Tout un triplé pour Jordan Officer! | Le Sac de chips
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Tout un triplé pour Jordan Officer!

Les astres s’alignent. Une semaine après le dévoilement d’une dizaine d’albums de Navet Confit, c’est au tour du chanteur et as de la guitare jazz Jordan Officer de lancer un trio de parutions dans des genres plutôt nichés.

Jordan Officer  

Photos courtoisie

★★★★

Jazz vol.1, Country vol.1 et Blues vol.1

Avec Jazz vol.1, Country vol.1 et Blues vol.1, Officer se fait visiblement plaisir et les mélomanes, eux, en profitent itou par la bande.

EXERCICES DE STYLES

D’accord, un album de jazz pour un des meilleurs guitaristes du genre n’est pas un exploit et, bien sûr, le blues a inspiré plusieurs jazzmen, cowboys et vice-versa, mais le fait demeure : Jordan Officer relève un défi de taille en s’investissant dans des niches hyper codées.

Également à souligner : leurs publics sont aussi passionnés qu’impitoyables. Parlez-en aux artistes pop qui tentent une percée country pour séduire ce public – toujours friand des parutions physiques – pour finalement revenir à leurs premiers amours la queue entre les jambes, car ces fans préfèrent souvent encourager « les vrai(e)s de vrai(e)s ». 

Bref, c’était un défi de taille et, vous l’aurez deviné, le principal intéressé s’en tire haut la main.

AU PROGRAMME...

Avec ce brelan livré avec chaleur, bonhomie, voire une certaine urgence (on apprendra plus tard que le musicien a enregistré ses trois albums en trois jours), Jordan fait fi des artifices et, mine de rien, injecte un vent de fraîcheur à sa proposition tant plusieurs de ces congénères tanguent ces jours-ci vers la surenchère de fioritures. 

Bonne nouvelle, également, pour les néophytes : pour les premiers volumes de ces séries, Officer et ses compères misent surtout sur des reprises de standards dont Pennies From Heaven (retrouvée sur Jazz vol.1), Since You’re Gone (entendue sur Country vol. 1) et My Baby’s Gone And Left Me (sur Blues vol.1).

À défaut d’avoir du baseball cet été, on aura eu un incroyable triple de Jordan Officer. À écouter sans faute ! 

Bush  

Photo courtoisie

★★★

The Kingdom

Bien que les beaux jours de Glycerine sont bel et bien derrière le quatuor (sauf en rappel lors de concerts, j’imagine), Bush persiste, signe et lance un huitième album pas dégueulasse du tout dans son dosage entre la modernité (sans trop singer les courants actuels) et ses racines grunge. The Kingdom ne passera pas à l’histoire, mais démontre que le « retour » de Bush (le groupe s’est séparé de 2002 à 2010) pourrait être plus prometteur que prévu. Pour les nostalgiques : tendez l’oreille !  

Pretenders  

Photo courtoisie

★★★½

Hate for Sale

Autre « retour » inespéré : celui des Pretenders qui livrent un onzième LP étonnant. Le groupe est demeuré actif au fil des décennies (sans toutefois revenir sous le « spotlight » le suivant au cours des années 80) et Hate For Sale est un « retour aux sources » convaincant. Bien qu’Alone (2016), son prédécesseur, était plus intéressant, c’était essentiellement un LP solo de Chrissie Hynde empruntant le nom du projet. Ici, le collectif original se retrouve et livre un album plus conventionnel, mais tout de même entraînant et de son temps. Les fans vont adorer.  

The Chicks  

Photo courtoisie

★★★★

Gaslighter

C’est connu, le trio (anciennement les Dixie Chicks) en bave depuis avoir tenu des propos antiguerre. Des années plus tard, le groupe poursuit son engagement en abandonnant le Dixie de son nom de plume (pour ses références à l’esclavagisme) et en offrant Gaslighter, un huitième album aux musiques pop country pas si renversantes, mais aux propos forts intéressants, oscillants entre des textes cinglants (Gaslighter est inspiré en partie du divorce de Natalie Maines) et d’autres, plus politisés (le single March March en témoigne tout particulièrement). À (re)découvrir, bref. 

Coup de coeur   

TILLY & THE WALL

Photo courtoisie

★★★

I Want to F​*​ck It Up

Troupe chouchou indie pop du début des années 2000, le collectif se distinguait de la mêlée surtout par ses percussions assurées par... une musicienne maniant des souliers à claquettes (oui, oui). Bref, Tilly & The Wall refait surface en offrant finalement une compilation de ses chansons les plus connues. Les fans – dont moi – verront l’œuvre comme une doudou réconfortante. Les autres y découvriront un orchestre à l’énergie et la sincérité déstabilisantes. 

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