Lana Del Rey livre un album délicieusement ennuyant | Le Sac de chips
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Lana Del Rey livre un album délicieusement ennuyant

Au risque de livrer un sujet amené plutôt cliché : alors qu’on multiplie les moyens de se distraire (on peut maintenant jouer à Skyrim dans la salle de bain avec une Nintendo Switch, quelle époque !), l’ennui demeure.

Lana Del Rey

Photo courtoisie

★★★★

Norman Fucking Rockwell!

Pire encore, il s’impose de plus en plus.

En 2017, le professeur en sociologie de l’université Western Ontario, Michael E. Gardiner, pilotait Boredom Studies Reader, un ouvrage compilant plusieurs réflexions sur ce champ d’études qui, selon le magazine spécialisé Affaires universitaires, était auparavant considéré à la légère.

Il en va de même pour la culture.

D’où la popularité entourant la mouvance slow tv pour relaxer qui rejoint même le Québec. V Télé, par exemple, propose des plans fixes de nature sur fond de musique vaguement porno en fin de soirée.

D’où, j’imagine, la fascination continue pour Lana Del Rey.

Deux ans après Lust For Life, qui a été bien reçu... quoique l’abondance de collaborations avec des rappeurs ait froissé quelques critiques, la chantre du spleen revient en force – bien que dans les rangs – avec Norman Fucking Rockwell !

Album épuré, faisant délicieusement écho aux grandes ballades seventies sans singer par nostalgie, ce cinquième LP signé Del Rey est aussi convaincant que sympathique (et ça vient de quelqu’un qui demeure habituellement froid aux tristesses de l’artiste). L’ennui ici est en filigrane, bien qu’assumé. Le temps passe. Idem pour les grandes émotions. Un album sage, bref.

Outre une reprise mélancolique Doin’ Time de Sublime qui fait cruellement sourire (il faut se rendre à l’évidence : Sublime n’est pas un grand groupe et ce cover tient presque de la blague), Norman Fucking Rockwell ! se prend bien avec la fin de l’été et les premières feuilles mortes.

À titre de référence : les fans de Nancy Sinatra et de Joni Mitchell, notamment, devraient tendre l’oreille.

Tool

Photo courtoisie

★★★½

Fear Inoculum

13 ans ! Les inconditionnels du groupe culte auront attendu treize années de méandres judiciaires et, évidemment, de gros « trolling » en ligne du lider maximo Maynard James Keenan pour une suite aux explorations musicales du projet rock champ gauche. Nous y voici finalement. Au programme : pièces-fleuves aussi audacieuses qu’ampoulées et, surtout, un chanteur aventureux et en grande forme. Ceci étant dit, un constat demeure : Tool propose ici un album destiné aux initié(e)s. Pour les autres, ça s’avère longuet et incroyablement prétentieux pour ce que c’est. Bref, Fear Inoculum divise et c’est le propre de l’art. Bravo alors.

Marie-Ève Laure

Photo courtoisie

★★★

Onze

Autrice-compositrice-interprète qui s’est notamment fait remarquer à La Voix ainsi que lors de vitrines comme Ma Première Place des Arts et le Festival de la chanson de Saint-Ambroise, Marie-Ève Laure propose un premier album poli dans les deux sens du terme. Optant pour un sillon déjà chargé – le folk pop vaguement éthéré en vogue –, Mme Laure en fait peu pour s’y distinguer malheureusement (c’est son premier LP, faut dire). Pour le reste, la mercenaire de concours et de spectacles démontre également toute l’étendue de l’expérience acquise à ce jour, avec un LP mature, bien fignolé et qui plaira aux amateurs de Mara Tremblay par la bande. À suivre, donc.

Missy Elliott

Photo courtoisie

★★★

Iconology

Près de 15 ans (!) après The Cookbook, son plus récent album, la rappeuse culte refait finalement surface et s’inspire peut-être de Fred Fortin en dévoilant, elle aussi, une parution surprise. À la différence du chanteur folk, Iconology est plus court et déçoit au final. Outre la durée de l’œuvre (un maxi de quatre pièces avec une version a capella d’un des extraits en prime), une certaine retenue, voire une mollesse assumée, recouvre la production. Les fans risquent de demeurer sur leur faim en attendant l’inévitable suite.

Coup de coeur

FRED FORTIN

Photo courtoisie

★★★★½

Microdose

Le chouchou lance officiellement la rentrée locale avec un album-surprise qui n’aura pas à « compétitionner » avec ses contemporains en paraissant avant la cohue et, surtout, en étant dans une classe à part. Bien que surtout associé au folk lorsqu’en solo, Fortin opte ici pour une œuvre éclatée, faisant davantage référence à ses projets collectifs (les fans de Gros Mené et Galaxie vont apprécier) ainsi qu’à ceux des autres (pour une raison que j’ignore, je sors de Microdose avec une envie sauvage d’enchaîner avec L’Heptade). Du très, très grand Fred Fortin, bref.

 

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