En montagnes russes avec Les Cowboys fringants | Le Sac de chips
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En montagnes russes avec Les Cowboys fringants

Grande année pour le groupe culte !

Les Cowboys fringants

Photo courtoisie

★★★★½

Les antipodes

Il y a eu la nouvelle flopée de concerts triomphaux en Europe, le spectacle du Cirque du Soleil inspiré de leur œuvre, mais aussi la compilation Le Saint-Laurent chanté [juin 2019], piloté par l’auteur et directeur artistique de leur fondation, Jonathan Harnois. Quelques mois plus tard, les Cowboys enchaînent avec un dixième album à la hauteur de leur réputation.

UN TOUR DE « MANÈGE »

Notez, tout d’abord, les guillemets.

Bien que le quatuor surprend toujours, une certaine alternance mi-aigre, mi-douce des pièces s’est imposée au fil des parutions et ce « clivage » domine plus que jamais sur Les antipodes (d’où le titre du disque, j’imagine). À défaut d’un meilleur terme, les « montagnes russes » du combo défient la gravité pour l’occasion.

La transition entre D’une tristesse (le titre du brûlot révèle la teneur du texte, en effet) et Johnny Pou, chanson à boire en devenir qui plaira, au passage, aux amateurs de Bodh’aktan, en témoigne tout particulièrement.

Bien que d’autres projets s’appliquent à la même formule, rares sont les artistes qui tissent également un fil d’Ariane aussi solide entre leurs pièces. Là où plusieurs groupes assèneraient tout un coup du lapin aux mélomanes (une chanson affligée puis *BAM !* une toune joyeuse puis *POW !* un slow déchirant, etc.). Bref, encore une fois, les Cowboys Fringants amènent leur convoi à destination sans heurt.

MUSICALEMENT PARLANT...

C’est somptueux, c’est festif, c’est ambitieux, mais aussi délicieusement triste. Du grand Cowboys !

D’accord, consacrer Les antipodes comme le zénith du projet serait un exercice cruel (et lourd en plaintes dans ma boîte de courriels), entendons-nous qu’il figure au moins parmi les meilleurs du quatuor !

Émile Bilodeau

Photo courtoisie

★★★★

Grandeur mature

Coqueluche du moment, Émile Bilodeau se distingue sur ce second jet plus mature dans son approche musicale (moins minimaliste, moins « guitare et feu de camp », disons, que sur Rites de passages) ainsi que dans ses textes. Tel que mentionné en entrevue, l’auteur-compositeur-interprète s’affranchit de son succès J’en ai plein mon cass en ciblant davantage ses irritants. Outre une petite fatigue en fin de parcours (Mont Royal, notamment), Bilodeau relève ce défi qu’est le second album en carrière.

Renée Zellweger

Photo courtoisie

★★½

Judy

Des mois après le buzz entourant Bohemian Rhapsody et autres Rocketman, le buzz pour les films biographiques de musiciens semble s’étouffer à en croire l’indifférence quasi totale pour ce drame inspiré du vécu de Judy Garland. Il faut dire que la trame sonore qui l’accompagne est mortifère malgré ses airs big band. Assommé par une réalisation fromagée et une Renée Zellweger qui peine parfois à suivre, Judy est potable, mais surtout en deçà des attentes. Dommage.

City and Colour

Photo courtoisie

★★★

A Pill for Loneliness

Non content de son statut quasi cultissime de chantre du folk à carreaux canadien, City and Colour se fait plus rock et pop sur un sixième LP qui, malgré un changement d’inclinaisons musicales, s’avère cruellement mou et liché. Écrasé par une production qui semble destinée aux radios avant les écouteurs des mélomanes, A Pill for Loneliness est un bon album malheureusement comprimé entre plusieurs filtres et compromis. Pour fans seulement.

Coup de coeur

LAGWAGON

Photo courtoisie

★★★½

Railer

Pour son neuvième disque en carrière, la vénérable troupe a non seulement renoué avec le modus operandi de ses débuts (composer puis enregistrer dans l’urgence), mais aussi avec le son qui l’a fait connaître (le skate punk flirtant également avec le metal). Du côté des textes, Cape est bien de son temps en s’inspirant de l’embourgeoisement, notamment. En gros : rien de révolutionnaire, mais ça demeure diablement défoulant !

 

 

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