Le printemps peut (enfin) commencer avec Koriass et Fouki | Le Sac de chips
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Le printemps peut (enfin) commencer avec Koriass et Fouki

Quelques jours après un week-end particulièrement chaud et ensoleillé depuis le début de cette damnée pandémie, les astres s’alignent à nouveau alors que deux artistes imposants – le « vétéran » Koriass et le « jeune loup » FouKi – s’associent le temps d’un album commun.  

Koriass et FouKi   

Photo courtoisie

★★★★  

Génies en herbe  

Les attentes sont hautes, certes, mais le duo qu’on a déjà retrouvé ensemble sur deux pièces fort efficaces de La nuit des longs couteaux [2018] de Koriass (ainsi que sur All Zay de FouKi d’ailleurs) remporte tout de même ce match de Génies en herbe haut la main en compagnie d’artisans de choix, dont le beatmaker Ruffsound (qui a notamment collaboré avec Loud et Cœur de pirate en plus des deux principaux intéressés susmentionnés), ainsi que RBO par voie d’échantillonnage (eh oui).   

FUSION À LA DRAGONBALL  

Bien que l’association peut surprendre, Le tandem s’adapte et se complète sur Génies en herbe. Pas question ici d’une série de productions « featuring » l’un ou l’autre des participants qui se greffe à la pièce de façon parfois hétérogène.   

Génies en herbe, c’est la rencontre de deux écoles, d’accord, mais aussi une démonstration d’équilibrisme et de respect mutuel. Ici, pas de guéguerre d’ego et ça s’entend, tant l’œuvre est cohérente. Comme lancé par Koriass sur Bruit, seconde pièce du LP, « FouKi, c’est pas mon fils, c’est mon frangin ».   

Musicalement, Génies en herbe semble verser davantage dans l’univers de FouKi et, à défaut de meilleurs termes, s’avère particulièrement ensoleillé.      

The 1975   

Photo courtoisie

★★  

Notes on a Conditional Form  

C’est quand même particulier que la chanson la plus intéressante du quatrième album du combo pop anglais soit une introduction inspirante narrée par la militante Greta Thunberg. Puis, ça part en couille. Du rock flirtant avec le punk (People), des interludes pop aussi éthérée que vaniteuse, quelques pièces cruellement molles à saveur électro et j’en passe. Soit le projet mené par Matthew Healy se cherche, soit il veut épater la galerie. Dans les deux cas, ces ambitions volent en éclat sur cette production ampoulée, longuette, et où les accroches sont rares. Dommage.     

Alanis Morissette   

Photo courtoisie

★★★  

Such Pretty Forks In The Road  

La chanteuse canadienne revient de loin – huit années après Havoc and Bright Lights, son plus récent album – et détaille ce périple avec justesse sur Such Pretty Forks In The Road. Musicalement, Morissette et ses collaborateurs épatent rarement ici (Smiling, qui ouvre le bal, rappellera son fameux tube Uninvited à certains de ses fans, toutefois). Mais, côté textes, l’autrice-compositrice-interprète frappe fort avec des chansons qui abordent l’amour parental et la dépression post-partum, notamment, sans verser dans le pathétisme ou l’eau de rose. 

    

Jimmy Hunt   

Photo courtoisie

★★★½  

Le silence  

L’attente en valait la peine alors que, la semaine dernière, le troubadour folk prenait les mélomanes par surprise en dévoilant un album paraissant sept années après l’excellentissime Maladie d’amour. Thématiques obligent, cette trame sonore idéale pour l’automne convient également à ce printemps confiné qui invite à l’introspection, véritable cheval de Troie de cette œuvre. À l’instar de son projet rock Chocolat, Hunt fait aussi fi du hit traditionnel en optant souvent pour des chansons courtes tenant presque du haïku, une formule rafraîchissante.     

  

  

Coup de coeur    

LES MAINS SALES  

Photo courtoisie

★★★½  

Fêlures  

En plus d’avoir un nom de projet plutôt sensible ces jours-ci, Les mains sales se distingue également par sa bougie d’allumage : une voiture qui a frappé de plein fouet le chanteur Fred Jacques (qu’on a notamment retrouvé au sein de The Sainte Catherines). D’où le titre, vous l’aurez deviné. Outre le lien filial – et musical, avouons-le – aux fameux Sainte Caths, Les mains sales proposent un punk rock plus accrocheur qui pourrait, par exemple, plaire aux fans de The Hives et de Vulgaires Machins. La trame sonore idéale lorsque la pandémie pèse trop.   

  

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