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Un homme coincé dans une téléréalité chinoise est enfin éliminé

Image principale de l'article Coincé dans une téléréalité, il est enfin éliminé

Samedi, des légions de jeunes Chinoises et Chinois étaient rivées devant leurs écrans pour la finale de Produce Camp 2021, une téléréalité destinée à créer le prochain boys band à succès.

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Des 90 jeunes hommes qui ont débuté l’aventure en février, seulement 25 se sont rendus à la finale de la saison. Et de ce groupe, il y en a 11 qui ont été sélectionnés pour former le groupe.

On peut s’imaginer que les 14 participants qui ont été éliminés à la dernière étape étaient déçus de voir leur rêve de gloire s'effacer, mais pour Vladislav Sidorov, c’était la fin d’un long calvaire.

Le Russe de 27 ans n'avait jamais eu l’intention d’être participant au concours télévisé. Arrivé en Chine en 2015, Sidorov, un aspirant designer de mode et mannequin, travaillait en tant que professeur de mandarin.

En novembre dernier, deux Japonais espérant participer à la compétition ont fait appel au service de l’homme pour qu’il leur apprenne la langue du pays. Quelques jours avant le début du tournage de la série, quelqu’un de la production a remarqué Sidorov et lui a demandé s’il souhaitait participer. Sans trop y penser, il a accepté. Ne sachant pas chanter, il s’est dit qu’il ne se rendrait pas bien loin.

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C’est là que son cauchemar a débuté.

Quelques jours plus tard, Sidorov a été déplacé dans un dortoir sur une île artificielle au sud de la Chine où il allait passer 24 heures par jour avec des dizaines d’autres hommes qui aspirent, contrairement à lui, à devenir des vedettes. Aussi, il n’aurait pas accès à son téléphone intelligent.

S’il avait bien lu son contrat, il aurait su qu’il serait obligé de rester sur le plateau tant et aussi longtemps qu’il serait encore dans la compétition. Et s’il brisait son contrat, il serait obligé de payer une importante amende dont il n’a pas les moyens de payer. Il était littéralement coincé.

Durant sa première performance du concours, Sidorov a livré une prestation sans entrain de «Jackpot», une chanson russe lugubre qui traite du mal de pays. Il était certain que ça allait être son unique chance de chanter à l’émission.

Cependant, contre toutes attentes, le public a été charmé. Semaine après semaine, Sidorov se présentait sur scène, et suppliait presque les auditeurs de mettre fin à son calver et l’éliminer de la compétition, mais il ne faisait que monter en popularité.

Malgré lui, Sidorov est devenu ambassadeur de la culture sang, un mouvement social de jeunes Chinois qui, ne voulant pas participer à la culture métro-boulot-dodo, décident constamment de ne pas avoir d’ambition et de ne pas travailler fort, par principe.

Donc, des milliers de jeunes désenchantés se sont reconnus dans quelqu’un qui était obligé d’être quelque part où il n’avait pas le goût d’être et qui a réagi en donnant le strict minimum d’effort.

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On dirait un épisode de Black Mirror.

En approchant la grande finale de Produce Camp 2021, Sidorov commençait à craindre qu’il puisse se retrouver parmi les gagnants du concours, prolongeant son épopée Kafkaesque. Malgré ses demandes aux fans de le laisser quitter la compétition, il se faisait toujours sauver.

En allant vers la finale, plusieurs admirateurs du délinquant ont remarqué son mal-être et ont décidé de lui accorder un peu de clémence.

«Nous savons tous qu’il ne souhaite pas être une idole, et que s' il gagne, il se fera constamment attaquer parce qu’il n’est pas très bon», a commenté l’une de ses supportrices sur le web. «Pour lui, ainsi que pour ses admirateurs, le meilleur résultat serait qu’il se rende à la finale, mais qu’il perde.»

Et c’est ça qui est arrivé. Juste avant la finale, Sidorov était au 10e rang du classement, voulant dire qu’il faisait partie des 11 gagnants. Par contre, au cours de l’épisode, il est descendu à la 17e position, lui permettant ainsi de retourner à sa vie d’avant.

Si cette épopée peut nous apprendre une chose, c’est que, oui, c’est important d’avoir de l’ambition et de travailler fort, mais une fois de temps en temps, c’est correct de se sentir comme un Russe coincé dans une téléréalité chinoise.

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