Mononc’ Serge recycle mieux que plusieurs artistes | Le Sac de chips
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Mononc’ Serge recycle mieux que plusieurs artistes

Bien que la pratique – commettre un album de reprises – est de plus en plus populaire, elle demeure tout de même stigmatisée auprès de plusieurs mélomanes.

Mononc’ Serge

Photo courtoisie

★★★★

Réchauffé

L’inquiétude était donc de mise lorsque l’imprévisible Mononc’ Serge annonçait sur ses réseaux sociaux que son prochain disque en serait un de « covers » (d’où le titre, évidemment).

Une fois le bouton play enfoncé, toutefois, les doutes volent en éclats. Ouf.

REFONTES MUSCLÉES

Plutôt que de reprendre ses plus grands succès, Mononc’ opte pour une sélection aussi bigarrée qu’intéressante.

Ainsi, il revisite autant Paris keupon (tirée de Pourquoi Mononc’ Serge joues-tu du rock’n’roll ? [2013]) que la chanson Casserole (autrefois connue sous le doux titre Je chante comme une casserole et entendue sur... l’album homonyme des Colocs [1993]).

Seule constante : ces réinterprétations sont plus musclées que les originales, sans toutefois emprunter la tangente heavy de son projet L’Académie du massacre.

Au passage, Serge Robert ne se contente pas de tronquer des titres. L’auteur-compositeur-interprète remet également à jour certains de ses textes (Le lac St-Jean).

De plus, il offre une nouvelle toune : le brûlot sympathique Rentrez don’ chez vous. Vous l’aurez deviné au titre, elle clôt l’œuvre.

UN BEL EXERCICE DE STYLE

Sans révolutionner le genre qu’est maintenant la reprise, Serge Robert s’en empare et s’amuse avec.

Si la plupart des albums de covers sentent l’opportunisme à plein nez, Réchauffé, lui, pue le fun à jouer en band !

Comme dans un film

Photo courtoisie

★★★½

La Lune est passée par ici

Nouveau projet mené par les musiciens et comédiens Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant, Comme dans un film porte son nom comme un étendard. Vous l’aurez deviné, la musique du collectif – du folk rock souvent à la croisée des chemins entre la pop et le post-rock – est à l’image de bon nombre de trames sonores : atmosphérique, ambitieuse et un brin poseuse. L’interprétation de Blais est parfois ampoulée et demande quelques écoutes pour s’y habituer. Bref, une première carte de visite convaincante. Vivement la suite.

Nicola Ciccone

Photo courtoisie

★★½

Le long chemin

L’auteur-compositeur-interprète revient de loin. Ça se lit dans le livret et ça s’entend également sur cette douzaine de chansons pourtant lumineuses, peut-être en réaction à son propre malheur. On retrouve toutefois Ciccone en terrain connu, mais fort apprécié de ses fans. Ainsi, le chanteur de charme aborde les petits et grands déboires de monsieur et madame Tout-le-Monde (mortalité, surmenage, etc.). C’est louable, certes, mais c’est tellement joué gros – autant en musiques qu’en textes et interprétation – qu’il est difficile de s’y attacher. Pour les inconditionnels, donc.

Karen O & Danger Mouse

Photo courtoisie

★★★

Lux Prima

L’une est la leader du groupe indie rock séminal Yeah Yeah Yeahs. L’autre a notamment collaboré avec Gorillaz, Red Hot Chili Peppers et The Black Keys. Lux Prima est un choc de titans... qui laisse toutefois sur sa faim quelques mélomanes. Outre quelques rares pièces – dont Drown, Redeemer et Woman et qui pourraient se trouver au sein du répertoire des YYYs –, Lux Prima est comme la version post-rock de Narcisse : majestueux, éthéré, voire à la limite de la taciturnité. Le duo est si absorbé par sa proposition – en dents de scie – que certains auditeurs se sentiront de trop à l’écoute de l’œuvre.

Coup de coeur

AMERICAN FOOTBALL

Photo courtoisie

★★★

American Football

Cette semaine, le coup de cœur pourrait être remplacé par l’étiquette péché mignon. Bien que le second LP depuis le « retour » du groupe emo culte en 2014 n’est pas renversant (c’est sensitif, évidemment, mais aussi cruellement mou), il demeure agréable et complète bien leur album précédent (2016) qui se voulait plus « lumineux » et énergique. Comme toujours, les nostalgiques de The Promise Ring et les fans de The World is a Beautiful Place and I am No Longer Afraid to Die apprécieront.

 

 

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