Pierre Harel vous parle de ses liens avec Woodstock | Le Sac de chips
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Pierre Harel vous parle de ses liens avec Woodstock

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Photo originale: AFP

Dès le départ il me semblait important d’établir la différence énorme, malgré la qualité indiscutable de notre festival québécois de Woodstock en Beauce, entre notre événement donc, et le Festival de Woodstock de Bethel aux États-Unis.  

Ce festival, le tout premier de cette envergure, a réuni plus de 500 000 personnes durant quatre jours consécutifs de musique continuelle. 

Pour commencer, allons voir du côté de Woodstock en Beauce de quoi il s’agit 

«Woodstock en Beauce est un festival qui se tient chaque année sur les terres de Saint-Éphrem-de-Beauce et de Sainte-Clotilde-de-Beauce», note-t-on sur le site officiel de l'événement

«Des spectacles sont présentés en journée et se poursuivent jusque tard la nuit. Tous les festivaliers sont invités à dormir sur le site puisque ce dernier est aménagé pour recevoir des milliers de campeurs. Le Woodstock en Beauce a bâti sa bonne réputation grâce à l’ambiance de paix, qui lui vaut d’ailleurs son célèbre slogan de "fun en paix", et aussi grâce à la qualité et à la renommée des artistes invités chaque année. Inspiré du Festival de Woodstock, il a été créé par Jacques Hamel en 1995».  

26 ans plus tard que le Woodstock originel, il est toujours là.  

Voyons maintenant ce qui se dit concernant le premier Woodstock  

«Le Festival de Woodstock a été un festival de musique et un rassemblement emblématique de la culture hippie des années 1960, organisé à Bethel sur les terres du fermier Max Yasgur aux États-Unis, à une cinquantaine de miles au sud-ouest de Woodstock dans l'État de New York. C'est un des plus grands moments de l'histoire de la musique populaire, classé par le magazine Rolling Stone parmi les 50 moments qui ont changé l'histoire du rock'n'roll», résume-t-on sur Wikpedia. 

Voici la prestation de White Rabbit par Jefferson Airplane... 

Puis Jimi Hendrix et son célèbre Star Spangled Banner... 

Enfin, la très regrettée Janis Joplin... 

En août 1969 

Au moment où se déroulait le Festival de Woodstock dans l’État de New York, j’étais à Saint-Marc-sur-le-Richelieu, en tournage du long-métrage Entre Tu et Vous de mon ami Gilles Groulx pour le compte de l’ONF. 

J’y tenais le seul rôle masculin alors que sept charmantes jeunes femmes y avaient chacune un rôle ayant rapport avec une situation particulière de la vie de couple. 

Nous y étions donc depuis deux semaines déjà lorsque par un petit matin plein de soleil, alors que la végétation encore toute fraiche d’une nuit d’août exultait de plénitude verdoyante, je pris la A20 vers Montréal en direction de l’ONF afin d’aller récupérer mon chèque de paye que la directrice de production, arrivée la veille, avait oublié sur son bureau. 

J’avais à peine parcouru deux kilomètres, que j’aperçus des randonneurs le pouce en l’air au bord de la route. 

Un gars et une fille dans la jeune vingtaine, hâlés, maigres, énormes sacs-à dos bardés de gamelles, d’une mince tente roulée finement, de sleeping bags, de bottines, ponchos en plastique, lanterne, enfin, tout le fourbi nécessaire à un camping prolongé dans la nature.  

J’arrêtai et les fit monter dans la Peugeot 404 que m’avait prêté mon ami Gilles pour ce voyage aller-retour impromptu. 

Ils arrivaient tous les deux d’un petit village nommé Bethel aux États-Unis où se tenait un festival nommé Woodstock, et y avaient campé durant une semaine avec des centaines de milliers d’autres festivaliers. 

«C’était too much man! Too much! Tous les grands groupes y étaient, Jimy Hendrix, Janis Joplin, et ça n’arrêtait pas, man, jours et nuits man! On a presque rien mangé! Aye! Y’avait pu d’bouffe dans les magasins! Trop de monde! Pas dormi! On est fatigués man! Marci de nous avoir embarqué on a passé la nuit à faire du pouce et personne n’arrêtait! T’es au boutte du boutte man! T’aurais pas deux cigarettes?»  

Arrivé à Montréal 

Je les descendis au carré Saint-Louis et poursuivis ma route vers Côte-de-Liesse. 

Les deux moineaux n’avaient pas arrêté de parler de tout le trajet, extasiés qu’ils étaient d’avoir été témoins d’une révolution socio-culturelle carburant au «weed’n’grass» et à la mescaline, certains que les choses allaient changer, même au Québec, et que plus rien ne serait pareil sous les effets fraternisant de ce grand courant international de prises de pouvoir par les jeunes. 

Nous étions en 1969. Qu’en est-il aujourd’hui? 

En terminant voici une cocasserie 

En 1972, alors que nous étions à la recherche d’un système de son pour notre show d’Offenbach à l’oratoire Saint-Joseph de Montréal, nous fumes contraint de louer celui de Woodstock puisqu’il n’y avait rien de disponible au Québec. 

Ce fut un énorme désastre qu’on n’entend cependant pas sur le disque live puisqu’il s’agissait d’une prise de son directe, indépendante de la salle.  

À cause de la puissance des quatre gigantesques boites bourrées de speakers, conçues pour un show en plein air, nous avons dû jouer et chanter sous la contrainte de 13 secondes d’échos, chaque seconde se superposant par-dessus la précédente pour créer une bouillie sonore où les notes se répétaient presque à l’infini.  

Je lève bien haut mon chapeau à mon ami et comparse, Jean Johnny Gravel, qui a su tenir et livrer, ce soir-là, un solo remarquable dans Dies Irae Dies Ira, malgré l’affolante complexité sonore ambiante. 

Bonne semaine!

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