Dramatik en duo avec Dan Bigras n’est qu’une des surprises retrouvées sur son nouvel album | Le Sac de chips
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Dramatik en duo avec Dan Bigras n’est qu’une des surprises retrouvées sur son nouvel album

Joueur de la première heure au sein du rap québécois, Dramatik pourrait bien tenir ici le fameux album qui lui permettrait de rejoindre le grand public.

Dramatik - Le phénix, il était plusieurs fois

★★★ ½

Photo courtoisie

Du moins, c’est l’impression que les premières écoutes de son nouvel album laissent.

Le cas Bigras

Un des ponts vers la masse populaire est, évidemment, Épicentre jeunesse, son duo avec Dan Bigras.

Au-delà, du sujet d’actualité (miné par quelques raccourcis) et de l’engagement social admirable de ces deux artistes, la pièce s’avère sirupeuse à outrance, malgré les bonnes intentions des compères.

J’veux dire, elle est littéralement appuyée par un solo de violon !

Construire des ponts

Outre ce « compromis », Dramatik livre tout de même à un exploit : rassembler les amateurs du « rap actuel » et du « rap d’antan » autour d’une même œuvre.

Debout, sa collaboration avec Ruby et Disoul (de Dubmatique !) éveille non seulement une certaine nostalgie par ses artisans, mais aussi par ses propos (on y aborde Goldorak, notamment).

Sur Ghetto Génétik (Tôme 5), qui ouvre le bal, Drama — qui demeure très actif au sein de la scène en se frottant à de jeunes loups de la ligue WordUP ! Battles, par exemple — épate avec un brûlot engagé et contemporain.

Évidemment, Le phénix, il était plusieurs fois sera un sujet de débat qui divisera les puristes des deux « camps », mais — compromis conscient ou pas — c’est surtout un disque fameux et même un viaduc enviable.

Vous cherchez une œuvre pour introduire une connaissance au rap queb’ ? Vous tenez ici un LP de choix.

Lisbonne Telegramme - Hors circuit

★★★

Photo courtoisie

Trois ans après Miroir d’automne, sa carte de visite, le binôme indie rock formé de Maritza Bossé-Pelchat et de François Dufault de The Blue Seeds récidive avec Hors circuit, la trame sonore d’un road movie tex-mex... disons. Quelque part entre Calexico et le post-rock cathartique d’Explosions In The Sky, on retrouve cet ovni dans le paysage musical francophone québécois qui plaira, notamment, aux fans de Lydia Képinski et Karkwa (oui, oui). On peut écouter et acheter l’œuvre sur lisbonnetelegramme.bandcamp.com

The National - I Am Easy To Find

★★★ ½

Photo courtoisie

20 ans après sa création, le collectif indie rock cumule succès... et clichés. Être tiré à quatre épingles, avoir le spleen à 11 et ainsi de suite. Or, il se passe « de quoi » sur I Am Easy To Find. Un désir de brasser la cage, qui sait ? Un regain d’énergie, du moins, après un septième LP (Sleep Well Beast, 2017) à combustion lente. Aussi à noter : des interprètes invités, une chorale et même un court-métrage accompagnant le disque. Bien que le nombre de pistes (16 !) peut surprendre, on ne s’ennuie pas... et ça vient de quelqu’un qui n’est vraiment pas un fan de The National en plus.

King Abid - Emerikia

★★★ ½

Photo courtoisie

Bien que le genre « musique du monde » est plutôt nébuleux, ça demeure le raccourci de choix pour étiqueter l’œuvre de King Abid. Bref, « le roi esclave » n’est pas barré et propose un véritable tour du monde où, tel un Carmen Sandiego musical, il glane de l’électro ici, des rythmiques dancehall et reggaeton là puis des collaborations avec des rappeurs locaux dont Robert Nelson et Eman pour ne nommer que ceux-là. Outre quelques camouflets (Harissa, notamment, qui est à limite amusante sans plus), Emerikia est diablement accrocheur et risque de résonner sur bon nombre de terrasses cet été.

Coup de coeur


The Get Up Kids - Problems

★★★

Photo courtoisie

1999 : le collectif missourien devient emblématique du genre emo avec un second LP triturant le mal-être de l’adolescence. 2019 : le combo — et ses fans — se retrouvent (huit ans après le couci-couça There Are Rules) pour un sixième album abordant les mêmes problématiques. Bien que, musicalement, c’est prévisible à souhait (quoique plus énergique qu’espéré), Matt Pryor et les autres kids ne s’entêtent plus à séduire le public de l’heure et préfèrent maturer avec les ados dans la trentaine qui s’accroche à leurs strophes et rythmiques depuis des décennies. Grand bien leur fasse... et à nous aussi, d’ailleurs.

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