Le Sac de chips | De Loretta Lynn et Wanda Jackson jusqu’à Brigitte Boisjoli
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De Loretta Lynn et Wanda Jackson jusqu’à Brigitte Boisjoli

Quatre ans après s’être distinguée sur scène et sur disque en saluant l’œuvre de Patsy Cline (et deux ans après un coup de chapeau à Plamondon), Brigitte Boisjoli poursuit ses hommages en revenant au country avec cette compilation de reprises de classiques tout d’abord interprétées par des battantes du genre (dont Loretta Lynn, Tammy Winette et j’en passe).

Brigitte Boisjoli

Photo courtoisie

★★★

Women

En se frottant à de telles immortelles, Boisjoli et son entourage invitent évidemment les comparaisons... et ces dernières s’amplifient, d’ailleurs, tant Women demeure collé aux versions originales.

Outre un dépoussiérage en règle et la voix si distincte de Boisjoli, on prend très peu de risques sur Women pour se distinguer des premiers enregistrements archi connus. Ou, lorsqu’on ose finalement, c’est souvent par un stratagème répétitif : émouvoir à tout prix.

Ainsi, si la refonte de Stand By Your Man s’avère réussie, The End Of The World se fait un peu trop émotionnel.

Idem pour Rose Garden, trop sirupeuse avec ses violons.

À mon humble avis, du moins.

LA QUESTION À 100 $

Pourquoi investir dans cette œuvre si ces pièces sont si près de ces chansons immortelles maintes fois entendues et sûrement déjà dans la discographie du public cible ?

Une tentative de réponse : pour la démarche, surtout.

CHANTEUSE ET PORTE-PAROLE ?

Bien que les initiatives pour mettre en évidence le pan féminin du country se multiplient, elles ne sont pas encore légion.

Qui sait, Boisjoli tient peut-être ici le premier tome d’une série qui pourrait la mener à reprendre d’autres ambassadrices américaines, voire de grandes Québécoises de ce style musical.

Dans cette optique, Women s’avère un peu plus intéressant.

Artistes variés

Photo courtoisie

★★★★

Serge Fiori, Seul Ensemble

Trame sonore du fameux spectacle du Cirque Éloize inspiré de l’œuvre de la légende vivante, Seul ensemble est – essentiellement – des relectures de classiques de Fiori signés par un trio de talent (Louis-Jean Cormier, Alex McMahon et Guillaume Chartrain). Or, cette trame sonore pour trapézistes se prête aussi bien aux attentes des mélomanes ! Définitivement moins folk psyché « granoles » que les versions originales, les « reprises » offertes ici sont osées et cohabitent bien avec le matériel original. Un bel exercice de style, donc.

Stefie Shock

Photo courtoisie

★★★½

Le fruit du hasard

Le retour qu’on n’attendait plus ! Stefie Shock souligne 20 ans de carrière avec un nouvel album pop tantôt jazzy, tantôt électro et – surtout – satisfaisant. À souligner : un Shock tout particulièrement en forme, livrant une collection de pièces où les écueils sont rares. Aussi à souligner : la superbe adaptation – en français ! – de Bye Bye Bye de Plants & Animals livrée ici en compagnie de Sonia Cordeau. Le duo s’approprie ce désormais classique avec brio. Bien joué !

Weezer

Photo courtoisie

★★

The Black Album

Quelques semaines après avoir déçu avec un album de reprises qui semble avoir été enregistré sur le pilote automatique, le triste sire du rock se casse la gueule à nouveau avec un LP pop tellement destiné à la masse qu’il en devient impersonnel. Bien qu’on applaudit le « risque », l’exécution est déprimante. Avec ses textes cruellement insensés et ses mélodies qui semblent vouloir accrocher un dénominateur commun illusoire, The Black Album semble être le fruit d’une quelconque intelligence artificielle plutôt qu’une production d’un groupe de musiciens chevronnés. Misérable.

Coup de coeur

SOLANGE

Photo courtoisie

★★★★

When I Get Home

Après s’être finalement défait du titre de « la sœur de », Solange poursuit sa démarche RnB délicieusement champ gauche avec un quatrième album exigeant (autant pour l’artiste que pour ses auditeurs). Si vous aimez déjà la chanteuse, foncez. Pour les autres mélomanes, remontez peut-être jusqu’à True (2012) avant de vous lancer. Seul bémol (qui n’en est pas vraiment un en fin de compte) : sans nécessairement être une suite à A Seat At The Table (2016), When I Get Home a plusieurs atomes crochus (les thématiques abordées, les références jazz et rap houstonien, etc.) et ne profite donc pas de l’effet de surprise de cette œuvre précédente. Il s’apprécie donc davantage au fil des écoutes.

 

 

 

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