Pierre Falardeau le mélomane en 11 albums de sa collection personnelle | Le Sac de chips
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Pierre Falardeau le mélomane en 11 albums de sa collection personnelle

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Le cinéaste Pierre Falardeau nous quittait le 25 septembre 2009. On a parfois l’impression, tant ses paroles ont été rapportées, d’avoir tout dit sur lui.   

Par exemple, on sait qu’il admirait les réalisateurs Pierre Perreault ou Gilles Groulx. Il les aimait comme des frères. On sait aussi à quel point il aimait se référer à Camus, Miron, Neruda pour approfondir sa propre pensée dans ses écrits.    

Mais s’il y a un Falardeau qu’on connaît moins, c’est le Falardeau mélomane.    

Son fils, Jules, nous a raconté le rapport qu’entretenait son père avec la musique.    

Bilan : le Falardeau militant n’est jamais bien loin derrière le Falardeau mélomane.    

Comme le mentionne Jules, le cinéaste s’est toujours intéressé à la musique contestataire d’un peu partout.    

Et ça pouvait passer par le jazz, le country, le folk, le reggae, la musique classique et même le hip-hop.   

Comment cet intérêt pour la musique s’est-il traduit dans ses films?    

«Archie Shepp, à travers son free jazz, il faisait des odes au mouvement Black Power ou à l’émeute d’Attica. Le Steak (documentaire de Pierre Falardeau et Manon Leriche paru en 1992), au niveau musical, esthétique, ça ressemble au Free Jazz. C’est du Free Jazz qui ponctue le film», raconte Jules.    

«Pour 15 février, il avait demandé au compositeur Jean Saint-Jacques de faire quelque chose qui se rapprochait de la musique catalane de Jordi Savall.»   

«Dans Le Party, il y a une bonne influence de Folsom Prison, l’album en spectacle de Johnny Cash enregistré en prison.»  

Le père et le fils Falardeau ont même assisté à quelques spectacles ensemble :    

«Il m’avait emmené voir Plume Latraverse quand j’étais petit. C’est avant qu’il chante à la fête du Canada.»   

«Notre dernier show c’était Tiken Jah Fakoly aux Francos sous la pluie. Mon père était très malade... Mais c’est un beau souvenir.»   

Maintenant, le plat principal : une discographie du paternel sélectionnée par Jules Falardeau. Avec commentaires à l’appui.    

PUBLIC ENEMY - IT TAKES A NATION OF MILLIONS TO HOLD US BACK    

  

«Je devais avoir 5 ou 6 ans. Il (Pierre Falardeau) avait ça dans ses vinyles. J’ai commencé à fouiller et un moment donné je suis tombé là-dessus : un gars avec une casquette et un gars avec une horloge dans le cou. La première toune dit : “Show Show me what you got...” Mais moi je comprenais “Saute saute mon p’tit gars.”»    

(À noter que la copie de M. Falardeau est signée de la main même de Flavor Flav!)   

FELA KUTI - BLACK PRESIDENT    

  

«Mon père s’intéressait aux musiques contestataires d’un peu partout. Fela avait des titres de pièce comme Colonial mentality ou I.T.T (pour International Thief Thief en référence à International Telephone and Telegraph)»   

«Il était réprimé dans son pays parce qu’il dénonçait la corruption, la dictature au Nigéria. Il a été emprisonné.»    

JOHNNY CASH - AT FOLSOM PRISON    

  

  

«Mon père m’a transmis vraiment jeune l’amour de Johnny Cash. C’est la première phrase que j’ai appris à dire en anglais : “Hello I’m Jonny Cash”.»    

JEAN CARIGNAN - TI-JEAN... LE VIOLONEUX    

  

«C’est surtout les titres qui m’ont frappé : Maîtres chez nous, Le reel de l’émancipation, La polka des patroneux... C’est un virtuose. C’est connu mondialement que Jean Carignan avait une technique vraiment particulière.»    

ABBITTIBBI - BOOM TOWN CAFÉ    

  

«C’est cet album qui a inspiré mon père à aller chercher Desjardins pour Le Party.»    

SONGS AND BALLADS OF THE ANTHRACITE MINERS - ARTISTES VARIÉS    

  

  

«C’est quand même assez pointu. Tout ce qui est au niveau des ballades d’ouvriers, des chants de syndicalistes, de grève, les chansons de mineur. (...) C’est pas très surprenant de trouver ça dans ses affaires.»    

CANTO GENERAL - THEODORAKIS et NERUDA    

  

«On voit à l’arrière de la pochette le Che et Salvador Allende. Néruda et Theodorakis c’est deux géants de sa pensée. Théodorakis qui a été réprimé pendant la Grèce des colonels. Neruda qui est un des poètes de contestation les plus célèbres d’Amérique du Sud.   

Mon père a récité du Pablo Neruda en français et espagnol sur la musique d’un groupe québéco-chilien qui s’appelle l’Ensemble Acalanto.»    

VLADIMIR VYSSOTSKI - CHANSONS DES TEMPS NOUVEAUX    

  

«Vladimir Vyssotski était interdit d’enregistrer de diffusion en URSS. Il contrevenait aux normes de ce qui devait être bon en art dans l’Union soviétique.»    

«Quand on sait tous les problèmes que mon père a connus avec les institutions de financement, il devait se retrouver un peu dans l’histoire de Vyssotski.»     

«Comme un peu Le temps des Bouffons qui a circulé sous le manteau, Vyssotski jouait dans des soirées privées et les gens enregistrait clandestinement.»    

PALESTINE MUSIC OF THE INTIFADA    

  

  

«Mon père s’est toujours beaucoup intéressé à ce qui s’est passé en Palestine. Il existe d’ailleurs une vidéo de mon père qui récite Mahmoud Darwich.»   

BURNING SPEARS - LIVE    

  

«Mon père parle dans les commentaires du film Le Magra sur le DVD. Les reggaemen enregistraient avec peu de matériel par nécessité. Avec des chansons sur des militants noirs comme Marcus Garvey. Tout ce pendant-là devant intéresser mon père.»    

PIERRE-ELLIOTT TRUDEAU - PREMIER MINISTRE DU CANADA 1968-1979    

  

«Ça, c’est une belle boutade. Un vinyle de Pierre-Elliott encore emballé. Probablement qu’il a été distribué gratuitement.»    

«Tu sais la maxime de Sun-Tse, "connaître son ennemi". Il doit y avoir un peu de ça. Mais comme il l’a jamais ouvert, il devait assez bien le connaître.»    

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