Dany Placard lance la course aux meilleurs albums de 2020 | Le Sac de chips
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Dany Placard lance la course aux meilleurs albums de 2020

Douze disques. Alors que bon nombre de ses congénères entreraient dans les rangs, écoulant des LP que pour accompagner des tournées estivales ou, pire encore, se lanceraient dans des albums de reprises acoustiques, en duos, en versions orchestrales, et j’en passe, Dany Placard, lui, se met en danger... encore une fois.

Dany Placard

Photo courtoisie

★★★★

J’connais rien à l’astronomie

En 12 productions solos, l’auteur-compositeur-interprète et réalisateur s’est imposé dans le folk ainsi que le rock. Un cheminement subtil, voire organique, au gré des parutions et qui nous mène maintenant à J’connais rien à l’astronomie, un opus qui – malgré son titre qui fait un brin spectacle de stand-up (mes excuses) – est foutrement concept et extraterrestre. 

Outre une savante mixture de rock, de prog, de folk et de psychédélisme seventies (sans singer ou faire dans la nostalgie), Placard et son entourage proposent également un refus du formatage incroyablement rafraîchissant. Au programme : chansons longues, complexes, bardées à l’os, qui invitent donc à l’écoute attentive, répétitive et où la fonction aléatoire est à proscrire. 

Bref, les chances d’entendre une des pièces de J’connais rien à l’astronomie entre deux ricanements d’humoristes d’émissions du matin sur les ondes d’une radio grand public FM sont plutôt minces... et tant mieux si ça se produit, en fait.

Vous l’aurez compris, ce 12e disque de Placard tient davantage de l’expérience. Pour les fans d’étiquetages, toutefois, notons que les inconditionnels des Hôtesses d’Hilaire, voire de Zappa, vont capoter ben raide. 

C’est très tôt dans l’année, mais j’ai adopté la résolution de prendre plus de risques, alors allons-y : je parie que J’connais rien à l’astronomie se retrouvera sur bon nombre de listes des meilleurs albums de 2020 en décembre. On s’en reparle dans quelques mois, donc. 

Tell Rembobinée

Photo courtoisie

★★★

Miami

Diane Tell se réinvente sur, on l’espère, une série de parutions lancée ici avec Miami, un maxi où l’illustre chanteuse pop offre en pâture la pièce-titre – retrouvée sur son album En flèche (1980) – à des artistes et producteurs québécois. Parmi ceux-ci, notons KNLO et Meryem Saci (qui reprennent ladite toune sagement, mais avec entrain) ainsi que D-Track qui utilise une boucle remixée de la chanson originale pour un rap qui, Miami oblige, mentionne Grand Theft Auto à la volée. Un projet incroyablement niché, mais surtout plaisant.

Mon Doux Saigneur

Photo courtoisie

★★★½

Horizon

Près de trois années après avoir épaté le grand public avec son premier album homonyme, le troubadour rock lo-fi surprend avec Horizon, un second jet plus fourni, plus lumineux, plus « toute », en fait. Si son offrande précédente faisait écho, notamment, au fameux Mellow Gold de Beck, Horizon – pour les fans de références – se rapproche davantage d’Odelay dans son glanage des genres (rock, mais aussi folk et country), voire de Rumours de Fleetwood Mac par son petit côté fleur bleue. À écouter !

Clay and Friends

Photo courtoisie

★★★

Grouillades

À l’image de son titre, ce nouvel EP du collectif rap local rassemble des pièces qui balancent. Faisant suite à La Musica Popular De Verdun paru l’an dernier, Grouillades se veut moins introspectif et planant, donc, mais s’avère également moins imprévisible que les parutions précédentes de Clay and Friends, le projet se cantonnant dans un seul sillon ici. Les prochains projets de la troupe s’annoncent quand même très intéressants. À écouter tout particulièrement : le brûlot OK

Coup de coeur

FUUDGE

Photo courtoisie

★★★★

Fruit-Dieu

Une drôle de dichotomie habite Fruit-Dieu, deuxième offrande à l’autel du rock de ce collectif local. En dépit de la facture stoner rock infiniment sombre, un certain plaisir de transgression émane de l’œuvre et se retrouve, au final, dans nos tympans. Bref, le leader David Bujold et ses collègues s’amusent ferme en misant gros grunge sale (Enterré vivant, par exemple) et psychédélisme doublé de pop beatlesque (comme on peut l’entendre sur la pièce-titre). Fuudge lance ici un album facile d’approche et qui ne décevra pas ses fans d’antan. Un bel exercice de funambulisme musical, donc. À titre de référence : les mélomanes appréciant Galaxie vont adorer itou.

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