Beyoncé a, une fois de plus, un timing impeccable | Le Sac de chips
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Beyoncé a, une fois de plus, un timing impeccable

À peine une semaine après le LP « surprise » de, la reine Beyoncé revient déjà lui ravir la couronne avec une nouvelle œuvre inattendue et diffusée en exclusivité sur Disney+. 

Beyoncé  

Photo courtoisie

★★★★★

Black Is King

Album visuel inspiré de The Gift, son mixtape accompagnant le remake du Lion King paru en 2019, le long métrage de 85 minutes est, en quelque sorte, une relecture du fameux parcours de Simba via celle d’un jeune prince (interprété par le jeune acteur Folajomi Akinmurele) avec, en trame de fond, une véritable lettre d’amour à l’Afrique et à la culture noire.

Alors que le mouvement Black Lives Matter s’avère aussi essentiel que populaire, la superproduction de Beyoncé (où elle joue un rôle et chante, mais aussi coréalise en plus de coscénariser le récit) arrive à un moment-clé, en effet.

Pop imprévisible

Si la filiation au géant Disney et sa sempiternelle tendance à javelliser le moindre récit peut tout d’abord rebuter, Black Is King pourrait bien être l’exception à la règle, voire l’OVNI du lot. À la croisée des chemins entre une « mise à jour » du Lion King, le vidéoclip, et le film d’art, Black is King demeure tout de même accessible, un autre exploit en soi.

Si Black Is King est lancé avec une réalisation sobre, somptueuse et solennelle, il devient aussi magnifique qu’imprévisible et éclaté dès les premiers instants du hit pop Find Your Way Back

Tour de force

Bien que les chansons – très bonnes – étaient déjà connues, la direction artistique du projet vient insuffler une nouvelle énergie à The Gift. Bien franchement, avec le recul, Disney aurait dû miser davantage sur cette relecture osée de son blockbuster plutôt qu’une adaptation du Lion King lucrative, certes, mais n’amenant rien de très intéressant aux cinéphiles et mélomanes, petits ou grands. 

On va se l’dire, Black Is King vaut à lui seul un abonnement d’au moins un mois à la fameuse plateforme. C’est si bon !

The Stooges  

Photo courtoisie

★★★1/2

Live at Goose Lake: August 8th 1970

Jack White poursuit son violon d’Ingres de spéléologue musical via son étiquette Third Man Records avec la parution du dernier concert de la formation originale des cultissimes Stooges. Capté à même la console de son de la salle de spectacle – le show (très court) – est égal au mythe entourant ces parrains du punk : brutal, animal et survolté. Le LP contentera surtout les fans des Stooges. Pour les autres ? Hmmm. Au risque de me faire « pitcher » des tomates : on en aurait pris un peu plus pour souligner dignement ce 50e anniversaire. 

Deep Purple  

Photo courtoisie

★★1/2

Whoosh!

Le vénérable groupe anglais dépasse le cap de la vingtaine avec Whoosh !, une œuvre qui plaira surtout aux fans. Suite logique d’Infinite (2017) qui – selon plusieurs observateurs – devaient être leur chant du cygne, ce 21e LP délaisse à nouveau les sonorités « heavy » qui aura permis à Deep Purple d’être considéré parmi les poids lourds du métal british au profit d’un « retour aux sources » vers des influences plus blues et prog. Si Ian Gillan est bien en voix, le claviériste Don Airey, lui, a toutefois droit à une production très « karaoké » qui irrite à chaque fois qu’il pianote. Dommage. 

Dylarama  

Photo courtoisie

★★★

parle-moi de ça

Le musicien, DJ et blogueur local Mathias Pageau en rajoute avec un deuxième maxi pour son projet pop électro Dylarama. Deux ans après Certified Cutie, une carte de visite qui lui a valu des accolades des deux côtés de l’Atlantique, le touche-à-tout délaisse les inclinaisons mi-indie rock, mi funk pour une direction musicale un brin plus pop tanguant vers le synthwave pour ce EP disponible depuis vendredi. Les fans d’Indochine et de Tame Impala devraient tendre l’oreille.

Coup de coeur    

NOFX et Frank Turner

Photo courtoisie

★★★★

West Coast vs Wessex

Album « split » rassemblant deux grosses pointures du punk rock (NOFX, bien sûr, mais aussi le Britannique Frank Turner, plus connu pour sa carrière solo folk), West Coast vs Wessex compile, en fait, des chansons de l’un interprété par l’autre. Ainsi, le classique Bob de NOFX, par exemple, a droit à une relecture folk entonnée avec tout le tonus auguste d’une « protest song » par Turner (ce qui est épatant, mais aussi amusant lorsqu’on s’attarde à son texte trash et décalé). Niché, certes, mais ô combien plaisant.

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