À la défense des hommes qui «pissent assis» comme moi | Le Sac de chips
/unbelievable

À la défense des hommes qui «pissent assis» comme moi

Depuis quelques jours, j’ai l’impression que mon espèce est sous attaque. 

Par espèce, je parle évidemment des gars qui s’assoient pour pisser.

Oui, je suis un homme blanc cisgenre hétéro (la plupart du temps) de 33 ans et à moins d’avoir accès à un urinoir, quand j’urine, mes genoux se positionnent à 90 degrés (et mon corps suit).

Si vous vous êtes adonnés à l’écoute de la radio parlée d’une certaine région de la province au cours des derniers jours, vous aurez remarqué que certains tentent de vous faire croire que je suis une victime.

Que cette tendance que j’ai à ne pas me tenir face au vent quand j’urine serait le résultat d’une longue campagne sournoise menée par les féministes dans le but de démasculiniser les hommes.

«Ç’a été une victoire du féministe là. Les gars qui s’assoient, chez eux, parce que leur femme, leur mère ou leur blonde, peu importe, leur dit de s’asseoir, pour moi c’est des colonisés du féminisme. Ils sont, c’est un acte de domination et ils ont été dominés là», a mentionné Éric Duhaime en onde la semaine dernière.

Dans un segment de l’émission du Docteur Pierre Mailloux diffusée le 15 août dernier, la tendance à faire pipi assise a même été qualifiée de «castration psychologique».

Cas-tra-tion psy-cho-lo-gique.

Éric et Pierre, comment je vous dirais ben ça?

Il y a une raison simple pour laquelle mes numéros un ne se font pas à la verticale.

J’aime vraiment ça m’asseoir. 

Chaque fois que je peux me poser les fesses quelque part, j’en profite. Même si c’est seulement pour les 90 à 120 secondes que je nécessite pour vider ma vessie (certains diront que c’est long, mais j’ai une très grande vessie).

De plus, je n’ai pas le meilleur visou. Faire pipi assis fait en sorte que je n’ai pas besoin d’essuyer les gouttelettes qui se seraient retrouvées sur le côté du bol ou même par terre.

Certains diront que se soucier d’essuyer ses dégâts n’est pas non plus très masculin.

À ceux-là, je répondrai que leur vision de la masculinité est triste. Très triste.

C’est peut-être difficile à croire, mais personne ne m’a jamais ordonné, ni même suggéré de rester assis pour me soulager. C’est un choix personnel. Comme être végétarien ou refuser de conduire manuel.

Mais comme des dizaines d’autres hommes partout au Québec, je choisi de ne pas laisser mes préférences me définir.

AFP

Plutôt que d’être une caricature d’un barbu avec une chemise à carreaux qui mange du bacon, se fout de la propreté, écoute le podcast de Joe Rogan et aime lancer des haches, je pense que la vraie masculinité se distingue par le le civisme, la compassion, l’empathie et par-dessus tout, par le respect de ses propres valeurs.

À ceux qui préfèrent blâmer le grand complot féministe pour tout ce qui cloche dans le monde moderne, je vous suggère de vous asseoir une minute et de faire preuve d’introspection.

Préférablement sur une toilette.

À lire aussi

Et encore plus