L’incontournable Voix | Le Sac de chips
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L’incontournable Voix

N’en déplaise aux haters, le succès critique et populaire de plusieurs participants de la fameuse vitrine au fil des éditions – pensons à Charlotte Cardin, bien sûr, ainsi qu’à Matt Holubowski, voire Ludovick Bourgeois – démontre que le grand public demeure féru de découvertes musicales et qu’un simple passage à La Voix peut lancer, voire revigorer, une carrière dans une industrie qui peut être aussi inspirante que moribonde.

Artistes Variés  

Photo courtoisie

La Voix chante

★★★1/2

D’où le caractère particulier de cette nouvelle compilation de chansons tirées de la cuvée 2020 où, plus que jamais, des chanteurs jusqu’alors méconnus se partagent le micro avec des artistes plus expérimentés (Suzie Villeneuve et Clément Jacques, notamment). 

Balles courbes

Qu’en est-il de l’œuvre ? En gros, on nous propose des duos reprenant des succès d’hier et d’aujourd’hui du répertoire québécois.

Première surprise : les incontournables comme L’escalier de Piché (où on y flirte ici avec le soul via Philippe Tremblay et Tom Eliot Girard) et Comme un million de gens de Dubois (transformé en ballade pop-rock par Allison Daniels et PETiTOM) sont d’exceptions.

Le nombre de « balles courbes » lancées est également étonnant. Bien qu’Un trou dans les nuages est un classique, rares sont les contemporains de Rivard qui s’y frottent... jusqu’à aujourd’hui via Josiane Comeau et Gabriel Langelier qui y « crinquent » la grandiloquence à onze. 

Le travail d’adaptation derrière les pièces

Les habitué(e)s de cette chronique savent que je m’emmerde solide lorsque des artistes proposent des albums de covers sans prendre de libertés avec le matériel original et, visiblement, les producteurs de La Voix redoutent mon courroux (c’est beau rêver, hein) tant on n’hésite pas à « nous amener ailleurs ». Évidemment, les risques encourus ici s’avèrent quand même sages, mais l’intention est là et s’entend.

Ainsi, les fans de La Voix demeureront sous le charme et les autres mélomanes, eux, pourraient être (agréablement) surpris. 

ALEX MCMAHON  

Photo courtoisie

★★★1/2

Expat Vol. 1

Je doute sincèrement que les producteurs d’Expat espéraient une telle bombe en confiant le mandat de sa trame sonore à Alex McMahon. Évidemment, la réputation du monsieur n’est plus à faire ; le bonhomme ayant autant collaboré avec Bélanger que Moffatt, en plus d’avoir participé à l’aventure électro Plaster, mais le multi-instrumentiste s’offre ici un gros trip soul, funk et world fort contagieux qui dépasse les attentes qu’on peut avoir pour une trame sonore de série télé ! Les nostalgiques de son disque Let It All Out devraient tout particulièrement adorer.

 

MARIE DAVIDSON & L'OEIL NU   

Photo courtoisie

★★★★

Renegade Breakdown

Deux années après la parution de Working Class Woman, où l’artiste électro locale y allait d’une introspection aussi intéressante que dansante, Marie Davidson – accompagnée de ses proches collaborateurs Pierre Guérineau et Asaël R. Robitaille – optent ici pour le point de vue des « perdants » (comme elle le dit si bien en guise d’introduction) sur Renegade Breakdown. En résulte une œuvre aux propos hyper pertinents et même avec des beats plus accessibles que par le passé (bien que toujours en phase avec la discographie de la dame). À (re) découvrir ! 

DEFTONES  

Photo courtoisie

★★★

Ohms

Peut-être est-ce l’accumulation d’anniversaires d’albums (on souligne le 20e de White Pony cette année, le 10e de Diamond Eyes ainsi que le 25e d’Adrenaline), mais le neuvième LP du groupe culte à des airs de « retour aux sources » et, malheureusement, ça sent le réchauffé. N’en déplaise aux fans – l’offrande est bel et bien satisfaisante –, Ohms demeure en deçà des attentes pour ce groupe qui, justement, a repoussé les limites de son genre de prédilection dès ses débuts.

COUP DE COEUR  

PETER PETER

Photo courtoisie

★★★★

Super comédie

On va s’le dire, Peter Peter aurait pu nommer ce LP « superfecta », tant le principal intéressé livre un quatrième album tout aussi « gagnant » que les autres. Sans délaisser ses aspirations pop électro spleenesques (et de plus en plus de percées synthwave), l’artiste et ses collaborateurs – dont le réalisateur Emmanuel Éthier – surprennent en multipliant les pièces plus organiques et chaleureuses, flirtant même avec le postpunk. À titre de référence, imaginez une rencontre inespérée entre Daniel Balavoine et Mac DeMarco.