Un album qui arrive (malheureusement) à temps pour Pearl Jam | Le Sac de chips
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Un album qui arrive (malheureusement) à temps pour Pearl Jam

Timing oblige, la 11e fournée du groupe culte arrive à un moment « idéal » pour lui. On le voit avec la crise actuelle (sur les réseaux sociaux, du moins), nous sommes de moins en moins tolérants au flafla et à la bullshit alors que nos parents doivent s’isoler et que nos jobs foutent le camp.  

Pearl Jam 

Photo courtoisie

★★★½  

Gigaton  

Gal Gadot, par exemple, l’a appris à ses dépens, il y a quelques jours, en publiant une reprise d’Imagine de John Lennon, réalisée en compagnie d’autres acteurs millionnaires pour inspirer la plèbe, a aussitôt été ridiculisée sur le web pour son manque de tact.  

C’est dans l’air : le monde est en pétard, avec raison, mais cherche également des repères et du réconfort.  

Un rapport de l’observatoire Alpha Data note que, globablement, on consomme moins de musique en ligne en ce moment, mais que certains genres jouissent tout de même d’une hausse d’écoute sur la Toile : le classique, le folk et les chansons pour enfants ; des baumes pour mélomanes (et parents) coincés à la maison, donc !  

Bref, Pearl Jam étant tout particulièrement en colère – et profitant aussi du statut de groupe culte –, ce « retour » est plus qu’apprécié. En prime, c’est sûrement leur meilleur LP depuis au moins deux décennies.  

UN PEU DE TOUT

Si le simple Superblood Wolfmoon, par exemple, fait écho au fameux hit Evolution (1998), Gigaton n’est pas qu’un « retour aux sources ». Eddie Vedder et ses potes expérimentent également avec des fioritures vaguement électros et pas du tout dégueulasses sur certaines chansons, dont Dance Of The Clairvoyants et Who Ever Said, un morceau de bravoure de plus de 5 minutes ouvrant le bal.  

La troupe de Seattle ne convaincra pas de nouveaux amateurs avec Gigaton, mais rassurera au moins ses fans et ira même jusqu’à surprendre ceux-ci après plus de 30 ans d’existence et, ça, c’est déjà un exploit en soi.   

Jean-Pierre Ferland 

Photo courtoisie

★★★½  

Partir au vent  

Du haut de ses 85 ans, la légende vivante étonne tant elle est en voix. Bien que le temps fasse son œuvre, l’interprétation de M. Ferland demeure intacte et même que le grain laissé par des décennies sur scène et en studio – et qui est de moins en moins subtil – ajoute un je ne sais quoi à cette nouvelle fournée de pièces où le monsieur rend hommage à des proches (un exemple : Chanson pour Félix fait référence à Leclerc, évidemment). De plus, l’artiste en profite pour se réapproprier de vieux hits. En un mot : touchant.  

Louis-Jean Cormier 

Photo courtoisie

★★★★  

Quand la nuit tombe  

D’un côté, c’est de la pop ambitieuse, mais aussi très en phase avec son époque, faisant écho à plusieurs artistes participant justement au même 100 mètres haies, au même rêve américain du principal intéressé. Fans de Walk off the Earth, Harry Styles, voire de Conan Gray, vous serez, bien malgré vous, en terrain connu. De l’autre côté, Louis-Jean Cormier surpasse des attentes déjà considérables et livre sûrement ici son meilleur album en carrière solo.   

The Weeknd 

Photo courtoisie

★★★★★  

After Hours (Deluxe)  

Pour une raison que j’ignore, je n’ai jamais accroché sur The Weeknd. Je reconnais son talent, bien sûr, pis je me suis sûrement barré le dos en tentant de danser sur Can’t Feel My Face lors d’une soirée arrosée ou deux, mais c’est tout. Faut croire que j’étais saturé de R&B branchouillarde de beaux gars aux cœurs écorchés. Mais ça, c’était avant After Hours, un album qui ne révolutionne pas son genre de prédilection, certes, mais qui s’avère incroyablement bien fait et dosé. Impossible de sauter une pièce dès la première écoute. Renversant !  

Coup de coeur  

P’TIT BELLIVEAU 

Photo courtoisie

★★★★  

Greatest Hits Vol.1  

J’ai rarement eu autant de questions en écoutant une œuvre. Est-ce une production à la « simplicité volontaire » hyper calculée (les mélomanes qui ont vu le clip pour le hit Income Tax comprendront) ? Est-ce de l’art naïf (dans le sens que peu d’artistes consciencieux auraient le réflexe de lier folk, vaporwave, bluegrass et électro pop et penser sans sortir indemnes) ? Peu importe, P’tit Belliveau offre une proposition unique en son genre. Vous aimerez ou vous détesterez solide et c’est le propre des grandes œuvres.

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