Lettre d’amour aux fans de métal | Le Sac de chips
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Lettre d’amour aux fans de métal

J’écris cette lettre comme si j’écrivais à une ex. Pas tant parce que j’ai «cassé» avec le métal. J’ai seulement divagué un brin musicalement en allant voir ailleurs.  

Mais le métal, j’y reviens à l’occasion. Parfois en compagnie de mes compagnons métalloïdes du secondaire, parfois seul chez moi pour me ressourcer.  

Il y a les polyamoureux et il y a moi, le polymélomane. J’aime pas moins le métal parce que je suis allé voir ailleurs si j’y étais. Mais j’ai besoin de revenir à mes vieux albums de Testament, Slayer, Exodus ou D.R.I. de temps en temps.  

Au-delà même de la musique, avec les années, je crois que j’aime les fans de métal plus que les fans de n’importe quel autre genre. (En même temps, je n’ai pas non plus trop observé les fans de polka... C’est sûrement du bon monde.)  

C’est sûr qu’on ne me voit pas souvent devant la scène à faire du headbangin’ aux Foufs. Ou dans le moshpit à foncer sur des inconnus pendant un show d’Anonymus. Et je ne suis pas sûr de bien maîtriser non plus tous les termes de sous-genres de métal qui existent aujourd’hui.  

Mais je voue un colossal respect à ceux qui ont gardé la «foi».  

Je vais toujours me rappeler des frénésies de mon passage dans l’univers métal comme on se rappelle de la première personne avec qui on a frenché très longtemps. 

Pourquoi? Parce que lorsque j’ai découvert le métal en secondaire deux, je découvrais que tout un monde existait en dehors des palmarès des radios commerciales.  

Pourquoi vouer une telle admiration à des poils?  

Parce que les métalleux se fichent éperdument que leur band préféré ne soit pas populaire. Ils ont passé à travers les années 90 en pleine crise du grunge où ils ont vu leur meilleurs chums devenir fans de Pearl Jam ou Alice in Chains.  

Cela dit, c’est ben correct ça aussi. Même que je fais partie de ceux qui ont remis en question leur attachement au genre en entendant Nirvana ou Sonic Youth. Je l’ai déjà dit : j’ai bifurqué en masse dans mon parcours de fan fini de musique. Et c'est pas terminé... Loin de là!  

Mais un métalleux, un vrai, ça n’attend pas la reconnaissance des masses pour s’intéresser à un groupe ou à un nouveau son.  

Un métalleux n’a pas besoin qu’un guitariste ou un chanteur passe à la télé pour parler de sa nouvelle réalité de papa pour s’intéresser à lui.  

Les métalleux aiment leurs bands pour leur musique. Aussi, accessoirement, pour les sensations fortes, le défoulement et un brin d’agressivité bien sublimée j’imagine.  

Les métalleux ne se seraient pas fait avoir non plus par les chimères du Fyre Fest. Parce qu’ils n’ont rien à cirer des tentes V.I.P. ou de Kim Kardashian.  

Ils n'ont rien à cirer des hashtags insignifiants des festivals branchés où on commente plus la tenue des festivaliers et des festivalières que les groupes présents.  

Leur authenticité dégage quelque chose de beau. Qui n’est pas affectée. Ils n’attendent jamais le hype, le buzz. Ils ne soucient pas de l’avis des trendsetters pour rester dans les anglicismes.   

Certes, il y a sûrement des poseurs dans le lot de ces mélomanes souvent chevelus. Autant chez les exécutants que chez certains pseudo-fans. Mais ils ne sont pas légion. Il est plutôt rare qu’on fait semblant d’aimer le métal. On aime ou on aime pas.  

À la fin du documentaire Journey of a headbanger’s, le réalisateur Sam Dunn dit que ce n’est pas vraiment grave si le grand public n’embarque pas dans le trip métal. C’est correct de rester dans la marge pour pouvoir continuer à écouter de la musique sans s’intéresser à la sensation du mois.  

Et pour avoir compris ça, fans de métal, je vous aime.  

P.S. La semaine prochaine, je vous offre ma lettre d’amour aux fans de country pour les mêmes raisons. Je vais changer les noms Testament ou D.R.I. par Paul Daraîche ou Guylaine Tanguay.  

 

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