Seuls ensemble avec SOMMM | Le Sac de chips
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Seuls ensemble avec SOMMM

Bien qu’Ariane Moffatt a toujours eu cette propension aux projets ambitieux, l’artiste et productrice se dépasse ici avec SOMMM, un duo où elle s’associe à DRMS (Étienne Dupuis-Cloutier, qui a notamment collaboré avec Fanny Bloom et Dumas par le passé) ainsi qu’à une pléiade d’invité(e)s aussi impressionnante qu’inattendue, allant de Marie-Pierre Arthur à FouKi.  

SOMMM  

Photo courtoisie

★★★★  

SOMMM  

Encore plus épatant : SOMMM se tient.   

FRONT COMMUN  

« Se tient » car malgré la somme des collaborateurs — et donc de leurs styles et ego respectifs —, le fil d’Ariane tissant l’œuvre demeure solide. SOMMM coule bien autant à titre d’album en soi que comme sélection de pièces s’inscrivant dans la mouvance pop actuelle flirtant avec le vaporwave (la pochette du LP en témoigne d’ailleurs) sans toutefois verser dans l’opportunisme crasse.   

Également à noter : SOMMM n’est pas que contemplation. Parmi ces chansons aussi planantes qu’ensoleillées, on retrouve quelques bombes où la pop et le hip-hop se marient bien comme Sunshine (où le collectif rap Clay & Friends intervient) ou encore Finir seule, un tube cosigné par le beatmaker Ruffsound (qui a épaulé Loud, Cœur de pirate et même Dua Lipa par le passé).   

À une autre époque, je poursuivrais en vous prévenant que ces pièces seront les hymnes des retrouvailles BBQ et partys de cuisine arrosés des prochains mois, mais — quarantaine oblige — elles s’enfileront tout d’abord en boucle sur les ondes FM et moult listes d’écoute de plateformes musicales en ligne. Ce qui est tout aussi sympathique, mais un peu moins suintant.   

De l’excellent boulot, bref !   

AWOLNATION  

Photo courtoisie

★★½  

Angel Miners & the Lightning Riders  

Près d’une décennie après son méga succès Sail, le projet rock pop AWOLNATION s’en affranchit enfin sur ce quatrième LP. Mauvaise nouvelle, toutefois : ça ne veut pas dire qu’Angel Miners & the Lightning Riders est un grand album. On salue le fait que le collectif tente de secouer son propre statu quo en faisant écho, sûrement malgré lui, à Kate Bush, Muse ainsi qu’aux plus récentes offrandes de Fall Out Boy, mais le résultat final s’avère hétérogène, voire indigeste. Sans être dégueulasse, c’est diablement sans intérêt. Pour fans surtout.   

KPLR  

Photo courtoisie

★★★  

Mises en scène  

Six ans après son premier album, le trio rock local dégaine à nouveau ses instruments pour une nouvelle proposition qui plaira, notamment, aux amateurs des différentes vagues de l’invasion britannique. À mi-chemin entre la force de frappe de Be Here Now d’Oasis, la douce folie de My Generation de The Who et la sensibilité d’Odessey and Oracle des Zombies (les claviers y sont pour beaucoup, faut dire), Mises en scène demeure tout de même une œuvre originale qui ne pue pas la nostalgie. Bien joué, donc.   

Ron Sexsmith  

Photo courtoisie

★★★  

Hermitage  

Je... je ne sais pas quoi dire. C’est un nouvel album du troubadour Ron Sexsmith. C’est, genre, son 17e en carrière. Si vous n’êtes pas déjà fan, ce n’est pas Hermitage qui va vous convaincre, tant il est dans la continuité des précédents. Ce n’est pas mauvais — loin de là — mais cette fournée s’enfilerait un peu partout dans la discographie de l’artiste. Au risque de faire surchauffer ma boîte de courriels, disons que c’est de la pop folk « sympa »... dans le sens que « c’est correct », mais — surtout — que ça s’ignore bien et que ça accompagne à merveille une tâche qui n’est pas de l’écoute attentive. Dommage.   

Coup de coeur   

THE HOMELESS GOSPEL CHOIR  

Photo courtoisie

★★★★  

This Land Is Your Landfill  

Sans vous ressasser pour une énième fois les propos de Zappa sur la critique, disons en effet que la recension musicale est une pratique nébuleuse et en voici un bel exemple. D’un point de vue « critique » (arg), cet album est « un 3 », voire « un 3,5 ». C’est du punk rock criard, sans fioritures dénonçant les niaiseries du quotidien, mais aussi les tragédies sociales (le réchauffement climatique) avec une passion, un humour et un désespoir contagieux à la AJJ et Jeff Rosenstock. Rien de très original, donc, mais The Homeless Gospel Choir vient tout de même happer un public très niché... et mon humble personne par la bande. D’où la note gonflée, justement. Rappelez-vous : on ne peut empêcher un cœur d’aimer et This Land Is Your Landfill risque fortement d’être mon béguin du printemps.

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