The Strokes résume bien 2020 avec son nouvel album | Le Sac de chips
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The Strokes résume bien 2020 avec son nouvel album

Soyons sincères : dans le classement des emplois essentiels en ces temps de pandémie, chroniqueur musical ne serait même pas considéré dans le recensement.  

On ne va pas se leurrer : livrer cette vitrine hebdomadaire alors que des lecteurs s’en font pour leurs familles, leurs finances, leur santé et j’en passe est un exercice de modestie. Mince consolation : les œuvres abordées ici, elles, peuvent avoir l’effet d’un baume auprès de certain(e)s mélomanes et c’est tant mieux ainsi. 

The Strokes  

Photo courtoisie

★★★  

The New Abnormal           

Ceci étant dit, et au risque d’être vache, ce qui résonne le plus de ce sixième album du groupe séminal de la fameuse mouvance indie rock, c’est son titre. « Le nouvel anormal », un jeu de mots déviant l’expression « the new normal » où une situation extraordinaire devient routinière.          

Outre ces quelques mots cernant 2020 avec une précision chirurgicale, le combo rompt un silence de sept années pour proposer un LP qui pourrait avoir été enregistré alors que le légendaire producteur Rick Rubin menace le projet de sévices quelconques.          

Bref, le cœur ne semble pas y être.           

Rock n’ mou  

L’extrait The Adults Are Talking, qui ouvre le bal, fait écho au single Reptilia (2003) bien malgré lui... ou, du moins, à une version incroyablement molle de celui-ci.          

Heureusement, Julian Casablancas et sa bande s’ajustent au fil de l’album. Bad Decision, qui arrive en mi-parcours, plaira aux fans d’I Melt With You (1982) de Modern English, injecte finalement un peu de vie dans The New Abnormal.          

Outre ces retrouvailles avec un projet un brin sur le pilote automatique, on retient justement moult clins d’œil au rock alternatif des années 80. La très fromagée Brooklyn Bridge To Chorus, par exemple, rejoindra tout particulièrement les nostalgiques de Bizarre Love Triangle de New Order.          

Sans être une immondice, on s’attendait à beaucoup mieux d’une collaboration entre The Strokes et Rick Rubin. Beaucoup, beaucoup mieux, même.          

Bermuda  

Photo courtoisie

★★★ ½  

Bermuda  

Dans ce short, on retrouve Dominique Gagnon, finissante 2019 à la prestigieuse École nationale de la chanson. Pour ce premier maxi, l’artiste et ses collaborateurs proposent une savante mixture de pop teintée de funk, de sonorités adult contemporary 80’s, voire de rap (dans l’interprétation, du moins). Imaginez un jam entre Diane Tell, Diane Dufresne et Bleu Jeans Bleu et vous aurez une bonne idée de la direction musicale de cette œuvre qui pourrait diviser. Perso, je trouve Bermuda très sympa.           

Nightwish  

Photo courtoisie

★★ ½  

HUMAN. :II: NATURE  

Cinq ans après Endless Forms Most Beautiful, le projet métal symphonique finlandais délaisse à nouveau l’univers fantastique qui l’a lancé au profit de thématiques plus contemporaines. Grand bien lui fasse, car — musicalement — Nightwish ne se met aucunement en danger. Le fameux élément symphonique sonne de plus en plus factice, voire « cheapette », et semble tenir davantage ici de la marotte que de l’ambition d’élever son genre. Comme c’est très moyen, indiquons que c’est pour les fans purs et durs.          

The Monkees  

Photo courtoisie

★★★  

The Mike & Micky Show Live  

Le titre dit tout : Micky Dolenz et Michael Nesmith déballent des hits de leur groupe The Monkees en compagnie d’aptes mercenaires devant un public conquis d’avance. Bien que l’apport des deux singes défunts se fait sentir par moments (à noter : le batteur entonne la plupart des pièces auparavant chantées par Davy Jones), la paire — qui se rapproche de l’octantaine — épate par son interprétation et son endurance. Le spectacle en est longuet, même. Une constance demeure : le charme opère toujours. Pour nostalgiques, évidemment.            

Coup de coeur  

RICKY HOLLYWOOD  

Photo courtoisie

★★★★  

Le sens du sens  

Ne vous fiez pas au nom de l’artiste. Il ne s’agit pas ici de l’album d’un acteur porno, mais bien d’un projet mené par Stéphane Bellity, batteur français bien en vue (Halo Maud, Melody’s Echo Chamber, etc.). On a donc droit à un exercice de style R&B faussement naïf, vaguement vaporwave au passage et — surtout - diablement craquant. Pour celles et ceux qui cherchaient une suite spirituelle au kitsch et jouissif Magnum (2013) de Philippe Katerine, vous êtes servis.

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