Retour vers le futur pour Neil Young | Le Sac de chips
/harddrive

Retour vers le futur pour Neil Young

Il n’est pas question de « retour aux sources » pour la légende vivante ici, mais bien d’un véritable voyage dans le temps alors qu’il a lancé hier un LP en dormance depuis son enregistrement... en 1974. 

Neal Young 

Photo courtoisie

★★★★½

Homegrown

UN ALBUM QUI FAIT PEUR

Capté au cours de plusieurs sessions d’enregistrements ponctuées de pauses pour des tournées et d’autres projets, Homegrown devait être lancé en 1975, mais sera remplacé par Tonight’s The Night, un LP qui, lui, était au grenier depuis 1973.

En entrevue avec MTV, l’icône a mentionné que ce dernier était tout simplement le disque « supérieur » des deux. De plus, il s’avérait plus « lumineux » que Homegrown. Lors d’un entretien avec Rolling Stone à l’époque, Young avait même été jusqu’à dire que l’album lui faisait peur (d’où, peut-être, sa mise au rancard).

45 ans plus tard, Neil Young prend finalement son courage à deux mains, donc.

UN « CHAÎNON MANQUANT »

Dans sa biographie, le chanteur a qualifié Homegrown de « chaînon manquant » entre des albums cultes comme Harvest et Harvest Moon. Des décennies plus tard, le puzzle est complet et diablement satisfaisant.

On y retrouve donc Young, incroyablement en voix (ça date de 1975, rappelons-le), s’accompagnant souvent que du strict nécessaire : guitare, harmonica et ces mots poignants, revenant notamment sur sa relation douce-amère avec l’actrice Carrie Snodgress (d’où sa « peur », vous l’aurez deviné). 

En cette ère qui goûte un peu la fin du monde, Homegrown est du bonbon.  

Belinda 

Photo courtoisie

★★★

It’s Not a Game, It’s a Lifestyle

Près d’une semaine après cette parution surprise, j’en ai toujours la mâchoire qui pendouille. Alors qu’on lui associe souvent le folk, le country, le rock et un franc-jeu désarmant, Lisa LeBlanc épate la galerie avec ce maxi disco concept où elle se glisse sous la perruque de Belinda, acmé des tantes kitsch et/ou serveuses de greasy spoon fanas de bingos. Sans s’insérer au sommet de la discographie rudement efficace de l’auteure-compositrice-interprète, l’exercice demeure incroyablement sympathique et rafraîchissant. À écouter sur belindabingo.bandcamp.com.  

Pascal Allard 

Photo courtoisie

★★★

Country-de-drummond

Trois ans après avoir dévoilé un fantasme très compréhensible (le LP Je voulais marier Renée Martel), le chanteur et multi-instrumentiste livrait un LP homonyme qui est demeuré un brin sous le radar de l’élusif grand public. Aujourd’hui, l’artiste country propose un album de reprises de classiques locaux (allant du Vieux du Bas-du-Fleuve de Gaston Mandeville à Un amour qui ne veut pas mourir qui a été popularisé par... Renée Martel, justement). Passage obligé dans son genre de prédilection, Country-de-drummond fait également en sorte qu’Allard teinte moins ses textes d’humour et, ma foi, l’opération s’avère rafraîchissante. 

Jérôme Rocipon 

Photo courtoisie, Cyrielle Deschaud

★★★½

Des heures clandestines

Un an après un « retour » à la chanson fort apprécié, l’ex-chanteur du duo local Numéro# devenu réalisateur de films en rajoute. Après une trame sonore électro minimaliste pour son documentaire Coucou l’artiste, Rocipon étonne avec ce maxi plus chaleureux autant au niveau des musiques – où la guitare s’impose – que des textes moins énièmes degrés (mais toujours aussi riches). En écoute ici : jeromerocipon.bandcamp.com. 

Coup de coeur 

POIRIER

Photo courtoisie

★★★★

Soft Power

En gros : le « soft power » est un concept où on tente d’avoir un impact sur un autre parti sans exercer de contrainte. « La manière douce », en effet. Évidemment, le titre se prête bien au nouvel LP de l’artiste électro local Poirier qui – après avoir trituré des rythmes très champ gauche puis d’un peu partout à travers le monde – y va d’un disque aussi doux dans sa proposition musicale que dans ses sonorités. Mine de rien, c’est en faisant finalement preuve de modération que le compositeur et DJ – grand habitué des albums et soirées explosives – se « met en danger » ici.

À lire aussi

Et encore plus