Quand Ludovick se fait nostalgique | Le Sac de chips
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Quand Ludovick se fait nostalgique

C’est connu, moult études démontrent que depuis le début de la pandémie, plusieurs mélomanes se confortent dans des succès nostalgiques. 

Ludovick Bourgeois 

Photo courtoisie

★★★1⁄2

Bedroom Sessions

Le Wall Street Journal, par exemple, révélait en avril que du matériel de Bob Marley et de Bill Withers – l’interprète de la superbe Lean On Me, décédé en mars – remontaient dans les palmarès. Le magazine Billboard, de son côté, mettait de l’avant un dossier démontrant que la musique classique, le country ainsi que les chansons pour enfants gagnent aussi du terrain. 

Des mois plus tard, la nostalgie rejoint également les artistes et Ludovick Bourgeois n’échappe pas à la manne, alors qu’il propose Bedroom Sessions, un maxi de reprises surprenant. 

BIG SHINY LUDOVICK

Depuis son dévoilement la semaine dernière, le simple actualisant le fameux... Baby One More Time de Britney Spears annonce les couleurs du projet : on y retrouve bel et bien des adaptations aussi dénudées que chaleureuses de classiques pop comme I Want It That Way des Backstreet Boys et même Complicated d’Avril Lavigne (oh, et Bourgeois clôt l’œuvre avec une reprise acoustique de son succès Que sera ma vie). Péchés mignons, quand tu nous tiens.

Évidemment, en considérant la liste des chansons, on craint un brin de déconnade. Après tout, quelques congénères de Bourgeois ont tenté l’exercice par le passé tout en mettant de l’avant des indices – comme un petit rire en fin de pièce – pour souligner que « t’sais, on s’prend pas au sérieux là, gang », mais le principal intéressé, lui, évite les pièges du énième degré et propose des adaptations assumées. Cruellement sages, mais – au moins – assumées.

Bien qu’un peu plus d’expérimentations avec le matériel source aurait été apprécié, Bedroom Sessions atteint tout de même son objectif double : permettre à Bourgeois de se délier les doigts et les cordes vocales, alors que ses fans, eux, renouent avec des classiques qui font office de doudou en ces temps dégueulasses. 

Bruce Springsteen 

Photo courtoisie

★★★★1⁄2

Letter To You

Comme un twit, j’ai pris une semaine de vacances, alors que le Boss lançait le projet très attendu Letter To You, un vingtième album qui clorait admirablement la carrière de la bête de scène. Épaulé par son fameux E Street Band pour une première fois depuis 2014, Springsteen s’est notamment inspiré de la mort d’un ami et collaborateur d’antan George Theiss pour adresser une lettre à ses fans. On y parle de la faucheuse, évidemment, mais aussi de vieillir et de musique. Un album grandiose qui, malgré ses airs de fin de chapitre, est un projet parmi tant d’autres pour le rockeur hyperactif. Du moins, on l’espère. 

Elvis Costello 

Photo courtoisie

★★★

Hey Clockface

C’est connu, Elvis Costello n’est pas frileux. Que ce soit avec Wise Up Ghosts (son projet conjoint avec le collectif rap The Roots) ou McPartland/Costello (un album en duo avec la pianiste jazz Marian McPartland), l’auteur-compositeur-interprète conserve sa superbe. Pour son 31e LP, l’homme au chapeau voulait autant faire écho à son matériel d’antan que faire référence au son plus actuel du rock... et ça se passe malheureusement plus ou moins bien. En résulte une œuvre pas mauvaise en soi, mais diablement en dents de scie. Pour fans surtout. 

Bike Thiefs 

Photo courtoisie

★★★★

Leaking

Mon obsession du moment : le trio post-rock torontois Bike Thiefs dévoile finalement un premier album et c’est tout un trip. Bien ancré dans son genre de prédilection, Bike Thiefs fait écho à bon nombre de projets cultes à la Talking Heads, voire Joy Division, mais se démarque par son interprétation plus enjouée (oui, oui) rappelant au passage celle de Fred Schneider des B-52s, un autre groupe qui est passé par le post-punk. Un habile mélange d’influences et de références pour en arriver à un LP aussi original qu’intéressant, donc. À découvrir !

Coup de coeur 

WAR ON WOMEN

Photo courtoisie

★★★1⁄2

Wonderful Hell

Et de trois pour le quintette punk rock américain War On Women qui, à quelques jours d’une élection plus qu’attendue aux États-Unis, livre Wonderful Hell, un LP plus que pertinent. Toujours aussi féministe et engagé, le collectif tire à boulets rouges sur les suspects de convenance qui demeurent malheureusement d’actualité en 2020 (la misogynie venant en tête). Les fans de Sleater-Kinney, voire du projet local Chârogne, devraient tendre l’oreille.