J'ai passé la soirée au party de 50 ans de Lapointe. Voici mon récit. | Le Sac de chips
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J'ai passé la soirée au party de 50 ans de Lapointe. Voici mon récit.

Image principale de l'article J'étais au party de 50 ans de Lapointe

«J’espère qu’il va être en forme.»  

C’est ce que m’a lancé mon collègue et ami Mathieu Duquette à 20:05, samedi soir alors que nous étions entassés avec 2298 autres personnes sur le parterre du M Telus à Montréal.    

C'était l’anniversaire d’Éric Lapointe et nous faisions partie des chanceux qui ont réussi à s'acheter des billets pour être les premiers à l'entendre chanter alors qu’il entamait son deuxième demi-siècle.    

C’est avec les oreilles qui sifflent, la voix éraillée et la tête sur le point de fendre que j’écris les lignes suivantes, parce que oui, il était en forme. En satanée forme.    

ATTENTION: Si vous vous attendez à trouver dans ce texte des commentaires de jeunes hipsters qui aiment Éric Lapointe de manière ironique, vous pouvez arrêter de lire maintenant.   

  

  

Pendant trois heures, en plus de nous rappeler que peu d’artistes québécois ont un catalogue rempli d’autant de succès «gueulables» que lui, il nous a aussi prouvé que s’il a dû annuler quelques spectacles cet été dû à des problèmes de santé, c’était rien d’inquiétant. On a eu l’impression de se retrouver face à un Lapointe des premiers jours.     

Il portait le show seul sur ses épaules. Pas d’invités spéciaux (exception faite de Noémie Lafortune de l’édition 2018 de La Voix), pas de première partie non plus. Juste Éric Lapointe, ses chansons et un cr**** de bon band.    

  

  

Dès les premières notes de la soirée qui s’est ouverte sur L’Envie, la foule (constituée majoritairement de femmes) lui appartenait déjà.    

La salle était suintante.    

Pendant ce temps-là, sur le parterre, une dame qui s’obstinait à bloquer les escaliers qui menaient au balcon malgré plusieurs avertissements des gars de la sécurité plantait son coude pointu fermement dans mon dos. Mon «est-ce que tu pourrais ne pu faire ça s’il-te plaît» a été accueilli d’un regard vide. Quelques instants plus tard, elle s’est tassée pour laisser d’autres personnes bloquer les escaliers et se faire dire à répétition par les gars de la sécurité de se tasser.    

Mais mises à part les violations des règlements de la sécurité des incendies, le reste de ce que j’ai vu n’était qu’un gros câlin à monsieur Lapointe.    

  

  

À plus d’une reprise, Éric a tourné le micro vers la foule pour la laisser chanter à sa place. Parfois, ce move peut paraître forcé. Mais pas dans le cas de Lapointe. Il vit pour son public. Pour ceux qui lui permettent de gagner sa vie en chantant depuis la moitié de sa vie. Il veut qu’on chante pour lui. Il veut sentir qu’on est là.     

Les Molson Canadian (je suis content de pas avoir croisé Yves-François Blanchet, j’aurais été gêné qu’il me voie avec ça) descendaient bien en maudit et je suis devenu émotif. Quand les ptits gars de Lapointe sont sortis sur scène pour lui donner un gâteau, mes yeux se sont humectés et je me suis surpris à dire à voix haute: «c’est bien beau ça».    

  

  

C’était une soirée pleine de moments comme ça.     

Après pas loin de trois heures, Le Boys Blues Band a résonné dans l’ancien Metropolis. C’est pendant cette chanson que le fêté en a profité pour présenter ses musiciens. La fin du spectacle approchait.    

Ensuite, c’était Terre promise et après, les lumières se sont éteintes. Première fin du spectacle. «ÉRIC ÉRIC ÉRIC» résonnait dans la salle.    

  

  

J’aurais aimé avoir un drapeau québécois à brandir. Même le 24 juin, je me sens jamais autant Québécois.    

On a eu droit à trois autres chansons, dont N’importe quoi. Une belle fin à une belle soirée.     

Le groupe a quitté la scène, mais les lumières sont demeurées éteintes.    

«Voyons, qu’est-ce qui peut bien jouer après N’importe quoi?» m’a demandé Mathieu Duquette, me renvoyant mon propre questionnement.    

«Je suis membre viscéral...»    

«Ben non, tu peux pas finir avec Tendre Fesse», m’a crié dans les oreilles mon ami Mathieu qui avait lui aussi bu quelques Molson Canadian.    

Je l’écoutais pas. Je me préparais déjà à garrocher mon point dans les airs en criant «VIVE LE CUL».    

Pour finir le spectacle (pour vrai cette fois-ci), Lapointe a chanté «D'l'amour j'en veux pu», toujours accompagné par le grand Stéphane Dufour.    

C’est ironique parce que ce soir là, y’en a eu en maudit de l’amour.    

  

  

En quittant la place, j’ai songé m’arrêter à la table des produits dérivés pour acheter un briquet avec le tatouage de serpent d'Éric imprimé dessus, mais la file était trop longue.    

Mon boss a déjà dit «Le Québec est un Pays, Éric est son Rock» et samedi soir, Éric nous a prouvé que c’était aussi vrai que jamais.    

Bonne fête vieux fou et à tes cinquante prochaines. Je retourne prendre des Advill.    

P.S.: Au gars qui m’a crié «Heille Le sac de chips! J’vous aime!», nous aussi on t’aime.    

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