On est allé au Carrefour Laval pour chercher la rougeole | Le Sac de chips
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On est allé au Carrefour Laval pour chercher la rougeole

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Juillet 2019.   

Le Québec est en état d’alerte.   

Un vaillant créateur de contenu met son propre bien-être en péril pour se rendre à l’épicentre de la plus récente épidémie de rougeole...  

Le Carrefour Laval.   

Voici son récit.   

Mon éditrice m’a dit qu’il serait intéressant de couvrir la rougeole.    

«Je devrais aller au Carrefour Laval pour constater le dommage de mes propres yeux», ai-je dit.    

«Voyons maudit fou! T’es pas sérieux», renchérit-elle.    

«Oui, mais je suis vacciné.»   

«Ah! Bin là, vas-y!»   

  

  

Sept minutes plus tard, j’étais sur le quai de la station Berri-Uqam, attendant le chariot bleu qui m’emmènerait sur la rive nord de Montréal.    

Un sentiment d’angoisse a commencé à se former dans mon bas ventre. Est-ce que les vaccins fonctionnent vraiment? Est-ce que les anti-vaxxers disent vrai?   

Je l’apprendrais assez vite.    

Après deux minutes, j’étais assis dans un wagon presque vide. Le mot se passait. Les gens évitaient la zone contaminée.    

«Station Henri-Bourassa, ouverture des portes de l’autre côté.»   

Michèle Deslauriers m’envoyait un avertissement. Last call. Next stop rougeole.    

J’ai réussi à combattre tous mes instincts de survie élémentaires et je suis resté les fesses bien posées sur le siège de plastique bleu.    

Les portes se sont renfermées. J’allais à Laval.    

Trois stations plus tard, je sortais du cocon réconfortant que j’habitais depuis une douzaine de minutes et je prenais mon premier souffle d’air lavallois.   

À ma grande surprise, rien ne semblait hors du commun. C’était de l’oxygène parfaitement acceptable.    

J’ai monté les escaliers et passé les douanes. Je devais maintenant me rendre au deuxième plus gros centre d’achat du Canada.    

Je me suis dirigé vers un kiosque de taxi et j’ai embarqué dans le seul qui était là. Malgré la presque canicule, j’ai été accueilli froidement par le chauffeur qui devait avoir une cinquantaine d’années.    

Bien qu’il n’ait pas l’air d’avoir la fibre jaseuse, j’ai tout de même tenté ma chance: «Vous pensez quoi de ça, vous, la rougeole?»   

«Ce n’est pas un sujet que je trouve intéressant», me répondit-il.    

Fin de la conversation.    

J’allais devoir trouver mes réponses ailleurs.    

Aussitôt sorti du taxi, d’innombrables gouttes de sueur se sont mises à perler sur mon front.    

  

  

Cette soudaine attaque de transpiration était-elle due à une maladie archaïque que je venais de contracter, ou au fait qu’il faisait 40 dehors?   

Difficile à dire.    

Je me suis dirigé vers la porte d’entrée la plus proche du Simons et j’ai fait mon entrée dans le haut lieu mercantile.    

Devant moi défilaient boutiques pleines à craquer après boutiques pleines à craquer, d'une horde de gens insouciants.    

Le monde s’écroulait autour d’eux et ils continuaient à magasiner, sacs de Séphora, Lacoste, Laura Secord ou encore Kids Foot Locker aux bras.    

  

  

Le Late stage capitalism en pleine action.    

J’ai décidé qu’il était temps que je commence à creuser. La boutique Le Creuset me semblait être un choix approprié.    

  

  

Je suis entré et me suis mis à faire semblant d’admirer des chaudrons multicolores. Une vendeuse au beau sourire s’est approchée pour m’offrir son aide.    

«Ah merci, je regarde juste... mais hey, c’est fou les affaires de rougeole hein?»   

«Ah je ne sais rien par rapport à ça», dit-elle avant de passer au prochain client.    

Louche.    

Zéro des deux personnes que j’ai consultées ne semblait savoir ce qui se passait.    

À moins que tout ceci ne soit qu’un énorme complot?   

Afin de ne pas éveiller de soupçons, j’ai décidé d’être plus subtil.    

J’ai décidé qu’il serait prudent d’arrêter aux w.c. afin d'inspecter mon corps à la recherche de pustules.    

  

  

Rien. L’inoculation que j'ai reçue en 1986 semble encore fonctionner.   

Après un autre quart d’heure à déambuler dans les couloirs du Carrefour, c’était le temps d’une pause soutenance. Il n’est pas recommandé de mener des enquêtes avec un ventre vide.   

  

  

Peu de temps après mon délicieux repas de Poulet Frit Kentucky, j’ai été frappé par un violent mal de ventre. Était-ce la rougeole qui pointait son nez??   

J’ai continué à explorer, mais la seule découverte que j’ai faite était que les boutiques Marie Claire existent toujours.   

Au moment où j’ai décidé que j’en avais assez et que c’était le temps de partir, je suis tombé face à face avec une cage géante remplie d’oiseaux.    

  

  

Je me suis souvenu d’avoir lu quelque part que les oiseaux sont porteurs de virus. Je me suis donc tenu proche de la cage pendant une quinzaine de minutes pour voir si cette théorie était véridique, mais rien. Toujours pétant de santé.   

Après plus d’une heure et demie, j’ai décidé de quitter les lieux.    

  

  

Malgré le fait que j’ai bien regardé, je n’ai vu aucune trace de rougeole. Ça ne se développera pas en moi dans les prochains jours non plus. Parce que de toute façon, je suis vacciné.   

Faites vacciner vos enfants.   

 

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