Par pitié, prenons une pause des Beatles! | Le Sac de chips
/harddrive

Par pitié, prenons une pause des Beatles!

Whosampled.com – un site qui répertorie des reprises et échantillonnages musicaux – catalogue près de 9500 covers du Fab Four. Bien qu’imposante, la liste n’est pas exhaustive et ne mentionne pas, notamment, les adaptations signées par le chansonnier du coin ou encore votre oncle et sa guitare sèche près du feu de camp.

Artistes variés - Yesterday

Photo courtoisie

★★

Bref, les reprises des Beatles sont un genre en soi.

Pensez à une toune de Lennon et compagnie puis à un style musical et cette version existe presque assurément. Est-ce qu’il y a une version reggae de The Long Winding Road ? Oui et c’est Dennis Brown qui l’entonne. Est-ce qu’un groupe métal a osé se frotter à Ob-La-Di, Ob-La-Da ? La réponse est : oui... malheureusement.

Une trame sonore pour le film Yesterday – où un musicien de rue victime d’un accident se réveille dans un monde où les Beatles ont été rayés de l’histoire... ce qui lui permet de s’approprier leur catalogue – était inévitable, mais ne se distingue en rien du giron. Contrairement, par exemple, à celle d’I Am Sam (2001), par exemple, où plus d’une quinzaine d’artistes populaires de l’époque adaptait le matériel des garçons dans le vent selon leurs inclinaisons particulières.

En gros, Yesterday – l’album – regroupe les reprises chantées par l’acteur Himesh Patel (souvent trempées dans une sauce doucereuse prévisible à souhait).

Comme compagnon du long-métrage au succès critique mitigé, c’est sympathique à la limite. Comme œuvre indépendante, par contre, on nous livre ici des covers cruellement beiges.

Gens de l’industrie, j’en profite donc pour vous inviter à prendre une pause des Beatles. D’autres répertoires mythiques peuvent être explorés et capter l’attention des mélomanes. Promis. Juré !

Thom Yorke - Anima

Photo courtoisie

★★★★

Gros mois pour le leader de Radiohead ! Quelques jours à peine après avoir dévoilé les archives de l’album culte OK Computer en réponse à un voleur qui voulait extorquer le groupe, Thom Yorke enchaîne avec un troisième LP solo. Toujours épaulé par le réalisateur Nigel Godrich, l’artiste poursuit dans son fameux sillon électro champ gauche, mais Yorke étonne ici en amenant Anima dans une direction plus dansante et plus « live ». Surprenant !

Lil Nas X - 7

Photo courtoisie

★★ ½

Artiste du moment avec son succès Old Town Road qui n’en finit plus de diviser (est-ce un hit rap ? Est-ce une toune country ? Est-ce que l’étiquetage est si important ? etc.) le sympathique Lil Nas X déçoit toutefois avec ce premier maxi qui n’est pas à la hauteur du fameux tube viral qui sert ici de chanson d’introduction... et de conclusion. Le hic : 7 va dans tous les sens. F9mily et Bring U Down sont essentiellement des pièces rock plutôt molles tandis que le duo Rodeo, lui, est plus satisfaisante, mais Lil Nas X s’y fait damer le pion par son invitée Cardi B.

Mark Ronson - Late Night Feelings

Photo courtoisie

★★★ ½

Non seulement le producteur pop britannique est compétent (sa feuille de route en témoigne), mais il prouve à nouveau qu’il sait bien s’entourer. Pour son cinquième album, Ronson a autant enrôlé de grosses pointures du genre (Miley Cyrus et Camila Cabello, par exemple) que fait des choix plus inattendus (l’interprète plus alternative Angel Olsen se joint à la bande ainsi que la nouvelle recrue King Princess). En résulte une œuvre pop, évidemment, mais étonnamment sombre. Idéal pour se déhancher avec la larme à l’œil, quoi !

Coup de coeur

 

Richard Reed Parry - Quiet River Of Dust Vol. 2: That Side Of The River

Photo courtoisie

★★★ ½

Un an à peine après la parution du premier volume, l’homme à tout faire surtout connu du grand public pour les instruments qu’il manie au sein d’Arcade Fire enchaîne avec un deuxième jet dans sa série Quiet River Of Dust qui s’avère honorable. Bien que l’effet de surprise s’est dissipé, cette suite se distingue en étant moins chaleureuse que son coup d’envoi. Somptueux, certes, mais aussi un brin introverti. Les fans vont adorer. Les autres mélomanes, eux, devront multiplier les écoutes.

À lire aussi

Et encore plus