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Le légendaire Guy Lafleur n'est plus

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Le Québec pleure le numéro 10. Le légendaire hockeyeur Guy Lafleur est décédé à l’âge de 70 ans, des suites d’un cancer du poumon, a annoncé sa soeur Lise sur les réseaux sociaux.

Après Maurice Richard et Jean Béliveau, le Canadien de Montréal perd un autre de ces rares joueurs qui, à la simple évocation d’un numéro, est immédiatement reconnu. Car Lafleur appartient bel et bien à ce groupe sélect.

Guy LafleurGuy Lafleur | 1951-2022
30 mars 1991 - Ovation pour Guy Lafleur lors de son dernier match a vie au Forum dans l'uniforme des Nordiques. Les archives / Le Journal de Montreal
Guy Lafleur durant ses années avec Le Canadien Bruce Bennett Studios via Getty Images
Guy Lafleur André Toto Gingras LE JOURNAL DE MONTRÉAL/AGENCE QMI
Le club de hockey Canadien présente les récipiendaires des prix d’excellence et du mérite Guy-Lafleur pour 2017-2018 CHANTAL POIRIER / LE JOURNAL DE MONTRÉAL
Guy Lafleur lors du dernier match de sa tournée d'adieu au Centre Bell, le dimanche 5 décembre 2010. Sébastien St-Jean / 24Heures / Agence QMI
11 septembre 1971 - À la veille de son premier camp d'entrainement avec le Canadien de Montréal, pour la première fois Guy Lafleur en profite pour donner quelques coups de patin sur la patinoire du Forum. Sur la photo il est en compagnie de Jean Béliveau. Les archives / Le Journal de Montreal
Photo dédicacée de Guy Lafleur dans son uniforme des Remparts de Québec Courtoisie
Guy Lafleur dans le cadre de la soirée du retrait du numéro 4 de Guy Lafleur au Centre Slush Puppie de Gatineau le mercredi 29 septembre 2021 MARTIN CHEVALIER / LE JOURNAL DE MONTRÉAL
Guy Lafleur et sa bannière dans le cadre de la soirée du retrait du numéro 4 de Guy Lafleur au Centre Slush Puppie de Gatineau le mercredi 29 septembre 2021 MARTIN CHEVALIER / LE JOURNAL DE MONTRÉAL
Dernier match de Guy Lafleur avec les Nordiques de Québec, à Montréal le 30 mars 1991 Les archives / Le Journal de Montreal
Sculpture de Guy Lafleur en bronze Les archives / Le Journal de Montreal
Guy Lafleur, Pee-Wee Collection Tournoi Pee-Wee de Québec, Fonds Photo Moderne
Guy Lafleur, Pee-Wee Collection Tournoi Pee-Wee de Québec, Fonds Photo Moderne
Guy Lafleur et les trophée Art Ross, Conn Smythe et Lester B. Pearson, Forum de Montréal, 1976 Denis Brodeur / NHLI via Getty Images
Guy Lafleur, alors membre de Team Canada, signe des autographes durant un entraînement pour la Coupe Canada, Montréal 1976 Denis Brodeur / NHLI via Getty Images
Guy Lafleur et le gardien de but Murray Bannerman #30 des Blackhawks de Chicago, Forum de Montréal 1980 Denis Brodeur / NHLI via Getty Images
Guy Lafleur et le gardien Mike Palmateer des Maple Leafs de Toronto Dick Darrell / Toronto Star via Getty Images
7 mars 1975 - Guy Lafleur devient le premier joueur de toute l'histoire du club Canadiens à atteindre les 100 points en une seule saison Lors d'une victoire de 8 à 4 contre les Capitals de Washington Les archives / Le Journal de Montreal
Guy Lafleur sur le banc durant un match (3) de finale contre les Bruins de Boston, Boston Gardens, 1977 Dick Raphael / Sports Illustrated via Getty Images
Annonce de la première retraite de Guy Lafleur Les Archives / Le Journal de Montréal
La LHJMQ retire le numéro 4 de Guy Lafleur au Centre Videotron de Québec, jeudi le 28 octobre 2021 STEVENS LEBLANC / JOURNAL DE QUÉBEC / AGENCE QMI

L’homme natif de Thurso laisse dans le deuil sa famille, ses amis, mais aussi d’innombrables partisans de hockey.

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S’il part trop tôt, Lafleur aura minimalement vécu une certaine tournée d’adieu au cours de la dernière année, période où, malgré la maladie, il s’est à nouveau montré généreux envers ses partisans aux quatre coins du Québec.

Le 28 octobre dernier, celui qu’on surnommait le Démon blond avait d’ailleurs été honoré, à Québec, alors que la Ligue de hockey junior majeur du Québec retirait à jamais son célèbre numéro 4 qu’il avait précédemment porté chez les Remparts.

Lafleur avait vu le cancer récidiver au début octobre 2020, près d’un an après avoir subi une intervention chirurgicale au cours de laquelle on avait retiré le lobe supérieur de l’un de ses poumons et procédé à l’ablation de ganglions. Peu avant cette opération, soit en septembre 2019, Lafleur avait également subi un quadruple pontage coronarien.

