L’une des sorties québécoises les plus importantes de 2019 | Le Sac de chips
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L’une des sorties québécoises les plus importantes de 2019

Parmi les maisons de disques les plus respectées en Amérique du Nord, on retrouve Sub Pop. L’étiquette américaine lancée en 1986 a notamment contribué à la montée du grunge pour avoir épaulé Nirvana à ses débuts et s’est aussi distinguée pour avoir collaboré avec des groupes cultes comme Fugazi, Sonic Youth et Modest Mouse.

Corridor

Photo courtoisie

★★★★

Junior

À cette longue liste d’artistes s’ajoute maintenant Corridor, premier groupe rock québécois francophone à rejoindre ses rangs avec Junior, un troisième album à la croisée des chemins entre l’urgence et l’expérience.

ENTRE BOURRASQUE ET GRAVIER

Enregistré en un mois et demi – entrecoupé par une tournée états-unienne de deux semaines (!) apprend-on en entrevue dans le Devoir –, Junior s’inscrit dans la présente vague de rock garage mi-graveleux, mi-éthéré, sans toutefois singer la compétition.

Si, comme le groupe l’avoue sur sa page bandcamp, Le voyage éternel (2015) et l’excellent Supermercado (2017) tanguait parfois dans la surcharge, Junior s’avère plus subtil. Ici, Corridor semble préférer l’hypnose – voire la transe – au barrage de sons.

En effet, ce troisième LP est également un état d’esprit, voire une situation curieuse. On y plane tout en s’écorchant sur la rocaille au sol.

LES ASTRES S’ALIGNENT

Est-ce lié à l’urgence de livrer la marchandise ? Est-ce inspiré de la réalisation d’Emmanuel Éthier ? Est-ce le résultat de l’expérience glanée sur la route et en studio ? Une combinaison des trois, évidemment.

Bref, les astres s’alignent et, bien malgré le quatuor, projettent une lueur d’espoir sur une scène rock alternative locale boudée par les médias depuis la montée – justifiée, on s’entend – du rap dit keb’.

De la bien belle job, bref.

Aussi à noter :

  1. je vous assure que je suis sobre tout en écrivant cette chronique.
  2. mieux vaut la lire en écoutant l’album pour tirer plus de sens de ces images.

Kim Gordon

Photo courtoisie

★★★½

No Home Record

Cofondatrice du groupe rock culte Sonic Youth, Kim Gordon tente finalement l’aventure solo et, my god, quelle gifle ! Tout d’abord, difficile de coiffer No Home Record d’une étiquette. C’est du rock sous toutes ses déclinaisons quoique l’industriel (Sketch Artist et Murdered Out par exemple) et le post-punk (Air BNB, notamment) s’y distinguent. No Home Record nous agrippe également aux tripes par sa combinaison de musiques anxiogènes et la voix pourtant chaude de son interprète. Difficile d’approche aux premiers abords, mais tout un trip !

Babymetal

Photo courtoisie

★★½

Metal Galaxy

Péché mignon de bon nombre de mélomanes hirsutes, tatoués et barbus, la formation kawaii metal Babymetal (imaginez Slipknot, mais mené par Sailor Moon pour avoir une idée du projet) prouve qu’elle n’est pas qu’un feu de paille avec ce troisième album plus concis. Soit l’effet de surprise se dissipe, soit le groupe délaisse l’approche pop à la « un ou deux succès puis du remplissage », mais il n’y a malheureusement pas de moment très fort sur Metal Galaxy (outre Oh MAJINAI qui fait sourire tant elle fait chanson à boire d’outre-tombe). En gros : on ne s’ennuie pas, mais on ne perd pas les pédales non plus. Dommage.

Third Eye Blind

Photo courtoisie

★★

Screamer

Je dois vous le confier : je me lançais dans cette écoute avec une brique pis un fanal et j’en sors un tantinet surpris. Lorsque le vénérable projet se « lâche lousse », c’est surprenant. Convenu, mais surprenant. Le combo Screamer et The Kids Are Coming (To Take You Down) - qui ouvre le bal - prend par surprise tant il est énergique, et avouons-le, accrocheur. Puis, Stephan Jenkins et sa bande se mettent en mode ballades et ça part en couille. Œuvre formatée et très en dents de scie, donc. Pour fans surtout.

Coup de coeur

GIGI FRENCH

Photo courtoisie

★★★

La boue

Éternellement imprévisible, Giselle Webber (Hot Springs, Giselle Numba One, Orkestar Kriminal) refait surface avec Gigi French, son alter ego tout aussi inclassable. Est-ce jazz ? Est-ce kitsch ? Est-ce rétro ? Est-ce punk ? Toutes les réponses semblent bonnes sur La boue, un joyeux bordel contagieux. Bien que parfois brouillon et dissipé (l’œuvre exige une oreille attentive et c’est tant mieux), le plaisir derrière s’entend et – fort heureusement – se transmet aux mélomanes. Au besoin : gigifrench.com

 

 

 

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