Hommage XX signé Grand Corps Malade | Le Sac de chips
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Hommage XX signé Grand Corps Malade

Pour son septième LP en carrière, le slameur emblématique brouille les cartes en renouvelant l’exercice de l’album collaboratif (cinq ans après Il nous restera ça), mais en le cernant davantage, partageant ici son micro exclusivement avec des musiciennes, allant de la légende vivante Véronique Sanson à la comédienne et chanteuse Camille Lellouche (leur duo Mais je t’aime cartonne actuellement sur les ondes FM d’ailleurs). 

Grand Corps Malade   

Photo courtoisie

★★★

Mesdames

Bien que dès la chanson-titre, l’artiste rassembleur fait référence au mouvement Balance ton porc ou encore à Rosa Parks, il indique en entrevue à la Première chaîne que Mesdames ne se veut pas une œuvre engagée et, malheureusement, on doit le lui concéder.

S’ATTENDRE À PLUS

Encouragé par la proposition de Grand Corps Malade, lancée quelques semaines après une vague de dénonciations qui aura absorbé un pan des communautés musicales d’ici et d’ailleurs, j’ai vite déchanté tant on demeure (souvent) en surface sur Mesdames

Bien que le plus bel hommage aux femmes auquel on pourrait avoir droit viendra d’elles, bien évidemment, je m’attendais – naïvement, vous me direz – à « plus », tout simplement.  

À souligner toutefois : le recrutement de voix rarement entendues jusque là, dont Manon, une slameuse âgée de 15 ans qui intervient sur Confinés, un duo où on surfe sur l’actuelle pandémie sans vraiment rien amener de neuf sur le sujet. 

QU’EN EST-IL DE L’ŒUVRE ?

Malgré la proposition originale, Mesdames demeure toutefois très ancré dans le modus operandi de Grand Corps Malade : des mélodies – quand même relevées si on revient sur le cas de Derrière le brouillard – au service des strophes du slameur. 

Les fans seront conquis. Les autres risquent de rester pantois. 

Dance Laury Dance   

Photo courtoisie

★★★

C’est ça

Autrefois les chantres d’une certaine démesure dans la langue de Bon Scott, Dance Laury Dance tente maintenant sa chance en français sur C’est ça, un album faisant suite au maxi Laser Shark paru il y a quatre ans déjà. Outre le changement d’idiome – et peut-être une plume un peu plus décalée sans trop verser dans la chanson humoristique –, le collectif s’avère très à l’aise et propose un assaut hard rock qui plaira tout particulièrement aux fans d’AC/DC et Motörhead.   

Carla Blanc   

Photo courtoisie

★★★

WONDERFUL

Connu du grand public comme membre du groupe local Dear Criminals, Charles Lavoie tente l’aventure solo avec ce premier album de son projet Carla Blanc, une entreprise indie pop décalée sage, mais ô combien satisfaisante. Comme c’est souvent le cas pour les œuvres séminales, Carla Blanc jette ses bases sans trop les secouer. Ainsi, les « Ça sonne comme... » et autres « Ça fait très... » se multiplient. Les amateurs de Les Louanges, voire de Mac DeMarco, vont craquer. Tout le monde devrait tendre l’oreille, en fait. 

Super Punk   

Photo courtoisie

★★★

Kim Jong Goes to Cégep

Par où commencer ? Son hommage aux Descendents ? Ses chansons dénonçant les dictateurs, mais aussi ces terroristes qui sont les producteurs de tutoriels sur YouTube ? Sur un skate punk accrocheur et mélodique, le collectif propose – sourire extrêmement en coin – 22 tounes sur tout et, surtout, sur rien. Peut-être bien l’œuvre musicale locale la plus anarchiste de l’année ! 

Coup de coeur   

LE COULEUR

Photo courtoisie

★★★★

Concorde

Bien qu’en service depuis des années déjà, le combo pop montréalais aux accents électro pourrait finalement rejoindre les illusoires monsieur et madame Tout-le-Monde avec ce péché mignon d’album. Beau délire stylistique (la pochette fait très seventies, la musique rappelle autant la chanson française de l’époque que la pop indé britannique du début des années 2000), Le Couleur glane sans tenter de repiquage et sans se vautrer dans la nostalgie. En résulte une œuvre très pop, mais surtout relevée. 

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