Des débuts éclatants

Né le 20 septembre 1951, Lafleur n’a pas tardé pas à se faire un nom dans les rangs juniors à la fin des années 1960. Grand admirateur de Béliveau, l’un des piliers du Canadien, le Démon blond se joint aux As de Québec en 1967. Deux ans plus tard, il récolte 110 points en seulement 49 parties, avant de récidiver avec un impressionnant total de 170 points, dont 103 buts, en 56 matchs avec les Remparts. Il mène d’ailleurs ces derniers vers la conquête de la coupe Memorial, le 3 mai 1971. À sa dernière campagne dans la Vieille Capitale, en 1970-1971, il établit des records de la LHJMQ avec 130 filets et 209 points, marques qui seront battues par Mario Lemieux en 1983-1984. Durant son séjour dans les rangs juniors, il remporte à deux occasions le trophée Jean-Rougeau, remis au joueur de la meilleure équipe en saison régulière.

Photo d'archives

Lafleur voit son souhait exaucé au repêchage de la LNH de 1971, alors qu’il est sélectionné par le Canadien au tout premier rang. Après ses trois premières saisons, au cours desquelles il inscrit 29, 28 et 21 buts respectivement, l’ailier droit explose. Lors des six campagnes suivantes, il a amassé au moins 50 buts et 100 points, aidant au passage son équipe à remporter quatre coupes Stanley consécutives à la fin des années 1970. En 1976-1977, il obtient 136 points, avant d’en ajouter 132 l’année suivante, réalisant sa seule campagne de 60 filets en carrière. Sur le plan des honneurs individuels, il met la main sur trois trophées Art-Ross, deux trophées Hart, deux trophées Lester B. Pearson et deux trophées Conn-Smythe. Il est le symbole de la dynastie du Canadien de l’époque.

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On se souvient de lui pour ses puissants lancers frappés, notamment. À cet effet, un de ses buts les plus célèbres est celui réussi le 10 mai 1979, lors du septième match de la demi-finale contre les Bruins de Boston, au vieux Forum de Montréal. Avec un pointage de 4 à 3 en faveur des visiteurs, Lafleur profite d’un avantage numérique, résultat d’une punition décernée aux Bruins pour avoir eu trop de joueurs sur la patinoire, pour déjouer le gardien Gerry Cheevers d’un boulet de canon avec quelques minutes à écouler au troisième vingt. Montréal gagne finalement l’affrontement en prolongation grâce au but d’Yvon Lambert et obtient sa quatrième coupe Stanley d’affilée au terme de la série suivante, face aux Rangers de New York.

Guy Lafleur en 1975

Photo Les Archives, Le Journal de Montréal

Guy Lafleur en 1975

Après une performance de 50 buts et 125 points en 1979-1980, le rendement de Lafleur commence à décliner. Il doit se contenter de quatre campagnes modestes où il ne dépasse pas 84 points. En 1984-1985, il connaît un début de saison difficile avec deux buts en 19 rencontres. Le 26 novembre 1984, insatisfait du temps de jeu que lui accorde l’entraîneur-chef Jacques Lemaire, le Démon blond annonce sa première retraite du hockey. Son départ se fait dans une atmosphère désagréable, puisque le principal intéressé est à couteaux tirés avec les hauts dirigeants de l’organisation du Tricolore, dont le président Ronald Corey.

Marc Tardif et Guy Lafleur en 1982

Photo d'archives

Marc Tardif et Guy Lafleur en 1982

Toutefois, Lafleur effectue un retour au jeu peu de temps après son intronisation au Temple de la renommée du hockey, en 1988. C’est avec les Rangers et leur entraîneur-chef, Michel Bergeron, qu’il décide de souligner sa présence. Mais à 37 ans, ses chiffres ne sont que l’ombre de ceux qu’il a déjà réalisés. À sa seule campagne dans la métropole américaine, il amasse 18 buts et 27 mentions d’aide. Le fait saillant de son année demeure sa première partie au Forum dans son nouvel uniforme, le 4 février 1989. La foule présente ce soir-là acclame ses deux filets inscrits aux dépens du gardien Patrick Roy. Malgré un revers de 7 à 5, Lafleur vole la vedette en faisant l’objet d’une très longue et chaleureuse ovation.

Le hockeyeur légendaire évolue avec les Nordiques de Québec au cours de ses deux dernières saisons dans la LNH. Il réussit à faire scintiller la lumière rouge 12 fois par campagne, mais on retient surtout les deux parties qui mettent un terme à son illustre passage chez les professionnels. Encore une fois, il retient toute l’attention lors d’un affrontement contre le Tricolore, au Forum. Le 30 mars 1991, il marque son 560e et ultime but en carrière, alors que les spectateurs l’applaudissent à tout rompre pendant six minutes. Le lendemain, il effectue sa sortie finale au Colisée, toujours face au Canadien. Il fait l’objet d’une fête au centre de la glace et les gens l’ovationnent durant une douzaine de minutes.

Une après-carrière bien remplie

Lafleur a de multiples talents et demeure intimement lié au monde du hockey après son séjour dans la LNH. Il reste à l’emploi des Nordiques en tant que directeur des affaires corporatives et communautaires durant trois ans. Il enterre la hache de guerre avec l’organisation du Tricolore, devenant même un des ambassadeurs de l’équipe auprès de la communauté. En plus d’être propriétaire de l’ancien restaurant Bleu-Blanc-Rouge à proximité de la Place Rosemère de 2008 à 2012, le Démon blond ajoute une corde à son arc en obtenant un brevet de pilote d’hélicoptères.

Toutes ces occupations ne l’empêchent pas de pratiquer occasionnellement le sport qui l’a rendu célèbre. Il participe à quelques tournées des Anciens Canadiens un peu partout à travers la Belle Province, étant toujours disponibles pour ses partisans partout où il passait.

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