Bye bye 2020 en 5 albums | Le Sac de chips
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Bye bye 2020 en 5 albums

Je dois t’avouer, chers lecteurs, que je redoutais cette ultime chronique depuis des semaines. Déjà que j’ai de la misère à faire des bilans personnels ou – pire encore – financiers, « cerner » une année aussi psychédélique en cinq albums est un exercice périlleux qui ne fera que des insatisfaits, dont moi le premier. 

Mais...

Si cette appréciation bien personnelle peut, sait-on jamais, faire vendre un exemplaire de plus du superbe album de Klô Pelgag ou encore faire (re)découvrir l’œuvre d’Antoine Corriveau, je me dirai « mission accomplie ».

Je suis un chroniqueur aux plaisirs simples, en effet.

Bye bye 2020 et, pour citer les poètes (Abba, dans ce cas-ci), merci pour la musique. 

Klô Pelgag  

Photo courtoisie

★★★★★

Le LP de 2020, on le tient. Il est là. Pas la peine d’en faire plus. Déjà que la barre était haute pour l’auteure-compositrice-interprète qui, bien malgré elle, fait monter les attentes lors de chaque parution et apparition dans les médias, Klô Pelgag livre ici une œuvre aussi ambitieuse que concise. Notre-Dame-des-Sept-Douleurs est maintenant une municipalité, un album ainsi qu’une expérience musicale à vivre. Oui, c’est si bon.  

Antoine Corriveau  

Photo courtoisie

★★★★1/2

« Je n’ai jamais été quelqu’un (...) sans ecchymoses, à l’avant-garde. ». C’est l’autoportrait que le principal intéressé trace sur Quelqu’un, pièce ouvrant cette œuvre majeure où Corriveau fait l’état de ses maux et déboires (fictifs ou pas) sur fond de road trips avec la justesse et le don pour les images qu’on lui connaît. À défaut de surprendre, donc, Corriveau ajoute – bien malgré lui – une nouvelle pierre au monument l’érigeant comme un parolier de talent et cruellement sous-estimé par le grand public (à mon humble avis, du moins). Ce passage – « En Amérique, on a tous du sang indien. Si c’est pas dans les veines, c’est sur les mains » –, retrouvé sur Les sangs mélangés, fait particulièrement frémir ces jours-ci. 

Dany Placard  

Photo courtoisie

★★★★★

J’connais rien à l’astronomie

En 12 productions solos, l’auteur-compositeur-interprète et réalisateur s’est imposé dans le folk ainsi que le rock. Un cheminement subtil, voire organique, au gré des parutions et qui nous mène maintenant à J’connais rien à l’astronomie, un opus foutrement concept et extraterrestre. Outre une savante mixture de rock, de prog, de folk et de psychédélisme seventies (sans singer ou faire dans la nostalgie), Placard et son entourage proposent également un refus du formatage incroyablement rafraîchissant. Au programme : chansons longues, complexes, bardées à l’os, qui invitent donc à l’écoute attentive, répétitive et où la fonction aléatoire est à proscrire.  

Les Hay Babies  

Photo courtoisie

★★★★1/2

Bien qu’une nostalgie assumée baigne l’œuvre – dès la couverture du LP, le ton est donné, faut dire –, Boîte aux lettres se distingue de bons nombres de productions en évitant la facilité et, surtout, en ne versant pas dans l’exploitation crasse. Le trio glane ici et là des éléments dans son voyage musicotemporel et il en résulte une mixture aussi intéressante que personnelle. Plus incroyable encore : même sans l’effet de surprise « brûlé » par La 4ième dimension, la proposition est aboutie.  

Coup de coeur      

YUSUF/CAT STEVENS

Photo courtoisie

★★★★1/2 

Tea For The Tillerman 2

Yusuf m’a remué cette année en proposant une relecture de son classique Tea for the Tillerman paru il y a 50 ans (!). Il faut dire que ce disque a baigné tous les samedis de mon enfance, mon défunt père étant un grand fan. Bien que sa voix n’est plus aussi puissante qu’auparavant – l’artiste a 72 ans, après tout –, Cat Stevens la maîtrise toujours autant. Même que Father & Son s’en trouve revigoré, sujet oblige. À vos mouchoirs, bref. Bien que l’artiste opte pour des réinterprétations sages, les subtilités amenées plairont tout de même aux admirateurs en plus de permettre à une nouvelle génération de découvrir l’œuvre de ce vétéran.