The Killers implose sur son nouvel album | Le Sac de chips
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The Killers implose sur son nouvel album

19 ans après sa création, The Killers se permet finalement l’exercice du « retour aux sources » avec Imploding The Mirage. 

The Killers   

Photo courtoisie

★★★

Imploding The Mirage

Un voyage imposé – du groupe original, seuls le chanteur Brandon Flowers et le batteur Ronnie Vannucci demeurent, les autres membres étant laissés pour compte ou relégués au rôle de contributeurs occasionnels –, mais un périple qui s’avère quand même fort plaisant... pour le mélomane, du moins.

EXERCICE DOUBLE

Non seulement le chanteur Brandon Flowers et ses tueurs se permettent une séance d’enregistrement dans l’État de l’Utah (« là où je suis tout d’abord tombé en amour avec la musique », a-t-il confié au magazine Rolling Stone), mais remettent également les synthétiseurs à l’avant-plan, comme à l’époque de Somebody Told Me (2004), un de leurs premiers succès. L’explosive My Own Soul’s Warning, qui ouvre le bal, donne le ton d’ailleurs.

L’EXPÉRIENCE ET LES MOYENS

Évidemment, le Killers a pris du galon depuis ses débuts et ça s’entend, non seulement dans la production princière, mais aussi dans les collaborations de choix. The Killers est maintenant un projet qui attire l’attention d’artistes de la trempe de Lindsey Buckingham de Fleetwood Mac (qui gratte sa guitare sur le morceau Caution), de Jonathan Rado du groupe Foxygen (qui cosigne plusieurs pièces) et même de la grande dame k.d. lang (retrouvée sur le duo plutôt pop-rock Lightning Fields).

Bien que Flowers et ses potes avaient le sens du spectacle dès leurs débuts, Imploding The Mirage démontre tout particulièrement le chemin parcouru, tant l’œuvre est ponctuée de moments flirtant délicieusement entre les attentes du mélomane et la propension vers la grandiloquence du quatuor. L’intro planante précédant la pétaradante Caution – encore elle ! – en témoigne à merveille. Là où, par exemple, Coldplay aurait étiré la chose jusqu’à l’ennui, The Killers, lui, s’élance au bon moment. 

Les dilettantes risquent de demeurer de glace (ça sonne très Killers au final), les fans de la première heure, eux, y trouveront leur bonheur assurément. 

Bright Eyes   

Photo courtoisie

★★★1⁄2

Down in the Weeds, Where the World Once Was

Évidemment, comme 2020 est une année assez dramatique, merci, le chantre de la tristesse lui-même – Conor Oberst – en profite pour ramener son projet culte emo folk rock Bright Eyes après un silence de neuf années. L’attente en valait la peine ? Quand même ! D’accord, Oberst ne se met pas en danger du côté des textes, mais cette nouvelle fournée se prête bien à ces temps austères. Musicalement, ils étonnent en incorporant des éléments modernes et rétro (Dance and Sing plaira aux nostalgiques d’All The Young Dudes de Bowie) sans singer. Notable ! 

Bobby Bazini   

Photo courtoisie

★★★1⁄2

Move Away

Quatre ans après un troisième album flirtant avec le soul, l’artiste folk pop y va d’une proposition un brin plus musclée sur Move Away. Le soul y est toujours présent (Penthouse en témoigne), tout comme le folk (Some & Others, qui clôt le LP, vaut une écoute attentive), la pop (Choose You plaira aux fans d’Ed Sheeran, notamment) et le rock (la pièce-titre, qui ouvre le bal, en est un bel exemple). Là où Move Away se distingue de la discographie, c’est dans son approche moins doucereuse qu’auparavant. On en prendrait plus, même. 

Nathalie Lord   

Photo courtoisie

★★★★

La lumière de l’amour

La grande force de ce nouvel album de la chanteuse country n’est pas ses duos avec le vétéran Patrick Norman, ni la sélection pas piquée des vers de reprises allant du classique des classiques Quand le soleil dit bonjour aux montagnes à l’inattendue Un air d’été de Pierre Bertrand, oh non. Ce qui distance La lumière de l’amour de bon nombre de parutions locales du genre cette année, c’est son dosage. Tout est dans la subtilité et la délicatesse. À écouter ! Je suis tombé sous le charme bien malgré moi !  

Coup de coeur   

MIKE SHINODA

Photo courtoisie

★★★★

Dropped Frames, Vol. 3

Moment confession : j’ai déjà été un amateur de nu metal (honte à moi, en effet) et j’ai longtemps trouvé que Linkin Park faisait un brin ringard et opportuniste dans le lot. Mauvaise foi oblige, j’ai donc boudé la plupart des projets du cofondateur Mike Shinoda, malgré le succès de son violon d’Ingres rap Fort Minor. Depuis le début de l’année, l’homme à tout faire propose une série de parutions électro trempées dans le hip-hop qui, ma foi, me fait ravaler mes paroles. Les fans de DJ Shadow devraient également apprécier. 

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