Daniel Bélanger fait son cinéma | Le Sac de chips
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Daniel Bélanger fait son cinéma

Rares sont les électrons libres comme Daniel Bélanger qui séduit la critique et les mélomanes en plus du grand public tout en se permettant des morceaux de bravoure ici et là. 

Daniel Bélanger   

Photo courtoisie

★★★★1⁄2

Travelling

Parmi ceux-ci, on retrouve Déflaboxe (un disque concept essentiellement slam abordant le noble art), Chic de ville (une lettre d’amour au rockabilly plus que convaincante), puis, maintenant, Travelling, une œuvre instrumentale qui pourrait également servir de trame sonore à un film incroyablement délirant.

Pour les cinéphiles : imaginez-vous un western réalisé par Terry Gilliam tout en écoutant la présente offrande. Vous m’en donnerez des nouvelles.

MORRICONE SERAIT FIER

Bien que moult musiques de western spaghetti viennent en tête à l’écoute de Travelling (surtout lorsqu’on s’attarde à des pièces comme Froide était la gâchette et Le triomphe d’une perruche), le principal intéressé va évidemment plus loin.

En effet, le Travelling de Bélanger dépasse les déserts de Sergio Leone et glisse également vers les univers tragico-comiques tissés par Carter Burwell pour la plupart des longs métrages des frères Cohen (Parsimonia en témoigne). On y retrouve aussi le romantisme à la fois kitsch et inquiétant d’Angelo Badalamenti pour le cinéma de Lynch en plus de flirter avec des trames sonores de films d’espionnage ou encore de science-fiction de série Z (c’est du moins ce que je retire de mes écoutes maladives de La flûte atomique et Rupture élastique en milieu propice). 

Bref, un beau délire – tout de même cohérent, rassurez-vous – qui fera autant triper les mélomanes que les cinéphiles. 

Joseph Edgar    

Photo courtoisie

★★★

Peut-être un rêve

Alors que le monsieur derrière le méga hit Espionne russe se promettait une pause de son projet solo, l’auteur-compositeur-interprète s’est finalement relevé de la léthargie pandémique au cours de l’été pour écrire, enregistrer, puis produire cet EP rock sympathique et chaleureux. Les inclinaisons folk y sont très présentes, mais aussi certaines aspirations bluesy (les fans de Jon Spencer vont adorer Une autre histoire de con). Vivement un LP inspiré de ce maxi, bref.  

Carla Bruni    

Photo courtoisie

★★★

Carla Bruni

Trois ans après French Touch, où la chanteuse reprenait à sa façon une sélection de classiques anglophones allant de The Winner Takes It All d’ABBA à Highway To Hell d’AC/DC, Carla Bruni revient au français ainsi qu’aux compositions originales sur cet album homonyme sympathique, mais sans plus. Un brin sur le pilote automatique, l’artiste offre une nouvelle fournée de pièces folk pop tanguant parfois vers la bossa-nova et qui s’avèrent malheureusement interchangeables. Pour fans surtout.  

The Jaded Hearts Club    

Photo courtoisie

★★★1⁄2

You’ve Always Been Here

Super groupe rassemblant Matt Bellamy (de Muse), Graham Coxon (de Blur) ainsi que d’autres rockeurs en vogue britanniques, ce club très sélect se spécialise dans la reprise très garrochée de standards rock et motown. Ça donne un premier album qui transpire le plaisir, mais qui s’avère aussi cruellement inégal. Si son adaptation abrasive du classique des Four Tops Reach Out I’ll Be There décroche la mâchoire, on en vient à trouver le temps long lors du cover très à la Muse (interminable tant on croule sous les artifices) d’I Put a Spell on You. Ça vaut tout de même l’écoute, toutefois.

Coup de coeur    

LAURA JANE GRACE

Photo courtoisie

★★★★

Stay Alive

L’autrice-compositrice-interprète punk prend une nouvelle pause de son groupe Against Me! pour non seulement revenir à son projet solo, mais aussi à une direction plus folk épuré. Si, musicalement, l’artiste ne révolutionne pas son genre, elle livre – une fois de plus – une interprétation poignante ainsi que des textes diablement percutants. Bien que je suis vendu d’avance, Laura Jane Grace surpasse – encore une fois ! – mes attentes. 

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