon, qui ouvre – vous l’aurez deviné – l’album, le ton est donné : Vigneault rigole malgré la fatigue, visiblement amusé de reprendre, des décennies plus tard, son matériel. Si le temps fait son œuvre, la flamme demeure vibrante. Sa nouvelle version de Les gens de mon pays – toujours aussi émouvante – vous en convaincra.

Ariane Moffatt - Petites mains précieuses

★★★★

Photo courtoisie

Trois ans après 22 h 22, la productrice et autrice-compositrice-interprète sort de studio avec un sixième album surprenant qui nous entraîne là où on l’espérait pas. Si l’artiste est davantage associée à des sonorités plus électro, elle revient à la charge ici avec une direction musicale plus chaleureuse, à cheval entre l’approche pop très seventies de l’école Fleetwood Mac et les ambiances vaporeuses eighties bardées de claviers fort appréciées des nostalgiques de Gary Numan (sans toutefois singer ni l’un, ni l’autre). Bref, c’est très, très, très bon.

Monsieur Mono - Le grand nulle part

★★★

Photo courtoisie

Auteur-compositeur-interprète (Possession Simple, Les Chiens) et réalisateur émérite (pour Roi de rien de Michel Rivard, par exemple), Éric Goulet revient à son projet solo une décennie après avoir lancé Petite musique de pluie, son second album. À une époque où plusieurs optent pour un folk flirtant avec le symphonique, Goulet insiste pour une approche plus minimaliste et c’est tant mieux. Bien que sans surprise, Le grand nulle part demeure un très bon disque qui plaira aux inconditionnels de Monsieur Mono. Conseil d’ami : n’écoutez pas Confession d’un homme laid en public. C’est à se vider de ses larmes.

Coup de coeur


Elvis Costello & The Imposters - Look Now

★★★ ½

Photo courtoisie

Bonne nouvelle : ce n’est pas un cancer de la gorge (aujourd’hui opéré) qui forcera Elvis Costello à prendre sa retraite. On ne va pas se leurrer, le bonhomme ne livre pas ici son magnum opus, mais Look Now demeure très intéressant et quand même énergique à souhait. Au programme : un amalgame de rock très british (les nostalgiques de son classique Armed Forces [1979] devraient adorer) et de ses collaborations à l’eau de rose avec Bacharach. Un peu de tout pour tout le monde, quoi !

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