Madonna lance son meilleur album depuis un méchant bail! | Le Sac de chips
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Madonna lance son meilleur album depuis un méchant bail!

Accalmie estivale oblige, les parutions ralentissent alors que plusieurs artistes lorgnent davantage les scènes de festivals que les lancements d’albums. Certains finfinaudes et finfinauds, dont Madonna dans le cas présent, en profitent donc pour dévoiler du nouveau matériel sans grande compétition.

Madonna - Madame X

Photo courtoisie

★★★★

Si le stock d’été fait souvent office de pétard mouillé (« la chanson de l’été » étant lancée et marketé des mois avant le début de la belle saison), la Madonne surprend en livrant un disque étonnant.

Une chouette remontée

Dans un nouveau creux depuis le début des années 2010 avec un doublé d’albums satisfaisants, sans plus (MDMA en 2012 puis Rebel Heart en 2015), Madonna se réinvente ici en s’inspirant autant de la culture portugaise (elle habite maintenant Lisbonne) que de la fameuse Madame X, un personnage — une révolutionnaire borgne, en fait — créé pour le LP.

Vous l’aurez deviné, l’artiste délaisse ses inclinaisons pour le dancefloor pour des mélodies plus rythmées et latines. Virage quand même étonnant lorsqu’on constate que ses acolytes des dernières années, les producteurs Mirwais et Mike Dean, sont toujours de l’aventure.

Pop oblige, Madonna flirte également avec le trap (la présence du rappeur Quavo, du combo Migos, en témoigne) et s’en tire bien.

Imprévisible, et c’est parfait ainsi !

Au-delà de l’effet-surprise, la chanteuse démontre bien qu’elle a conservé le flair qui en a fait l’icône qu’elle est avec cette Madame X aussi imprévisible qu’appréciable.

Pour celles et ceux qui croyaient Madonna dépassée (j’étais du nombre), la dame a encore moult bottes secrètes. Tant mieux !

The Raconteurs - Help Us Stranger

Photo courtoisie

★★★★

Pour son troisième album, le projet mené par Jack White délaisse (un brin) ses propensions blues hyper présentes sur Consolers of the Lonely — paru il y a plus d’une décennie déjà ! – pour un rock seventies qui devrait plaire, notamment, aux fans de Queen et de Led Zep. Bien que Help Us Stranger transpire l’exercice de style, le plaisir du quatuor — hyper talentueux, rappelons-le — est incroyablement contagieux... et ça vient de quelqu’un qui ne capote pas tant sur Jack White en plus. À écouter !

Jacques Kuba Séguin - MiGRATIONS

Photo courtoisie

★★★ ½

Album qui, bien malgré lui, arrive à point considérant le climat social actuel, MiGRATIONS, du trompettiste Jacques Kuba Séguin, est inspiré de jasettes entre l’artiste et « gens de différentes communautés culturelles habitant ou ayant immigré au Québec », indique-t-on dans le communiqué accompagnant l’œuvre. Parution jazz délicieusement imprévisible, MiGRATIONS invite autant à l’écoute active qu’à se laisser porter par le parcours proposé par Séguin. Celles et ceux qui ne tripent pas habituellement sur la note bleue (dont moi) devraient tendre l’oreille !

Santana - Africa

Photo courtoisie

★★

Profitons de l’été pour s’attarder à quelques disques écartés lors de leurs lancements, faute d’espace, comme ce 25e album du guitariste culte paru au début du mois. On le devine au titre, l’artiste prolifique se serait inspiré des musiques africaines et... ça ne colle malheureusement pas, malgré la réalisation du vétéran Rick Rubin. Le projet manque tellement de cohésion qu’il en devient hétérogène. Bien qu’évocateur et ambitieux, Africa ne s’avère toutefois pas mémorable, voire agréable aux premières écoutes. Dommage.

Coup de coeur

 

Joël Martel - McEp

Photo courtoisie

★★★

Le barde du web local récidive avec un énième maxi inspiré, cette fois, par le rap électro et, surtout, de McDonald’s (oui, oui). Malgré une prémisse aux apparences délirantes et simplistes à souhait, tirons-en deux constats. Primo : le nouveau cru de Martel est incroyablement accrocheur (les 48 000 visionnements du clip minimaliste pour Le rap de Grosse Douceur cumulés à ce jour en témoignent). Secundo : l’auteur-compositeur-interprète pourrait en filigrane dénoncer une certaine aliénation. Ou pas ! En tout cas, c’est un ovni à écouter sur joelmartel.bandcamp.com.

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