Antoine Corriveau est en voiture sur son nouvel album | Le Sac de chips
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Antoine Corriveau est en voiture sur son nouvel album

Autrefois le chantre d’un folk délicieusement sombre, Antoine Corriveau s’impose de plus en plus avec une direction musicale plus rock et éclatée. 

Antoine Corriveau  

Photo courtoisie

★★★★1⁄2

Pissenlit

« Je ne reste jamais très longtemps au même endroit », lance-t-il d’ailleurs sur le single Maladresses

Ainsi, malgré les images hippies que le titre peut évoquer, Pissenlit démontre à merveille cette propension de Corriveau à évoluer, voire se réinventer, tout en conservant ses acquis (lire ici : ce petit nuage de pluie qui semble l’accompagner au quotidien). 

« Je n’ai jamais été quelqu’un (...) sans ecchymoses, à l’avant-garde.»

C’est l’autoportrait que le principal intéressé trace sur Quelqu’un, pièce ouvrant cette œuvre majeure où Corriveau fait l’état de ses maux et déboires (fictifs ou pas) sur fond de road trips avec la justesse et le don pour les images qu’on lui connaît.

À défaut de surprendre, donc, Corriveau ajoute – bien malgré lui – une nouvelle pierre au monument l’érigeant comme un parolier de talent et cruellement sous-estimé par le grand public (à mon humble avis, du moins).

Ce passage – « En Amérique, on a tous du sang indien. Si c’est pas dans les veines, c’est sur les mains » –, retrouvé sur Les sangs mélangés, fait particulièrement frémir ces jours-ci.

ROAD TRIP MUSICAL

Côté mélodies, Corriveau et ses collaborateurs (dont Salomé Leclerc et Mat Vezio pour ne nommer que ceux-là) abondent dans un rock aussi tonitruant que planant par moments... et qui verserait même dans le brit rock ? Les nostalgiques de This Is Hardcore de Pulp, voire du fameux OK Computer de Radiohead pourraient, en effet, trouver des atomes crochus entre ces œuvres cultes et Pissenlit.

Mince consolation : 2020 aura été dégueulasse d’un bout à l’autre, mais – au moins – on en aura tiré des albums remarquables... dont Pissenlit qu’on risque de retrouver sur bon nombre de palmarès de fin d’année.

Dont le mien en tout cas, ça c’est clair. 

Gros Soleil  

Photo courtoisie

★★★1⁄2

Occulte populaire 

Avec quelques semaines de retard (mes excuses), voici le premier LP du combo rock francophone issu de la cuisse gauche des Truands, autre projet provenant du Liverpool de Québec : Saint-Hyacinthe. Au programme : des tounes garage rock tantôt lourdes, tantôt psyché, voire stoner, mais toujours dynamiques. Les temps morts ? Très peu pour Gros Soleil. Les fans de Black Keys et des Raconteurs, notamment, y trouveront leur compte. 

Melanie C  

Photo courtoisie

★★★

Melanie C

Quatre ans après Version Of Me, Sporty Spice refait surface avec un huitième album et un nouveau son en prime. Inspirée par une collaboration avec Sink The Pink, un collectif drag londonien, Melanie Chisholm délaisse la pop pour flirter davantage avec des beats plus dance sur ce LP homonyme. Opération réussie, d’ailleurs. Bien que la chanteuse profite d’un entourage expérimenté (le producteur house britannique Ten Ven l’épaule, notamment), c’est sa voix qui – comme à l’époque des Spice Girls – se distingue et demeure en tête. 

Bon Jovi  

Photo courtoisie

★★1⁄2

2020

Pour son 15e album, Jon Bon Jovi et ses sbires s’offrent essentiellement une balade sur le pilote automatique avec 2020, un album aux antipodes de l’année en cours. Bref, on nous y déballe une œuvre rock, cruellement molle et prévisible. Même lorsque Bon Jovi milite (il aborde l’armée sur Unbroken, American Reckoning est une référence au meurtre de George Floyd et on s’inspire de la pandémie pour Do What You Can), il le fait de façon pantouflarde. Ça en est frustrant tant c’est beige. Pour fans seulement.  

Coup de coeur  

MULTI-MEMORY CONTROLLER

Photo courtoisie

★★★1⁄2

Power Up The Chips

Professeur à l’Université de Montréal en Jeu vidéo et scénarisation interactive, Dominic Arsenault est également auteur et artiste combinant son amour du heavy metal et son intérêt pour les jeux vidéo au sein de son projet chiptune Multi-Memory Controller (pour les non-initié[e] s, imaginez un combo entre Metallica – voire DragonForce – et le bon vieux Nintendo gris). Si Power Up The Chips y gagnerait avec un travail plus élaboré sur les voix, les musiques – elles – repoussent souvent les limites imposées par le chiptune. Niché, certes, mais très bien dans son genre.

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