Gueuler avec Fiona Apple | Le Sac de chips
/harddrive

Gueuler avec Fiona Apple

Huit ans après The Idler Wheel..., un quatrième album apprécié par la critique et le grand public, l’autrice-compositrice-interprète refait surface avec une nouvelle œuvre diablement en phase avec son époque.  

Fiona Apple  

Photo courtoisie

★★★★★  

Fetch the Bolt Cutters  

Se libérer de ses chaînes  

En entrevue avec le New Yorker, Apple révèle que le titre de l’œuvre est tiré d’une citation de la série policière The Fall où une enquêteuse d’une unité de crimes sexuels invite un collègue à ramener un coupe-boulons pour ouvrir une porte verrouillée afin de porter secours à une victime de torture.       

Fetch the Bolt Cutters s’insère justement au sein de la mouvance #MeToo.       

Apple y dévoile l’odieux (le texte de For Her en témoigne tout particulièrement) tout en invitant à la libération, voire à la prise de parole et le met de l’avant non seulement à l’aide d’une poésie qui frappe telle une tonne de briques, mais aussi avec une interprétation légitimement pugnace, une production crue et des musiques où les percussions tonnent et s’imposent davantage.       

Terrain connu  

Nota bene pour les inconditionnels de la dame : bien qu’Apple y multiplie les chansons cathartiques (Relay en est un autre bon exemple), Fetch the Bolt Cutters n’est pas que scansions, les « ballades » I Want You To Love Me et Ladies sont des « pauses » permettant à l’œuvre de respirer en plus de rejoindre, notamment, les fans de la première heure de l’artiste.       

Bien que ces albums n’ont pas nécessairement de sonorités semblables, j’invite tout de même les mélomanes ayant apprécié l’audace et la simplicité volontaire derrière Le fil de Camille et Medúlla de Björk à tenter cette expérience qui happe et déstabilise.        

Danzig  

Photo courtoisie

★★   

Sings Elvis  

À l’image de Tiger King sur Netflix, voici la bête étrange qui pourrait rassembler les mélomanes en ces temps de confinement. Imaginez : Danzig, le vétéran punk devenu vieux grincheux notoire reprend ici le king du rock n’ roll... souvent sans passion, ni charisme (son adaptation d’One Night est psychotronique tant elle est décalée... et borderline karaoké). Bien qu’on y retrouve quelques bons moments (Danzig tente un sauvetage sur Fever, notamment), Sings Elvis captive tel un accident de voiture : c’est mal, mais on ne peut s’empêcher d’y porter attention en le croisant.       

Incubus  

Photo courtoisie

★★ ½  

Trust Fall (Side B)  

Comme son nom l’indique, ce nouveau maxi du groupe rock alternatif chouchou de 99, 9 The Buzz fait suite à un autre – le fameux Side A – paru en 2015. Bien qu’en entrevue, le leader Brandon Boyd laisse entendre que ce diptyque se voulait une façon pour Incubus de travailler en collégialité dans toutes les étapes de sa création, les deux volets de Trust Fall ne ressortent pas de la discographie du projet. Pour les fans, c’est un fix. Pour les mélomanes, c’est très moyen et – surtout – aussi mou qu’ampoulé. À streamer avant d’acheter, disons.       

TOPS   

Photo courtoisie

★★★  

I Feel Alive  

Au risque d’embourber ma boîte de courriels, l’excellentissime combo indie pop montréalais TOPS « déçoit » sur son nouvel album I Feel Alive qui semble à la fois hyper calculé et mené sur le pilote automatique. Calculé pour les échos à des valeurs sûres comme Mac DeMarco et Fleetwood Mac (déjà présents sur leurs œuvres précédentes pour ces derniers, mais exacerbées ici). Sur le pilote automatique, car le filtre cool blasé fait en sorte qu’I Feel Alive davantage de la contradiction. TOPS étant à ce point compétent, toutefois, son LP de l’heure « passe » tout de même l’examen.       

Coup de coeur  

JEAN-CHRISTOPHE LESSARD   

Photo courtoisie

★★★ ½  

Les voix levées  

Auteur-compositeur-interprète abitibien qui s’est catapulté à Montréal, Jean-Christophe Lessard frappe fort sur ce premier maxi rassemblant plusieurs collaborateurs de choix, dont la bassiste Amélie Mandeville (vue sur scène avec Pierre Lapointe), la chanteuse Myëlle ainsi que le claviériste François Lafontaine (Karkwa et une pléthore d’autres groupes). Mais qu’en est-il de l’œuvre ? L’artiste opte pour un folk rock aux textures éthérées plutôt au goût du jour. Les fans de Cormier, mais aussi de Simon Kingsbury, voire de Patrice Michaud, seront en terrain connus. Sans se distinguer de ses contemporains (et ce n’est pas une compétition, anyway), M. Lessard rejoint le peloton à vitesse grand V. À découvrir, donc.

À lire aussi

Et encore plus